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Gérer les mauvaises herbes arables pour la biodiversité
Figure :
Figure : Groupes fonctionnels de mauvaises herbes définis en fonction de leur mode de capture des ressources et de leur compétition avec la culture. Les barres ombrées indiquent les espèces qui sont présentes dans le régime alimentaire des oiseaux des terres agricoles. Deux groupes bénéfiques sont identifiés qui combinent une capacité compétitive relativement faible avec une valeur pour les invertébrés et les oiseaux (Storkey, 2006).
Résumé de la review :
L'intensification agricole est une cause de la perte de biodiversité des adventices dans les champs. Une grande partie des adventices adaptées aux terres arables ont vu leurs populations décroître fortement au cours de ces dernières années. Les conséquences sur la chaine trophique sont nombreuses du fait de leurs fonctions écologiques pour les groupes trophiques supérieurs. Les adventices constituent une ressource importante pour les oiseaux, particulièrement pour leur survie en hiver. Le déclin de cette ressource a induit un déclin des populations d'oiseaux associés au milieu agricole. Bien que des rôles positifs soient maintenant attribués aux adventices, leurs impacts négatifs sur la production et la qualité des récoltes sont le principal moteur des stratégies de leur gestion. Une dichotomie forte persiste entre les décideurs politiques qui voient les adventices comme une ressource pour la biodiversité et les agriculteurs qui les voient comme des pathogènes. Est-il donc possible de concilier ces deux visions afin d'obtenir une production efficace tout en séparant spatialement les cultures des zones naturelles ? Les adventices peuvent elles être classées comme bonnes ou mauvaises ? Enfin, est il possible de réconcilier conservation de la biodiversité et production agricole ?
Localisation des adventices :
L'établissement d'une zone ressource abritant des adventices peut se faire à l'intérieur ou en bordure de la parcelle cultivée. Un semis d'adventices dans les zones non cultivées pourrait permettre d'améliorer la diversité de groupes trophiques supérieurs mais peuvent avoir un effet négatif en supprimant les adventices non semées. Une bordure naturelle tend cependant à sélectionner des espèces pérennes compétitives telles que Dactylis glomerata L. ou Holcus lanatus L.. Les espèces moins compétitives qui nécessitent des perturbations occasionnelles, ce qui inclut nombre d'espèces rares seraient défavorisées. Bien que des solutions existent pour encourager un groupe d'espèce d'adventices en bordure de champ, des études supplémentaires seront nécessaires pour évaluer l'ajout de biodiversité dans un champ avec son rendement et les conséquences à long terme d'une implantation à long terme d'adventices.
Existe t'il des bonnes adventices ?
Une approche pour réconcilier biodiversité et rendement serait de sélectionner certaines espèces d'adventices ayant des effets bénéfiques. Une adventice bénéfique aurait une compétition faible avec les espèces cultivées et un potentiel important de ressource pour les groupes trophiques supérieurs. Ces espèces sont résumés dans la figure ci jointe. Ces espèces bénéfiques utilisent, en partie, les ressources non utilisables par les espèces cultivées, ce qui augmente la productivité du système. Il existe une relation entre les traits qui déterminent la compétitivité des adventices et leurs potentiels pour la biodiversité.
L'impact du déclin des populations d'adventices sur la biodiversité des terres arables est donc aujourd'hui reconnu. Il existe cependant des lacunes scientifiques à combler à ce sujet. La restauration d'un couvert végétal en bordure de champ est-il suffisant pour inverser le déclin de la flore et de la faune associés aux terres agricoles ? Il faudra également mettre en place des outils efficaces qui permettront de concilier production végétale et fourniture de ressource pour la biodiversité.
Rigueur de la review :
Les auteurs ne sont pas en conflits d’intérêt avec l'étude. La review se veut rigoureuse dans son interprétation de la littérature et met en avant les lacunes scientifiques qui devront être comblées pour aller plus loin dans la démarque qu'ils proposent.
Ce que cette review apporte au débat :
Il existe aujourd'hui des solutions pour préserver la biodiversité au sein d'un agroécosystème. Cette préservation passe par la connaissance d'adventices bénéfiques qui servent de ressource pour les groupes trophiques supérieurs. Cet effet bénéfique se mesure par des traits liés à la compétitivité des adventices. Il est donc nécessaire de connaitre l'écologie, la méthode d'acquisition des ressources et la biodiversité associée aux champs afin de déterminer si une espèce d'adventice sera bénéfique ou non pour la biodiversité de l'agroécosystème.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
K. Maurice.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Gérer les mauvaises herbes arables pour la biodiversité
Figure : Groupes fonctionnels de mauvaises herbes définis en fonction de leur mode de capture des ressources et de leur compétition avec la culture. Les barres ombrées indiquent les espèces qui sont présentes dans le régime alimentaire des oiseaux des terres agricoles. Deux groupes bénéfiques sont identifiés qui combinent une capacité compétitive relativement faible avec une valeur pour les invertébrés et les oiseaux (Storkey, 2006).
L'intensification agricole est une cause de la perte de biodiversité des adventices dans les champs. Une grande partie des adventices adaptées aux terres arables ont vu leurs populations décroître fortement au cours de ces dernières années. Les conséquences sur la chaine trophique sont nombreuses du fait de leurs fonctions écologiques pour les groupes trophiques supérieurs. Les adventices constituent une ressource importante pour les oiseaux, particulièrement pour leur survie en hiver. Le déclin de cette ressource a induit un déclin des populations d'oiseaux associés au milieu agricole. Bien que des rôles positifs soient maintenant attribués aux adventices, leurs impacts négatifs sur la production et la qualité des récoltes sont le principal moteur des stratégies de leur gestion. Une dichotomie forte persiste entre les décideurs politiques qui voient les adventices comme une ressource pour la biodiversité et les agriculteurs qui les voient comme des pathogènes. Est-il donc possible de concilier ces deux visions afin d'obtenir une production efficace tout en séparant spatialement les cultures des zones naturelles ? Les adventices peuvent elles être classées comme bonnes ou mauvaises ? Enfin, est il possible de réconcilier conservation de la biodiversité et production agricole ?
Localisation des adventices :
L'établissement d'une zone ressource abritant des adventices peut se faire à l'intérieur ou en bordure de la parcelle cultivée. Un semis d'adventices dans les zones non cultivées pourrait permettre d'améliorer la diversité de groupes trophiques supérieurs mais peuvent avoir un effet négatif en supprimant les adventices non semées. Une bordure naturelle tend cependant à sélectionner des espèces pérennes compétitives telles que Dactylis glomerata L. ou Holcus lanatus L.. Les espèces moins compétitives qui nécessitent des perturbations occasionnelles, ce qui inclut nombre d'espèces rares seraient défavorisées. Bien que des solutions existent pour encourager un groupe d'espèce d'adventices en bordure de champ, des études supplémentaires seront nécessaires pour évaluer l'ajout de biodiversité dans un champ avec son rendement et les conséquences à long terme d'une implantation à long terme d'adventices.
Existe t'il des bonnes adventices ?
Une approche pour réconcilier biodiversité et rendement serait de sélectionner certaines espèces d'adventices ayant des effets bénéfiques. Une adventice bénéfique aurait une compétition faible avec les espèces cultivées et un potentiel important de ressource pour les groupes trophiques supérieurs. Ces espèces sont résumés dans la figure ci jointe. Ces espèces bénéfiques utilisent, en partie, les ressources non utilisables par les espèces cultivées, ce qui augmente la productivité du système. Il existe une relation entre les traits qui déterminent la compétitivité des adventices et leurs potentiels pour la biodiversité.
L'impact du déclin des populations d'adventices sur la biodiversité des terres arables est donc aujourd'hui reconnu. Il existe cependant des lacunes scientifiques à combler à ce sujet. La restauration d'un couvert végétal en bordure de champ est-il suffisant pour inverser le déclin de la flore et de la faune associés aux terres agricoles ? Il faudra également mettre en place des outils efficaces qui permettront de concilier production végétale et fourniture de ressource pour la biodiversité.
Les auteurs ne sont pas en conflits d’intérêt avec l'étude. La review se veut rigoureuse dans son interprétation de la littérature et met en avant les lacunes scientifiques qui devront être comblées pour aller plus loin dans la démarque qu'ils proposent.
Il existe aujourd'hui des solutions pour préserver la biodiversité au sein d'un agroécosystème. Cette préservation passe par la connaissance d'adventices bénéfiques qui servent de ressource pour les groupes trophiques supérieurs. Cet effet bénéfique se mesure par des traits liés à la compétitivité des adventices. Il est donc nécessaire de connaitre l'écologie, la méthode d'acquisition des ressources et la biodiversité associée aux champs afin de déterminer si une espèce d'adventice sera bénéfique ou non pour la biodiversité de l'agroécosystème.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.