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Analyse de la référence Inbreeding effects in wild populations

Titre de la review :

Les effets de la consanguinité sur les populations sauvages.


Résumé de la review :

Dans cette revue, les auteurs résument les effets de la consanguinité dans les milieux sauvages. Par exemple chez les mammifères, la consanguinité a une influence sur le poids à la naissance, la survie et la reproduction tandis que chez les plantes, c’est la taille, la variation génétique et le nombre de graines qui vont être impactés. Enfin, chez les oiseaux et papillons, la diminution de la variation génétique augmente le risque de disparition. La consanguinité augmente le risque de la fixation des allèles dans une population, pouvant être délétères s'ils sont mutés. L’augmentation des individus consanguins aura ainsi pour impact de diminuer la fitness de la population. Afin de limiter cet effet, des mécanismes d’évitements existent dans la nature et il est donc rare d’observer des phénomènes de consanguinité. De plus, les allèles peuvent être purgés, ce qui peut donc diminuer le nombre de descendants consanguins. Néanmoins, l’expression de certaines mutations récessives peut expliquer une dépression de consanguinité pouvant avoir un impact terrible chez les espèces avec un taux de reproduction faible. La dépression de consanguinité intervient parmi et au sein de la population. Une diminution de la fitness n’est pas tout le temps observée et on peut avoir une augmentation de la fitness. Ce phénomène est appelé l’hétérosis et c’est l’accumulation d’allèles ayant des effets minimes. Cela rend l’étude des populations consanguines difficile et il est nécessaire d’étudier plusieurs aspects (taille des populations, variations génétiques…). La dépression de consanguinité dans les populations rend les individus plus sensibles aux facteurs environnementaux, comme les oiseaux qui sont plus sensibles aux orages et intempéries. Pour les végétaux nous observons généralement une diminution de la germination des graines, avec en plus une diminution de la taille chez les petites populations ainsi qu'une réduction de graines par fruits. A l'inverse, les grandes populations de végétaux possèdent une plus grande diversité génétique. Ces problèmes de diminution de la variation génétique peuvent être comblés en apportant du pollen issu d’une autre population, ce qui augmente le taux de germination et le nombre de fleurs. Il est aussi possible de faire du "sauvetage génétique". Il est difficile d’étudier le phénomène de dépression de consanguinité car on n’a pas tout le temps un impact chez les populations et la compréhension de ce phénomène n'est pas acquise. Cela peut être expliqué par un manque de connaissances ou bien par la difficulté à réaliser des modèles mathématiques fiables. Ainsi, les études doivent se pencher sur des populations avec un large nombre d’individus et étudier les effets des conditions environnementales qui jouent un rôle dans la fitness. Il est important de déterminer l’impact de la dépression de consanguinité dans les milieux sauvages car certaines études montrent qu’il y a une différence entre les populations sauvages et en captivité tandis que d’autres études ne montrent pas de variations. Les effets de la dépression de consanguinité ont un impact différent en fonction des espèces, rendant les études difficiles. Par exemple la dépression de consanguinité chez la drosophile a un impact négatif sur la fertilité et non sur la viabilité de l’individu. Enfin il est important de déterminer l’impact des facteurs environnementaux qui peuvent aider à la purge des allèles si les conditions sont difficiles, participant ainsi à une diminution du taux des individus consanguins. Il en est de même pour les compétitions entre les espèces et les maladies.

Rigueur de la review :

Aucun doute sur les auteurs n'a été trouvé ainsi qu'aucun conflit d'intérêt. La revue a l'air bien présentée, très complète et aborde différents aspects de la consanguinité en milieu sauvage.

Ce que cette review apporte au débat :

Ici la revue nous montre que la consanguinité est très rare en milieu sauvage et qu'elle est très difficile à étudier dans ce type de milieu. Néanmoins les articles présents dans cette revue nous montre bien que la consanguinité en milieu sauvage provoque des effets négatifs autant sur les mammifères, que sur les plantes, et les oiseaux. La revue est très complète et étudie différents aspects en parlant même des techniques pour étudier la consanguinité et des problèmes/limites sur l'étude de la consanguinité dans les milieux sauvages.

Publiée il y a plus de 5 ans par F. Rachenne et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.