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Bases écologiques des interactions entre les mauvaises herbes et les organismes appartenant à d'autres catégories de ravageurs
Figure :
FIgure 1 : L'hexagone des pathogènes : une représentation en diagramme des interactions entre différents organismes pathogènes. Les lignes en gras représentent l'importance de l'interaction (modifié depuis Norris et al, 2003). Figure 2 : Diagramme des connexions simplifiées du réseau trophique pour illustrer les interactions trophiques potentielles entre les mauvaises herbes et d'autres organismes nuisibles et bénéfiques. La ligne pointillée verticale représente la limite entre l'écosystème géré (à droite) et les organismes présents dans les zones non cultivées ; les flèches indiquent la direction du flux des ressources énergétiques. Modifié d'après Norris et al (2003:78).
Résumé de la review :
Ce document est un symposium qui se place dans le contexte de la gestion intégrée des pathogènes IPM (Integrated Pest Management). La plupart des IPM sont conçus autour d'une seule catégorie de pathogènes, la mise en application doit cependant prendre en compte toutes les catégories de pathogènes pour être efficace et rendre compte de la réalité. Ces interactions sont représentées dans le diagramme de la figure 1. Toutes les interactions ne sont pas égales mais il apparait clairement que les adventices occupent une position trophique centrale qui leur donne le potentiel d'impacter toutes les autres catégories de pathogènes. Les interactions entre les adventices et les autres pathogènes peuvent survenir selon plusieurs mécanismes :
Relations trophiques basées sur le flux des ressources énergétiques.
Altération de l'habitat et de l'environnement.
Les tactiques de lutte utilisées pour lutter contre les ravageurs :
a. Non chimique.
b. Résultat de l'utilisation de pesticides.
Interactions basées sur les relations trophiques :
Les adventices sont des pathogènes spécifiques, ce sont les seuls producteurs primaires parmi ce groupe. Elles peuvent donc être une source directe de nourriture pour d'autres pathogènes mais aussi une source indirecte pour des organismes bénéfiques, résultant en une myriade d'interactions potentielles. Elles peuvent directement soutenir des organismes herbivores ou supporter indirectement des consommateurs secondaires.
Ces mécanismes sont résumés dans la figure 2 :
1- Les adventices peuvent servir d'hôtes alternatifs pour des pathogènes herbivores (A1, C1, D1)
2-Elles peuvent servir d'hôtes alternatifs pour des insectes bénéfiques (D2 bénéfique soutenu par apport de proies E1 qui vit sur les adventices ; proie herbivore Z1 qui vit sur les adventices soutenu par C2).
3-Elles peuvent servir de source directe de nourriture pour des organismes bénéfiques (adventices source de nourriture pour D2 bénéfique ; plantes en dehors de l'agroécosystème subvient en nourriture à C2 bénéfique).
4-Elles peuvent affecter l'efficacité des organismes bénéfiques par la source de nourriture qu'elles apportent (décrit dans 3- ; C2 et D2 profitent des adventices en tant que source de nourriture).
5-Elles peuvent abriter des hyperparasites qui peuvent compromettre l’efficacité des organismes bénéfiques (hyperparasites Z3 et C3 peuvent compromettre l’efficacité de A2 et C2 bénéfiques).
6-Z1 et E1 peuvent soutenir une biodiversité bénéfique qui peut attaquer les pathogènes.
Interactions basées sur l'habitat :
La présence d'adventices peut altérer la reconnaissance des plantes par les parasites. Les pathogènes mobiles seraient moins à même de trouver leurs hôtes. La modification du micro-environnement induit par les adventices serait la cause de ce phénomène. Cependant, elles fournissent également un habitat à de nombreux parasites qui ne pourraient pas survivre en l'absence de ce micro-environnement.
Interaction liées aux méthodes de contrôle utilisées pour contrôler les pathogènes :
Le labour utilisé pour contrôler les adventices a un impact sur tout les organismes du sol. Par exemple, il peut induire une diminution de certains pathogènes des parties aériennes des plantes.
Le contrôle des adventices par l'utilisation de pesticides a également un effet sur des espèces non ciblées. Un contrôle des pathogènes par ce biais peut donc également affecter des communautés bénéfiques non visées.
Le contrôle des adventices peut donc avoir un effet sur tout les autres types de pathogènes, que ce soient des virus, des champignons, des nématodes, des invertébrés, des insectes, etc... Ces effets peuvent avoir des conséquences délétères sur certains organismes bénéfiques à l'agroécosystème.
Rigueur de la review :
Cette review est rigoureuse par les sources qu'elle utilise et par la vision intégrée de la gestion des pathogènes qu'elle propose. Elle met en avant les nombreuses interactions qui existent entre les différents types de pathogènes et les relations trophiques qui existent avec les organismes bénéfiques. Il est donc essentiel de prendre en compte tout ces facteurs afin d’avoir un contrôle efficace des adventices tout en prenant en compte les conséquences potentielles sur les autres classes de pathogènes mais aussi sur les différents organismes bénéfiques à l’écosystème étudié.
Ce que cette review apporte au débat :
Les adventices sont au centre des interactions entre pathogènes. Elles peuvent directement ou indirectement influencer la fitness et l'abondance de nombreux autres types de pathogènes dans une parcelle cultivée. Elles peuvent également permettre à d'autres organismes bénéfiques de s'installer et de proliférer. Ces organismes bénéfiques ont un rôle direct dans le contrôles des autres types de pathogènes. Il est donc essentiel de prendre en compte ces différents facteurs lorsque l'on souhaite contrôler l'abondance et la diversité des adventices dans un parcelle cultivée.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
K. Maurice.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Bases écologiques des interactions entre les mauvaises herbes et les organismes appartenant à d'autres catégories de ravageurs
FIgure 1 : L'hexagone des pathogènes : une représentation en diagramme des interactions entre différents organismes pathogènes. Les lignes en gras représentent l'importance de l'interaction (modifié depuis Norris et al, 2003).
Figure 2 : Diagramme des connexions simplifiées du réseau trophique pour illustrer les interactions trophiques potentielles entre les mauvaises herbes et d'autres organismes nuisibles et bénéfiques. La ligne pointillée verticale représente la limite entre l'écosystème géré (à droite) et les organismes présents dans les zones non cultivées ; les flèches indiquent la direction du flux des ressources énergétiques. Modifié d'après Norris et al (2003:78).
Ce document est un symposium qui se place dans le contexte de la gestion intégrée des pathogènes IPM (Integrated Pest Management). La plupart des IPM sont conçus autour d'une seule catégorie de pathogènes, la mise en application doit cependant prendre en compte toutes les catégories de pathogènes pour être efficace et rendre compte de la réalité. Ces interactions sont représentées dans le diagramme de la figure 1. Toutes les interactions ne sont pas égales mais il apparait clairement que les adventices occupent une position trophique centrale qui leur donne le potentiel d'impacter toutes les autres catégories de pathogènes. Les interactions entre les adventices et les autres pathogènes peuvent survenir selon plusieurs mécanismes :
Interactions basées sur les relations trophiques :
Les adventices sont des pathogènes spécifiques, ce sont les seuls producteurs primaires parmi ce groupe. Elles peuvent donc être une source directe de nourriture pour d'autres pathogènes mais aussi une source indirecte pour des organismes bénéfiques, résultant en une myriade d'interactions potentielles. Elles peuvent directement soutenir des organismes herbivores ou supporter indirectement des consommateurs secondaires.
Ces mécanismes sont résumés dans la figure 2 :
1- Les adventices peuvent servir d'hôtes alternatifs pour des pathogènes herbivores (A1, C1, D1)
2-Elles peuvent servir d'hôtes alternatifs pour des insectes bénéfiques (D2 bénéfique soutenu par apport de proies E1 qui vit sur les adventices ; proie herbivore Z1 qui vit sur les adventices soutenu par C2).
3-Elles peuvent servir de source directe de nourriture pour des organismes bénéfiques (adventices source de nourriture pour D2 bénéfique ; plantes en dehors de l'agroécosystème subvient en nourriture à C2 bénéfique).
4-Elles peuvent affecter l'efficacité des organismes bénéfiques par la source de nourriture qu'elles apportent (décrit dans 3- ; C2 et D2 profitent des adventices en tant que source de nourriture).
5-Elles peuvent abriter des hyperparasites qui peuvent compromettre l’efficacité des organismes bénéfiques (hyperparasites Z3 et C3 peuvent compromettre l’efficacité de A2 et C2 bénéfiques).
6-Z1 et E1 peuvent soutenir une biodiversité bénéfique qui peut attaquer les pathogènes.
Interactions basées sur l'habitat :
La présence d'adventices peut altérer la reconnaissance des plantes par les parasites. Les pathogènes mobiles seraient moins à même de trouver leurs hôtes. La modification du micro-environnement induit par les adventices serait la cause de ce phénomène. Cependant, elles fournissent également un habitat à de nombreux parasites qui ne pourraient pas survivre en l'absence de ce micro-environnement.
Interaction liées aux méthodes de contrôle utilisées pour contrôler les pathogènes :
Le labour utilisé pour contrôler les adventices a un impact sur tout les organismes du sol. Par exemple, il peut induire une diminution de certains pathogènes des parties aériennes des plantes.
Le contrôle des adventices par l'utilisation de pesticides a également un effet sur des espèces non ciblées. Un contrôle des pathogènes par ce biais peut donc également affecter des communautés bénéfiques non visées.
Le contrôle des adventices peut donc avoir un effet sur tout les autres types de pathogènes, que ce soient des virus, des champignons, des nématodes, des invertébrés, des insectes, etc... Ces effets peuvent avoir des conséquences délétères sur certains organismes bénéfiques à l'agroécosystème.
Cette review est rigoureuse par les sources qu'elle utilise et par la vision intégrée de la gestion des pathogènes qu'elle propose. Elle met en avant les nombreuses interactions qui existent entre les différents types de pathogènes et les relations trophiques qui existent avec les organismes bénéfiques. Il est donc essentiel de prendre en compte tout ces facteurs afin d’avoir un contrôle efficace des adventices tout en prenant en compte les conséquences potentielles sur les autres classes de pathogènes mais aussi sur les différents organismes bénéfiques à l’écosystème étudié.
Les adventices sont au centre des interactions entre pathogènes. Elles peuvent directement ou indirectement influencer la fitness et l'abondance de nombreux autres types de pathogènes dans une parcelle cultivée. Elles peuvent également permettre à d'autres organismes bénéfiques de s'installer et de proliférer. Ces organismes bénéfiques ont un rôle direct dans le contrôles des autres types de pathogènes. Il est donc essentiel de prendre en compte ces différents facteurs lorsque l'on souhaite contrôler l'abondance et la diversité des adventices dans un parcelle cultivée.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.