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Opportunités et défis liés à l'augmentation des populations d'espèces sauvages et aux zoonoses en Suède
Résumé de la review :
L'expansion de l'Homme à travers le globe a conduit à l'extinction de nombreuses espèces de mammifères, qui continuent encore de nos jour. Cependant, on assiste de plus en plus a une recolonisation de la faune sauvage, particulièrement en Amérique du Nord et en Europe. Cette faune constituée de grands oiseaux et de mammifères apporte de nombreux services écosystémiques, mais également un certain nombre de défis qui remettent en question notre vision de la faune sauvage. Dans cette review, les auteurs se concentrent sur la récupération de la faune sauvage en Suède. En Suède, après de nombreuses extinctions de grands herbivores et carnivores vers le XVIIIème siècle à cause notamment de la chasse, les populations sauvages ont peu à peu recolonisé le territoire. Cette recolonisation est due à la mise en place de réglementation sur la chasse et sur la gestion des territoire ainsi qu'une réglementation pour la restauration des habitats, de telle sorte qu'aujourd'hui les populations sont plus importantes qu'elles ne l'ont été ces 500 dernières années en Suède. L'augmentation de cette faune sauvage a apporté de nombreux services écosystémiques. Tout d'abord, elle génère environ 10 millions de kg de viande par an (sachant que 65% des suédois consomme au moins une fois par an de la viande d'origine sauvage). De plus, les peaux et les fourrures sont d'autres produits provenant de ces mammifères. La faune sauvage fournit également une grande variété d'opportunités pour le développement de l'industrie et de l'écotourisme. En Suède, l'élan est devenu une espèce phare pour le tourisme. L'initiative Rewilding Europe vise principalement à explorer les opportunités d'écotourisme offertes par la vie sauvage et le schéma de rétablissement de la faune sauvage en Suède pourrait toujours servir de modèle pour ce développement. Les mammifères fournissent également de nombreux services de régulation des écosystèmes. Cependant, l'augmentation des populations d'espèces sauvages pose un certain nombre de défis de gestion, comme la gestion des dommages causés par la faune, qui génère des conflits entre l'Homme et la faune.
Cet revue insiste surtout sur le transfert de maladies entre la faune sauvage et le bétail domestique. Il existe 5 domaines de préoccupations principales : l'introduction de maladies par le biais de mouvements ou de translocations, les conséquences de la surabondance de la faune, les risques liés à l'élevage en liberté, l'expansion des vecteurs et enfin, l'expansion ou l'introduction de l'hôte. Il existe des risques que le bétail soit infecté par des vecteurs de la faune et que les populations d’animaux sauvages soient infectés par des vecteurs domestiques. Ainsi, les risques de maladies transmises de la faune sauvage au bétail peut contrecarrer les efforts de conservation en raison d'une diminution de l'acceptation du public. Enfin, le risque de transmission des maladies de la faune sauvage aux humains (les zoonoses), est peut-être l'un des défis les plus graves avec les riches populations d'animaux sauvages. On estime que jusqu'à 60% des maladies infectieuses émergentes entre 1940 et 2004 sont d'origine zoonotiques. La majorité d'entre elles proviennent de l'interaction entre les populations humaines et la faune sauvage. Mais les zoonoses ont également été transmises par les animaux domestiques_ via_ le développement de l'agriculture et de l'élevage. Des précautions doivent donc être prises pour détecter les premiers signes d'infections et des efforts de communication au public par les médias doivent se développer.
Ainsi, alors que les populations sauvages en Suède deviennent de plus en plus importantes, les hommes s'inquiètent de la possibilité de transmission de maladies. Bien que les zoonoses puissent provenir du bétail domestiques, les hommes ont plus d'appréhension vis à vis de ce qu'ils ne connaissent pas (la faune sauvage). Cette appréhension a un impact négatif sur l'opinion publique des espèces sauvages.
Ce que cette review apporte au débat :
Les auteurs insistent ici sur un des défis du ré-ensauvagement : la transmission de maladies par des animaux sauvages. Ce type de risque doit donc être pris en compte dans les programmes de ré-introduction, en menant des études pour vérifier la santé des animaux ré-introduits. Bien que ces maladies peuvent être transmises par les animaux d'élevage, les auteurs pointent du doigts que les hommes émettent des inquiétudes plus importantes vis à vis des maladies transmises par les animaux sauvages, car les animaux d'élevage ne sont plus habitués à co-habiter avec la faune sauvage. Ils soulignent donc ici, que ce type de problème peut diminuer l'acceptabilité des humains envers les projets de ré-ensauvagement, malgré tous les services que la faune sauvage peut rendre, à la fois aux écosystèmes et aux hommes.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Raynaud et M. Villegas.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Opportunités et défis liés à l'augmentation des populations d'espèces sauvages et aux zoonoses en Suède
Résumé de la review :
L'expansion de l'Homme à travers le globe a conduit à l'extinction de nombreuses espèces de mammifères, qui continuent encore de nos jour. Cependant, on assiste de plus en plus a une recolonisation de la faune sauvage, particulièrement en Amérique du Nord et en Europe. Cette faune constituée de grands oiseaux et de mammifères apporte de nombreux services écosystémiques, mais également un certain nombre de défis qui remettent en question notre vision de la faune sauvage. Dans cette review, les auteurs se concentrent sur la récupération de la faune sauvage en Suède. En Suède, après de nombreuses extinctions de grands herbivores et carnivores vers le XVIIIème siècle à cause notamment de la chasse, les populations sauvages ont peu à peu recolonisé le territoire. Cette recolonisation est due à la mise en place de réglementation sur la chasse et sur la gestion des territoire ainsi qu'une réglementation pour la restauration des habitats, de telle sorte qu'aujourd'hui les populations sont plus importantes qu'elles ne l'ont été ces 500 dernières années en Suède. L'augmentation de cette faune sauvage a apporté de nombreux services écosystémiques. Tout d'abord, elle génère environ 10 millions de kg de viande par an (sachant que 65% des suédois consomme au moins une fois par an de la viande d'origine sauvage). De plus, les peaux et les fourrures sont d'autres produits provenant de ces mammifères. La faune sauvage fournit également une grande variété d'opportunités pour le développement de l'industrie et de l'écotourisme. En Suède, l'élan est devenu une espèce phare pour le tourisme. L'initiative Rewilding Europe vise principalement à explorer les opportunités d'écotourisme offertes par la vie sauvage et le schéma de rétablissement de la faune sauvage en Suède pourrait toujours servir de modèle pour ce développement. Les mammifères fournissent également de nombreux services de régulation des écosystèmes. Cependant, l'augmentation des populations d'espèces sauvages pose un certain nombre de défis de gestion, comme la gestion des dommages causés par la faune, qui génère des conflits entre l'Homme et la faune.
Cet revue insiste surtout sur le transfert de maladies entre la faune sauvage et le bétail domestique. Il existe 5 domaines de préoccupations principales : l'introduction de maladies par le biais de mouvements ou de translocations, les conséquences de la surabondance de la faune, les risques liés à l'élevage en liberté, l'expansion des vecteurs et enfin, l'expansion ou l'introduction de l'hôte. Il existe des risques que le bétail soit infecté par des vecteurs de la faune et que les populations d’animaux sauvages soient infectés par des vecteurs domestiques. Ainsi, les risques de maladies transmises de la faune sauvage au bétail peut contrecarrer les efforts de conservation en raison d'une diminution de l'acceptation du public. Enfin, le risque de transmission des maladies de la faune sauvage aux humains (les zoonoses), est peut-être l'un des défis les plus graves avec les riches populations d'animaux sauvages. On estime que jusqu'à 60% des maladies infectieuses émergentes entre 1940 et 2004 sont d'origine zoonotiques. La majorité d'entre elles proviennent de l'interaction entre les populations humaines et la faune sauvage. Mais les zoonoses ont également été transmises par les animaux domestiques_ via_ le développement de l'agriculture et de l'élevage. Des précautions doivent donc être prises pour détecter les premiers signes d'infections et des efforts de communication au public par les médias doivent se développer.
Ainsi, alors que les populations sauvages en Suède deviennent de plus en plus importantes, les hommes s'inquiètent de la possibilité de transmission de maladies. Bien que les zoonoses puissent provenir du bétail domestiques, les hommes ont plus d'appréhension vis à vis de ce qu'ils ne connaissent pas (la faune sauvage). Cette appréhension a un impact négatif sur l'opinion publique des espèces sauvages.
Les auteurs insistent ici sur un des défis du ré-ensauvagement : la transmission de maladies par des animaux sauvages. Ce type de risque doit donc être pris en compte dans les programmes de ré-introduction, en menant des études pour vérifier la santé des animaux ré-introduits. Bien que ces maladies peuvent être transmises par les animaux d'élevage, les auteurs pointent du doigts que les hommes émettent des inquiétudes plus importantes vis à vis des maladies transmises par les animaux sauvages, car les animaux d'élevage ne sont plus habitués à co-habiter avec la faune sauvage. Ils soulignent donc ici, que ce type de problème peut diminuer l'acceptabilité des humains envers les projets de ré-ensauvagement, malgré tous les services que la faune sauvage peut rendre, à la fois aux écosystèmes et aux hommes.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.