ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Schizophrénie et domestication de l'être humain : Une approche linguistique évolutive


Figure :

Figure 1 :
A. Schizophrénie et syndrome de domestication chez les mammifères. Le diagramme symbolise la présentation anormale du "syndrome de domestication" chez les personnes atteintes de schizophrénie.
Les principales caractéristiques observées chez les mammifères juvéniles domestiqués sont montrés dans le cadre du haut. Dans le cadre du bas, il s'agit des résultats cliniques du spectre de schizophrénie, qui ressemblerait à un spectre "hyperdomestiqué.
B. Diagramme de Venn qui montre le chevauchement génétique entre les signatures de schizophrénie (SZ), de domestication (DOM) et de crête neurale (NC)

Introduction à l'article :

La schizophrénie (SZ) est une maladie neurodéveloppementale qui entraîne des déficits sociaux et cognitifs différents et graves (délires, hallucinations, altération de la motivation, la réduction de la parole spontanée et le retrait social, déficience cognitive). La prévalence de la ZS s'est révélée stable au fil du temps et des cultures, à l'échelle mondiale. Les régions génomiques qui ont fait l'objet d'une sélection positive pour les conditions anatomiques modernes humains sont enrichis en loci de gènes associés avec SZ. Les changements évolutifs qui se sont produits dans le processus de la la lignée humaine, en particulier après la séparation d'avec la lignée éteinte hominins peuvent aider à clarifier certains aspects de SZ. Les auteurs considèrent l'hypothèse que l'Homo sapiens exprime le syndrome de domestication. Notamment car des études linguistiques révélant des corrélations positives entre aspects de la complexité linguistique et sociale avec ces traits phénotypiques (Fig.1.A).

Expériences de l'article :

Dans cet article, les auteurs souhaitent explorer la possibilité que les patients SZ présentent des signatures exacerbées et spécifiques à la maladie de domestication pour la cognition et le langage. Afin d'approfondir le contexte moléculaire de l'hypothèse, ils ont d'abord évalué si les gènes impliqués dans l'étiopathogénèse SZ sont représentés parmi les candidats à la domestication et au développement et à la fonction crête neurale. Ils ont donc réalisé des chevauchements génétiques entre les signatures de schizophrénie (SZ), de domestication (DOM) et de crête neurale (NC).

Les auteurs ont aussi procédé à une analyse des réseaux de gènes à l'aide du logiciel String 10. Ils ont aussi dressé le profil d'expression des gènes cérébraux chez les patients schizophrènes.

Résultats de l'article :

Ainsi 42 gènes partagent une signature de la domestication et/ou NC et SZ (Fig.1.B). Ils seraient donc interconnectés dans des cascades de signalisation spécifiques, de voies de régulation, qui sont pertinentes dans le cadre de l'étiopathogénèse de la maladie, en particulier pour les déficits du langage. L'analyse en réseau a permis de prédire des liens assez solides entre les gènes (FOXD3, GDNF, RET, SO X9, SOX10) impliqués dans des étapes du développement de la CN et du développement neuronal.

Les profils d'expression cérébraux ont montré que la plupart des gènes impliqués dans la domestication et le développement et le fonctionnement de la CN présentent des profils d'expression modifiés dans le cerveau des patients SZ, en particulier dans les domaines impliqués dans le traitement du langage (chez près de 20 % des candidats SZ).

Rigueur de l'article :

Cet article s'inscrit en 2016. Les auteurs basent leur raisonnement sur la raison que les gènes candidats à la globularisation et à la préparation linguistique se trouvent parmi, et interagissent avec, les gènes jugés importants pour le développement et le fonctionnement de la crête neurale. Or dans l'article de 2017, les auteurs montrent que leurs résultats, basés sur la même approche ne leur permettent pas de valider de manière certaine ces interactions.
Toujours autant d'auto-citation même si ce sont avec des collaborateurs différents : Boeckx et Benítez-Burraco , 2014a, b ; Benítez-Burraco et Boeckx, 2015 ; Murphy et Benítez-Burraco , 2016a. L’intérêt de cette approche par réseau semble spécifique de Benites-Burraco. De nombreuses déductions sont déduites sur la base de ces réseaux alors que les liens entre ces gênes dans des cascades de régulation ne sont toujours pas prouvés par les méthodes de génétique standard.

Ce que cet article apporte au débat :

Les auteurs concluent de ces résultats que la schizophrénie peut représenter un itinéraire ontogénétique anormal pour la faculté de langage humaine, résultant, au moins en partie, de changements dans les gènes importants pour le syndrome de domestication et impliquant principalement la crête neurale.

Publiée il y a plus de 6 ans par A.C. Vain.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.