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Titre de l'article :

Impact des abeilles mellifères introduites sur les interactions de pollinisation indigène d'Echium wildpretii endémique (Boraginaceae) à Tenerife, dans les îles Canaries


Introduction à l'article :

L'impact des abeilles mellifères introduites (Apis mellifera) sur la flore et la faune indigènes a fait l'objet de diverses recherches durant ces dernières années. Il a été démontré que les profils de recherche de nourriture et l'abondance des pollinisateurs indigènes sont modifiés en présence d'abeilles mellifères. L'impact de celles-ci sur la pollinisation de la flore indigène comprend des effets sur la dispersion du pollen et la structure génétique des populations végétales. Cependant, A. mellifera n'affecte pas le succès de reproduction des plantes, en raison de leur abondance par rapport aux abeilles indigènes.
Deux caractéristiques des réseaux de pollinisation insulaires les rendent sensibles à l'invasion d'espèces généralistes introduites, comme les abeilles : la faible diversité des espèces et la nature généralisée des interactions. Des études sur les écosystèmes insulaires ont signalé un déclin des abeilles indigènes et des oiseaux visitant les fleurs en présence d'A. mellifera.

Expériences de l'article :

Le but de cette étude était d'étudier les effets des abeilles mellifères introduites (Apis mellifera) sur les interactions de pollinisation Echium wildpretii ssp. wildpretii dans le parc national du Teide, de la région de Las Canadas.
Deux populations d'étude ont été sélectionnées, l'une dominée par les abeilles mellifères, tandis que l'autre a été visitée par de nombreux insectes indigènes. 1393 ruches ont été placées dans le parc sur 17 sites pendant la saison de floraison des espèces végétales riches en nectar, principalement Descurainia bourgeauana, Spartocytisus supranubius et E. wildpretii d'avril à juin 2001. Les caractéristiques des plantes des deux populations ont été comparées : la hauteur des plantes à fleurs, la taille des inflorescences, la densité des fleurs, le nombre de fleurs par cyme et le nombre total de fleurs par inflorescence ont été mesurés. Puis, le taux de visites d'insectes indigènes et abeilles mellifères chaque jour a été observé ainsi que les visites d'oiseaux.

Résultats de l'article :

Pendant la période d'activité maximale des insectes, le nectar était presque complètement épuisé dans les fleurs de la 1ère, mais pas de la 2ème population. Ainsi, une forte abondance d'A. mellifera peut avoir entraîné une compétition d'exploitation avec les abeilles indigènes. Les abeilles mellifères sont restées plus longtemps et ont visité plus de fleurs sur la même inflorescence que les abeilles indigènes. En revanche, le niveau de fréquentation des insectes indigènes est resté constant tout au long de la saison de floraison dans la population 1, et ne semble donc pas être affecté par la présence d'A. mellifera. Cependant, il n'a pas été exclu qu'il puisse y avoir des changements à long terme dans la structure de la population génétique en raison de changements dans les modèles de flux de gènes causés par le comportement de recherche de nourriture d'A. mellifera par rapport aux pollinisateurs indigènes.

Rigueur de l'article :

Dans une étude à long terme, Roubik et Wolda (2001) n'ont trouvé aucune diminution de la taille de la population d'insectes indigènes en présence d'abeilles mellifères africanisées dans une forêt tropicale d'Amérique centrale.
A contrario, une étude expérimentale dans une plaine herbeuse australienne a montré un déclin de la population d'abeilles indigènes en présence de ruches, probablement en raison de la concurrence des ressources. Il a également été démontré que le niveau de ressource affecte la reproduction de l'abeille Megachile apicalis .
De toute évidence, l'impact à long terme d'A. mellifera sur un système de pollinisation indigène varie entre les régions et les types d'habitats, et donc l'extrapolation des résultats de cette étude à des zones désertiques comme Las Canadas doit être faite avec une extrême prudence. Des études à plus long terme sont clairement nécessaires pour évaluer l'impact d'A. mellifera au niveau de la population de visiteurs de fleurs indigènes.

Ce que cet article apporte au débat :

Les résultats de cet article ont mis en évidence qu'il existait une compétition d'exploitation des ressources entre les abeilles mellifères et les abeilles indigènes. De plus, cette étude a montré qu'il existait également une concurrence exploitante entre les abeilles et les oiseaux puisqu'il a été observé que ces derniers se nourrissant de nectar avaient cessé les visites des fleurs dans la population 1 lorsque les abeilles mellifères étaient devenues abondantes.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Petrier.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.