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Titre de l'article :

Les reconstructions des populations humaines et de la mégafaune suggèrent des causes mixtes pour les extinctions lors du Pléistocène en Amérique du Nord


Figure :

Figure 5 de l'article analysé : Résumé de la chronologie des recensements de la mégafaune (lignes rouges) par région en relation avec le Dryas Récent (bleu clair) et la période Clovis (orange). Cette période de l'histoire humaine est marquée par de nouvelles techniques de chasse, plus efficaces.
Les symboles à droite indiquent les causes d'extinctions suggérées dans cet article ainsi :

  • Nuage et flocon = changements climatiques
  • Homme avec lance = activités humaines (chasse)

Pour les régions, nous avons ce qui suit :

  • US = Etats-Unis contigus
  • SW = région du Sud-Ouest
  • GL = région des Grands Lacs
Introduction à l'article :

À la fin du Pléistocène, une vague d’extinctions frappe la mégafaune mondiale. L’Amérique du Nord fut une des régions les plus touchées avec une perte de 70% de sa mégafaune. Les deux causes les plus souvent avancées sont le changement climatique et les activités humaines, notamment la chasse. Pour déterminer la cause principale de cette extinction massive, les auteurs proposent de modéliser l'évolution des tailles de populations des humains et de la mégafaune mammifère sur la période étudiée.
Ici, les régions étudiées sont les États-Unis contigus (soit les États-Unis sans l'Alaska et Hawaï), la région des Grands Lacs et le Sud-Ouest. Les grands mammifères étudiés sont les suivants : le mastodonte (Mammut americanum), le paresseux terrestre de Shasta (Nothrotheriops shastensis), le smilodon (Smilodon fatalis) ainsi que deux genres, les chevaux (Equus) et les mammouths (Mammuthus).

Expériences de l'article :

Pour reconstruire la dynamique des populations humaines et de la mégafaune mammifère, une approche probabiliste se basant sur l’ADN ancien (proxy de la diversité génétique) et les fréquences de datation radiocarbone (proxy des tailles de populations) est employée.

  • Pour chaque espèce, la probabilité de leur distribution (Summed Probability Distributions) a été construite
  • L'écart au modèle nul, dans lequel taux de croissance de la population ne diminue pas, a ensuite été évalué par une méthode de Monte Carlo
  • La corrélation entre les SPD de chaque espèce de mammifère étudiée et celles des humains a été déterminée

Ainsi, si la mégafaune décline avec les conditions climatiques, reconnues comme ayant un impact négatif sur la mégafaune herbivore, elles seraient la cause des extinctions. Alors que si une corrélation négative existe entre les tailles de populations humaines et celles de la mégafaune, nous pouvons penser que les activités humaines, comme la chasse, auraient causé ces extinctions.

Résultats de l'article :

Dans les Etats-Unis contigus, les auteurs remarquent une corrélation négative entre les tailles de populations humaines et celles des mammouths, chevaux et smilodons. Cela suggère que la cause de leur extinction est la chasse des humains que ce soit directement (mammouths et chevaux chassés par l’humaine) ou indirectement (diminution de la densité de proies du smilodon par les activités de chasse). Quant aux mastodontes et paresseux, ces derniers se seraient éteints à cause du refroidissement lors du Dryas récent.
Pour la région des Grands Lacs, les changements climatiques du Dryas récent semblent être la cause des extinctions des mastodontes et des mammouths. Tandis que pour le Sud-Ouest des Etats-Unis, l’extinction du paresseux est due aux changements climatiques et le cas du mammouth est le seul où l’extinction est multi-causale : changements climatiques et activités humaines.

Rigueur de l'article :

Au niveau des échantillons, certains sont très petits (inférieur à 30) et pourraient ne pas refléter la dynamique réelle des populations à l'époque. Par ailleurs, il est hasardeux de considérer les corrélations comme des causalités. En effet, il est possible que des conditions climatiques soient favorables à l'Homme mais défavorables à certains mammifères : nous observerions donc une corrélation négative entre les tailles de populations humaines et celles des populations de mégafaune, sans pour autant que l'Homme ait eu un impact, direct ou indirect, sur ces populations.

Ce que cet article apporte au débat :

Grâce à cet article, nous nous rendons compte que les causes d'extinction de la mégafaune dépendent du taxon étudié mais aussi de la région. Il nous permet donc de réfléchir sur l'échelle d'étude. En effet, à une échelle plus large certains scénarios sont privilégiés tandis qu'à une plus petite échelle, plus locale, nous observons un tout autre scénario.
Par exemple, sur tous les Etats-Unis contigus, le mammouth aurait disparu à cause de l'Homme. Or lorsque nous regardons à l'échelle de la région des Grands Lacs, seul le climat serait mis en cause.

Publiée il y a plus de 5 ans par M. Lefebvre et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.