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Quantifier les menaces qui pèsent sur les espèces menacées des États-Unis
Résumé de la review :
Au moment où cette review a été écrite, il était généralement admis que la destruction de l'habitat était la menace principale qui pesait sur les espèces menacée d'extinction, suivie par la propagation des espèces exotiques. Cependant, les auteurs font état d'un manque d'analyse quantifiant la part relative de chaque menace pesant sur les espèces en danger, alors que celles-ci permettraient une meilleure compréhension des relations entre certaines activités humaines et la perte de biodiversité.
Cette analyse - menée sur 1880 espèces, sous-espèces ou populations menacées - comporte deux parties :
un examen à grande échelle du nombre et des types d'espèces américaines concernées par 5 principales catégories de menaces : destruction de l'habitat, propagation d'espèces exotiques, surexploitation, pollution (y compris envasement) et maladie (causée par des agents pathogènes exotiques ou indigènes).
une analyse à petite échelle des types de destruction d'habitat de plantes et animaux américains protégés.
La menace la plus omniprésente pour la biodiversité est la destruction et la dégradation des habitats, contribuant à la mise en péril de 85 % des espèces analysées. La compétition ou la prédation par des espèces exotiques est la deuxième menace dans l'analyse globale, touchant 49 % des espèces en péril. Pour les espèces aquatiques, spécifiquement, la deuxième plus grande menace après la perte d'habitat est la pollution et non les espèces invasives.
Les espèces exotiques affectent une proportion plus élevée de plantes menacées (57 %) que d'animaux (39 %). Cependant, certains groupes d'animaux (notamment les oiseaux et les poissons) semblent être aussi largement affectés que les plantes par les espèces exotiques. De plus, une proportion plus élevée d'oiseaux et de plantes d'Hawaï que celles du continent est menacée par des espèces exotiques.
Il est possible que l'étude surestime le nombre d'espèces victimes de surexploitation et de polluants, puisque elle ne fait pas la distinction entre menaces actuelles et menaces historiques, et ne tient donc pas compte des mesures de protections prises récemment pour protéger certaines espèces de ces menaces. Cependant, les auteurs estiment que les espèces exotiques envahissantes (EEE) représenteront une menace toujours de plus en plus importante pour la flore et la faune native, car leur nombre ne cesse d'augmenter depuis la fin du XVIIIe siècle. De même, les auteurs prédisent que le climat pourrait rapidement devenir l'une des causes majeures d'extinction d'espèces
Finalement, les auteurs préconisent de compléter les lois de contrôles réglementaires et protection de la biodiversité, tout en ajoutant des lois incitatives visant à récompenser les propriétaires fonciers qui souhaitent gérer leur propriété au profit des espèces menacées.
Rigueur de la review :
Plusieurs choix ont été faits pour mener l'analyse :
Pas de distinction entre menaces actuelles et menaces historiques, ni entre les menaces majeures et mineures pour chaque espèce
L'écosystème hawaïen a été inclus dans l'analyse, sans distinction
Les espèces domestiques ont été comptées comme espèces exotiques.
Ces choix sont discutables. Le 1er point, bien que du à un manque d'information, réduit la précision de l'analyse. Le 2nd point est soutenable, puisque Hawaï fait partie des USA. Néanmoins, les résultats pour les menaces des espèces continentales et insulaires semblent assez différents. Ne pas faire distinguer îles et continents peut donc contribuer à ajouter de la variance dans les données et réduire le pouvoir explicatif de chaque menace.
Enfin, considérer les espèces domestiques telles que le bétail dans la même catégorie que les EEE est problématique. Ces deux catégories pourraient être considérées bien distinctes, puisqu'en théorie, le bétail est sous contrôle humain.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review classe les espèces exotiques comme la 2ème plus grande menace pour les espèces menacées des Etats-Unis (49% des espèces menacées seraient concernées par les espèces exotiques), et plus particulièrement les espèces non-marines, et dans une plus forte mesure, les espèces insulaires. Elle prédit par ailleurs que cette menace ne cesserait d'augmenter dans les années suivant la publication de l'article.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
E. Reboud.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Quantifier les menaces qui pèsent sur les espèces menacées des États-Unis
Résumé de la review :
Au moment où cette review a été écrite, il était généralement admis que la destruction de l'habitat était la menace principale qui pesait sur les espèces menacée d'extinction, suivie par la propagation des espèces exotiques. Cependant, les auteurs font état d'un manque d'analyse quantifiant la part relative de chaque menace pesant sur les espèces en danger, alors que celles-ci permettraient une meilleure compréhension des relations entre certaines activités humaines et la perte de biodiversité.
Cette analyse - menée sur 1880 espèces, sous-espèces ou populations menacées - comporte deux parties :
La menace la plus omniprésente pour la biodiversité est la destruction et la dégradation des habitats, contribuant à la mise en péril de 85 % des espèces analysées. La compétition ou la prédation par des espèces exotiques est la deuxième menace dans l'analyse globale, touchant 49 % des espèces en péril. Pour les espèces aquatiques, spécifiquement, la deuxième plus grande menace après la perte d'habitat est la pollution et non les espèces invasives.
Les espèces exotiques affectent une proportion plus élevée de plantes menacées (57 %) que d'animaux (39 %). Cependant, certains groupes d'animaux (notamment les oiseaux et les poissons) semblent être aussi largement affectés que les plantes par les espèces exotiques. De plus, une proportion plus élevée d'oiseaux et de plantes d'Hawaï que celles du continent est menacée par des espèces exotiques.
Il est possible que l'étude surestime le nombre d'espèces victimes de surexploitation et de polluants, puisque elle ne fait pas la distinction entre menaces actuelles et menaces historiques, et ne tient donc pas compte des mesures de protections prises récemment pour protéger certaines espèces de ces menaces. Cependant, les auteurs estiment que les espèces exotiques envahissantes (EEE) représenteront une menace toujours de plus en plus importante pour la flore et la faune native, car leur nombre ne cesse d'augmenter depuis la fin du XVIIIe siècle. De même, les auteurs prédisent que le climat pourrait rapidement devenir l'une des causes majeures d'extinction d'espèces
Finalement, les auteurs préconisent de compléter les lois de contrôles réglementaires et protection de la biodiversité, tout en ajoutant des lois incitatives visant à récompenser les propriétaires fonciers qui souhaitent gérer leur propriété au profit des espèces menacées.
Plusieurs choix ont été faits pour mener l'analyse :
Ces choix sont discutables. Le 1er point, bien que du à un manque d'information, réduit la précision de l'analyse. Le 2nd point est soutenable, puisque Hawaï fait partie des USA. Néanmoins, les résultats pour les menaces des espèces continentales et insulaires semblent assez différents. Ne pas faire distinguer îles et continents peut donc contribuer à ajouter de la variance dans les données et réduire le pouvoir explicatif de chaque menace.
Enfin, considérer les espèces domestiques telles que le bétail dans la même catégorie que les EEE est problématique. Ces deux catégories pourraient être considérées bien distinctes, puisqu'en théorie, le bétail est sous contrôle humain.
Cette review classe les espèces exotiques comme la 2ème plus grande menace pour les espèces menacées des Etats-Unis (49% des espèces menacées seraient concernées par les espèces exotiques), et plus particulièrement les espèces non-marines, et dans une plus forte mesure, les espèces insulaires. Elle prédit par ailleurs que cette menace ne cesserait d'augmenter dans les années suivant la publication de l'article.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.