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Titre de l'article :

Diminution de la taille des Mammifères durant la fin du Quaternaire


Figure :

Figure 3 de l'article : Taille du corps et son influence sur le risque d'extinction :
A : Moyenne de taille du corps des espèces durant le Cénozoïque (65 à 1 Ma).
B : Moyenne de taille du corps des espèces par continent durant la fin du Quaternaire.
C : Taille maximum par continent durant le Cénozoïque.
D : Taille maximum durant la fin du Quaternaire et le futur (prédictions).
E : Coefficients de sélectivité sur la taille durant le Cénozoïque.
F : Sélectivité sur la taille durant les extinctions de la fin du Quaternaire.
Toutes les masses sont en kilogrammes.
Pour les cadres à droites (B, D et F), les couleurs de fond indiquent les périodes : le bleu pour le Pléistocène supérieur,
le blanc pour l'Holocène et le gris pour les prédictions futures.

Introduction à l'article :

La fin du Quaternaire est une période marquée par une perte importante de diversité notamment chez les grands mammifères. Cet article cherche à étudier l'influence des hominidés sur la diversité globale et continentale des mammifères depuis cette période.
Les hominidés ont eu plusieurs périodes de migrations liées à des facteurs climatique et suivies d'une augmentation de la taille des populations. Les activités de ceux - ci ont donc pu avoir un impact sur la diversité mammifère à cette période là.
L'hypothèse soutenue dans cet article indique que si des différences significatives sont observées entre la sélectivité de l'extinction (sélection des animaux plus grands ou plus petits) à la fin du Quaternaire et celle du reste du registre des mammifères du Cénozoïque (avant le Pléistocène), cela suggère fortement un rôle de l'activité des hominidés dans cette extinction.

Expériences de l'article :

Deux jeux de données ont été utilisés pour tester le rôle potentiel de l’activité de l’Homme sur la sélectivité de l’extinction, sur les distributions de taille de corps des mammifères, et sur les patrons de diversité au cours du temps.
Un jeu de données global des mammifères du Cénozoïque a été construit avec la masse corporelle, le mode trophique et la durée stratigraphique associés.
Les extinctions de la fin du Quaternaire ont été classées en 5 périodes temporelles :

  • Le Pléistocène supérieur (125000 - 70000) - première vague de migration des hominidés hors d'Afrique
  • La fin du Pléistocène (70000 - 20000) - fin de l'expansion en Eurasie & colonisation de l'Australie
  • Le Pléistocène terminal (20000 - 10000) - migrations vers Amériques
  • L'Holocène (10000 - 0) - expansion sur tout le globe
  • Le futur (+200) - assume que les espèces menacées vont s'éteindre Pour chaque intervalle de temps : la sélectivité de l’extinction sur la taille a été caractérisée en utilisant des régressions logistiques.
Résultats de l'article :

Dans cette étude, la taille du corps est rarement associée à la probabilité d'extinction avant le Pléistocène. En effet, la même probabilité d'extinction est visible entre les petits et grands mammifères durant les périodes de fortes variations climatiques du Cénozoïque.
Cependant, après l'expansion des hominidés, lors du Pléistocène, un changement de taille moyenne et maximum chez les mammifères est visible sur tous les continents (voir figure). Cette étude montre donc un lien entre la taille des mammifères et la probabilité d'extinction à la fin du Quaternaire.
La diminution de la diversité de la Mégafaune dès la fin du Pléistocène coïncide avec l’expansion globale des hominidés. Leurs activités (chasse, introduction de prédateurs, modification de l’habitat) seraient la cause primaire de la perte taxonomique et de l’homogénéisation de l’écosystème à cette période.
Les auteurs avancent qu'environ 22 à 53% des mammifères seraient perdus dans le futur.

Rigueur de l'article :

Pour le scénario futur, les auteurs ont estimé que toutes les espèces menacées de nos jours seraient amenées à s'éteindre. Or c'est une présomption importante qui peut nous laisser penser que les analyses effectuées pour prédire la diversité (et taille) des mammifères restent à examiner avec circonspection.

Ce que cet article apporte au débat :

Montre un effet de l'homme sur le changement de taille des mammifères sur chaque continent et ceci avant même le Pléistocène terminal et donc avant ce qui avait déjà été montré lors de précédentes études.

Publiée il y a plus de 5 ans par C. Morel et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.