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Compensations de la biodiversité : des défis actuels à l'harmonisation des métriques
Résumé de la review :
Cette revue propose une analyse de la littérature scientifique traitant de la compensation de la biodiversité publiée entre 1999 et 2014. L'objectif de cette étude est la compréhension de :
comment la communauté académique a contribué à résoudre les problèmes de mise en place des mesures de la compensation de la biodiversité ;
et comment les travaux de recherche futurs pourraient améliorer cette mise en place.
En effet, Bull et al. distinguent deux principaux types de challenges. Le premier comprend les défis conceptuels (le choix des métriques, la localisation des MC, équivalence, additionnalité, la temporalité, la pérennité, les ratios et la réversibilité) auxquels la recherche peut apporter des solutions, tandis que le second correspond aux défis pratiques (la conformité, le suivi, la transparence et le temporalité de les crédits) liés à la gouvernance et à la mise en place de la compensation de la biodiversité.
Analyse sur les défis conceptuels et pratiques :
les challenges conceptuels (respectivement pratiques) les plus discutés dans la littérature étaient : le choix de la métrique, la localisation des MC et l'équivalence (respectivement la conformité, la transparence et le suivi).
les problèmes liés à la pérennité et à la réversibilité des mesures ont émergés dans la littérature plus récemment. Il important de savoir que, selon la séquence ERC, la compensation de la biodiversité n'est pas une option pour compenser les impacts des habitats à haute irremplaçabilité (Piligrim et al., 2013).
la plupart des études s'intéressent aux environnements d'eau douce tandis que seulement 1% des études traitent des milieux marins.
Choix des métriques pour la biodiversité :
La difficulté du choix de métrique est associé au caractère multidimensionnel de la biodiversité. Ce choix conditionne le calcul des gains et des pertes, donc le choix du site de compensation et le choix des ratios pour gérer les incertitudes. Dans les premiers projets de compensation, seules les métriques surfaciques étaient utilisées mais elles ne sont pas adéquates (Quétier et al., 2011).
Ainsi, pour compléter ces mesures, ont été considérées des métriques des composantes des conditions, de la qualité, du fonctionnement écologique des écosystèmes. Toutefois cette approche à une limite qui est la complexité d'évaluation de l'équivalence.
Choix du lieu de compensation :
Lorsque le lieu de compensation est proche du lieu impacté ("on-site offset" traduit par compensation sur site), les chances de contribuer à la conservation et à l'intégrité du même écosystèmes ainsi qu'aux besoin des populations locales sont augmentées. L'atteinte de l'équivalence semble facilitée dans ce cas.
Toutefois, la revue de la littérature de la planification systématique de la conservation suggère que de plus grands bénéfices sont permis lorsque les MC sont alignées avec les objectifs de conservations du paysage ou régionaux (Kiesecker, 2009), on parle de compensation hors site ("off-site offset''). L'avantage de cette dernière est qu'elle permet de protéger des espaces qui ne bénéficient pour le moment d'aucun statut de protection, et aussi d'incorporer les aspects de dynamiques de population à l'échelle des paysages. Cette façon de compenser pose tout de fois problème lorsqu'il s'agit de comparer les valeurs de biodiversité.
Aussi, un cadre harmonisé pour les métriques de la compensation de la biodiversité, appelé Variables Essentielles pour la Biodiversité (EBV) propose de prendre en compte 6 classes : la composition génétique, les populations d'espèces, les traits spécifiques, la composition des communautés, les fonctions et la structure des écosystèmes. Les métriques les plus utilisées appartiennent à la classe des populations d'espèces et de la structure des écosystèmes.
Rigueur de la review :
Aucun doute en particulier.
Ce que cette review apporte au débat :
Une distinction entre compensation de la biodiversité et compensation écologique est faite.
Une partie des actions compensatoires ne seraient pas des compensations. En effet, dans le premier cas, les mesures ciblent les impacts résiduels, permettant d'obtenir des résultats mesurables pour quantifier et comparer les pertes et les gains de biodiversité.
Les auteurs dénoncent le fait que la compensation de la biodiversité s'intéresse souvent uniquement à une ou quelques dimensions de la biodiversité. Et par conséquent, l'atteinte de équivalence totale semble incertaine. Finalement, la notion d'additionalité est introduite et correspond au bénéfice de conservation qui est obtenu grâce à la compensation et qui n'aurait pas été généré en absence de cette action. Cette additionalité peut être garantie par restauration, création d'habitat ou via la protection des zones menacées.
Remarques sur la review :
Selon les auteurs, la compensation de la biodiversité doit permettre de compenser des impacts inévitables à travers la conservation ou la restauration.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
A.Frappa.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Compensations de la biodiversité : des défis actuels à l'harmonisation des métriques
Résumé de la review :
Cette revue propose une analyse de la littérature scientifique traitant de la compensation de la biodiversité publiée entre 1999 et 2014. L'objectif de cette étude est la compréhension de :
Analyse sur les défis conceptuels et pratiques :
Choix des métriques pour la biodiversité :
La difficulté du choix de métrique est associé au caractère multidimensionnel de la biodiversité. Ce choix conditionne le calcul des gains et des pertes, donc le choix du site de compensation et le choix des ratios pour gérer les incertitudes. Dans les premiers projets de compensation, seules les métriques surfaciques étaient utilisées mais elles ne sont pas adéquates (Quétier et al., 2011).
Ainsi, pour compléter ces mesures, ont été considérées des métriques des composantes des conditions, de la qualité, du fonctionnement écologique des écosystèmes. Toutefois cette approche à une limite qui est la complexité d'évaluation de l'équivalence.
Choix du lieu de compensation :
Lorsque le lieu de compensation est proche du lieu impacté ("on-site offset" traduit par compensation sur site), les chances de contribuer à la conservation et à l'intégrité du même écosystèmes ainsi qu'aux besoin des populations locales sont augmentées. L'atteinte de l'équivalence semble facilitée dans ce cas.
Toutefois, la revue de la littérature de la planification systématique de la conservation suggère que de plus grands bénéfices sont permis lorsque les MC sont alignées avec les objectifs de conservations du paysage ou régionaux (Kiesecker, 2009), on parle de compensation hors site ("off-site offset''). L'avantage de cette dernière est qu'elle permet de protéger des espaces qui ne bénéficient pour le moment d'aucun statut de protection, et aussi d'incorporer les aspects de dynamiques de population à l'échelle des paysages. Cette façon de compenser pose tout de fois problème lorsqu'il s'agit de comparer les valeurs de biodiversité.
Aussi, un cadre harmonisé pour les métriques de la compensation de la biodiversité, appelé Variables Essentielles pour la Biodiversité (EBV) propose de prendre en compte 6 classes : la composition génétique, les populations d'espèces, les traits spécifiques, la composition des communautés, les fonctions et la structure des écosystèmes. Les métriques les plus utilisées appartiennent à la classe des populations d'espèces et de la structure des écosystèmes.
Aucun doute en particulier.
Une distinction entre compensation de la biodiversité et compensation écologique est faite.
Une partie des actions compensatoires ne seraient pas des compensations. En effet, dans le premier cas, les mesures ciblent les impacts résiduels, permettant d'obtenir des résultats mesurables pour quantifier et comparer les pertes et les gains de biodiversité.
Les auteurs dénoncent le fait que la compensation de la biodiversité s'intéresse souvent uniquement à une ou quelques dimensions de la biodiversité. Et par conséquent, l'atteinte de équivalence totale semble incertaine. Finalement, la notion d'additionalité est introduite et correspond au bénéfice de conservation qui est obtenu grâce à la compensation et qui n'aurait pas été généré en absence de cette action. Cette additionalité peut être garantie par restauration, création d'habitat ou via la protection des zones menacées.
Selon les auteurs, la compensation de la biodiversité doit permettre de compenser des impacts inévitables à travers la conservation ou la restauration.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.