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Titre du Livre :

Décomposer l'évolution du sommeil : Approches comparatives et développementales


Introduction au livre :

Tous les animaux étudiés depuis les débuts de la recherche sur le sommeil présentent différentes formes de sommeil. L'exception au sein de des métazoaires sont les animaux qui ne dorment pas.
Le plus grand mystère du sommeil reste est sa fonction. Les auteurs annoncent que "peut-être aucun autre aspect de la vie des vertébrés est aussi important et pourtant toujours incompris". Nous savons pourquoi les animaux sont éveillés, notamment afin de permettre leur survie via l'alimentation, la prédation, la reproduction... Les fonctions du sommeil sont donc claires et l'avantage pour la survie des organismes, indéniable.

Mais du coup, pourquoi les animaux dorment-ils ?

Par analogie avec l'éveil, les fonctions remplies par le sommeil sont donc peut-être multiples et très corrélée à l'histoire évolutive des organismes. Ainsi, des approches comparatives sont donc nécessaires pour pouvoir retrouver les mécanismes et les fonctions à l'origine de l'évolution du sommeil.

Résumé et résultats du livre :

Dans ce chapitre, les auteurs exposent le fait qu'une des caractéristiques universelle et omniprésente du sommeil est que ce dernier est prédominant très tôt dans le développement. Ainsi, des approches comparatives et développementales sont nécessaires pour pouvoir retrouver les origines et les fonctions du sommeil qui ont été sélectionnées au cours de l'évolution.

Le sommeil est un état comportemental. L’étude de systèmes émergents comme Caenorhabditis elegans, Sepia officinalis, Dario rerio ou encore Drosophilia melanogastor qui sont des animaux “simples” permettent de mettre en évidence les voies de régulation et les fonctions du sommeil au niveau moléculaire.

Les cycles d’éveil/sommeil et l’allocation de l’énergie

La théorie de la conservation d’énergie (1970-1995) a été la théorie la plus citée et la plus plausible pendant des dizaines d’années parmi toutes les théories quant à la fonction du sommeil. Cette théorie repose sur un principe simple : le sommeil réduit la dépense énergétique. Cependant, cette théorie n’est pas supportée par des résultats empiriques, au contraire. En général la préservation de l'énergie en dormant est plutôt faible comparé à la phase d’éveil et durant la phase REM du sommeil le cerveau est très actif, ce qui est caractéristique d’une dépense énergétique plus importante. Tous ces arguments ont donc été exposé en défaveur de cette théorie.

Plutôt que de raisonner en pensant que l’utilisation de l'énergie augmente et diminue de façon empirique, une autre théorie propose que des processus métaboliques sont plus performants en fonction des états de sommeil ou d'éveil des organismes. C’est la théorie de l’allocation de l’énergie. Par exemple des processus biologiques comme la thermorégulation et les mécanismes cellulaires nécessaires aux sens lors de la phase d’éveil sont réduits lors de la phase de sommeil tandis que l’énergie d’autres fonctions comme la biosynthèse moléculaire ou encore la consolidation de la mémoire sont augmentés pendant cette phase. Ainsi, il s’agirait d’un processus dynamique où la distribution de l'énergie est optimisée sur un cycle de 24h. L’un des avantage de cette théorie est qu’elle permet de prendre en compte l’histoire évolutive des taxons et de rendre compte de la diversité des phénotypes du sommeil dans le règne animal.

Développement des cycles ultradiens et circadiens

Au cours du développement, on retrouve deux niveaux pour considérer les cycles d’éveil et de sommeil. Le premier est caractérisé par des mouvements coordonnés et brusques et correspondent à la phase d’éveil (tonus musculaire important). Le second correspond à des mouvements très brefs, discrets, des soubresauts qui correspondent à la phase de sommeil active (atonie des muscles). Ces événements moteurs entraînent une cyclicité ultradienne (cycles qui interviennent plus d’une fois par jour).

L'approche développementale à donc pu mettre en avant qu'il existe des circuits neuronaux qui régulent les cycles du sommeil. Ainsi les phases de sommeil au cours du développement sont indépendantes et présentent des trajectoires différentes en fonction du type de sommeil considéré et de l'histoire de vie des espèces. Le sommeil polyphasique implique une succession de transitions entre le sommeil et l’éveil qui sont coûteuses d’un point de vue énergétique. Les mécanismes qui régulent ces transitions sont très probablement des cibles de modification évolutives.

Les auteurs finissent en annonçant qu'une véritable étude comparative du sommeil repose sur l'intégration de tous les paramètres propres aux organismes, les caractéristiques de leur développement et de leur histoire de vie ainsi que les fonctions associées. Il est possible que la première fonction du sommeil soit enfouie trop profondément dans le passé évolutif pour pouvoir être un jour retrouvée. Cependant, tous les outils scientifiques doivent être combinés pour continuer de répondre aux questions sur le sommeil puisqu'elles sont aujourd'hui à notre portée.

Ce que ce livre apporte au débat :

Le livre permet de réaliser un résumé des théories les plus admises du sommeil ainsi que de leur implication dans les mécanismes propres au système neuronal et/ou moléculaires. L'approche des auteurs est tout particulièrement intéressante puisqu'ils intègrent aux études déjà réalisées sur le sommeil une dimension développementale afin de comprendre l'évolution des fonctions.

Enfin, les auteurs présentent et argumentent une vision alternative du sommeil qui implique une multitude de fonctions plutôt qu'une seule, comme c'est le cas dans d'autres papiers.

Publiée il y a plus de 6 ans par L. Da cunha.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.