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Un requiem pour l'overkill (surextermination) nord-américain
Résumé de la review :
En Amérique du Nord, la fin du Pléistocène est marquée par la disparition d’au moins 35 genres de grands mammifères dont 29 sont connus comme endémiques.
La théorie de « l’overkill » développée par Paul S. Martin dans les années 60 propose que la chasse par l’Homme soit la cause principale de l’extinction de ces grands mammifères (mammouths, rhinocéros laineux, etc...).
Néanmoins, cette théorie a été grandement critiquée, notamment puisque certaines données archéologiques, climatiques et paléontologiques semblent la réfuter.
Cette revue, rédigé par Grayson et Meltzer présente une critique de cette théorie, basée sur un ensemble de données récoltées par de nombreux autres scientifiques.
En Amérique du Nord, certains sites sont la preuve de la coexistence d’humains avec des espèces de mammifères éteintes. Certains humains se nourrissaient en effet de quelques uns de ces animaux occasionnellement. Des chercheurs ont ensuite déduit que les humains de cette période étaient spécialisés dans la chasse de gros mammifères. Cependant, il n’y a aucune évidence de cette spécialisation et certains scientifiques ont fait un lien trop précoce entre spécialisation sur des gros mammifères et extinctions de ces derniers lors de la fin du Pléistocène.
La théorie de « l’overkill » se découpe en 4 hypothèses principales :
Colonisation humaine souvent suivie de période de massive extinction pour les vertébrés
Le phénomène provenant de la culture Clovis (création d’armes etc…) coïncide avec l’arrivée de l’homme et la chasse des grands mammifères (-11000 ans)
Ces humains se nourrissaient principalement d’animaux ayant désormais disparus.
Les extinctions des mammifères du Pléistocène ont eu lieu à cette période (-11000 ans)
Pour sa première hypothèse, Martin s’appuie sur les espèces insulaires. En effet, sur les îles il y a de nombreux exemples qui montrent que la colonisation par l’Homme est suivie par des phénomènes d’extinctions. Néanmoins, les origines de ces extinctions ne sont pas toujours connues : chasse, introduction d’espèces prédatrices/invasives/compétitrices et autres, mais pas seulement la chasse. D’autre part les espèces insulaires sont très vulnérables à l’extinction car les populations sont petites, confinées dans des petites aires, ont perdu des mécanismes comportementaux pour faire face à l’introduction de prédateurs/compétiteurs, et pas de population source pour reconstituer les populations en déclin sur les îles. Donc cette hypothèse n’est vérifiable que pour ces dernières.
Ensuite, pour les autres hypothèses, Martin stipule que les humains (Clovis) ont colonisé l’Amérique du Nord il y a environ 11000 ans. Or récemment de nouvelles découvertes ont montré que l’Homme aurait pu être présent sur ces terres depuis plus longtemps (traces datant de 12000 ans) ce qui pourrait remettre en cause cette implication de la chasse par l’Homme dans les extinctions. Même en oubliant ce point, si les humains (Clovis) avaient causé l’extinction des 35 genres de mammifères cela aurait eu lieu à leur arrivée (-11000 ans). Or parmi les 35 genres évoqués, 12 seulement étaient encore présents après -12000 ans (ex : -18000 ans pour le lapin Atzlan). Ces extinctions auraient donc pu avoir lieu avant l’arrivée de l’Homme, ce qui contredit totalement la théorie.
Cette hypothèse a été formulée par Martin au moment où l’on commençait à parler de l’écologie et de notre comportement destructeur envers la vie sur Terre. Cette théorie exagérée de « l’overkill » a donc captivé l’imagination populaire et ceci reste toujours vrai aujourd’hui. De plus ce genre de théorie a de forts retentissements en politique mais n’est soutenue par aucune preuve.
Cependant ce qui est arrivé durant le Pléistocène demeure incertain et de nombreuses hypothèses ressortent notamment les changements climatiques de cette période qui sont connus pour avoir été particulièrement importants.
Ce que cette review apporte au débat :
Apporte des éléments contre l'impact unique de la chasse sur les extinctions de la fin du Pléistocène. Même si cette review ne nous apporte pas une réponse nette de ce qu'il s'est passé durant cette période elle permet néanmoins de relativiser l'impact de l'homme sur ces extinctions et met en avant certains points concernant les auteurs participant à ce débat (politique, etc...)
Un requiem pour l'overkill (surextermination) nord-américain
Résumé de la review :
En Amérique du Nord, la fin du Pléistocène est marquée par la disparition d’au moins 35 genres de grands mammifères dont 29 sont connus comme endémiques.
La théorie de « l’overkill » développée par Paul S. Martin dans les années 60 propose que la chasse par l’Homme soit la cause principale de l’extinction de ces grands mammifères (mammouths, rhinocéros laineux, etc...).
Néanmoins, cette théorie a été grandement critiquée, notamment puisque certaines données archéologiques, climatiques et paléontologiques semblent la réfuter.
Cette revue, rédigé par Grayson et Meltzer présente une critique de cette théorie, basée sur un ensemble de données récoltées par de nombreux autres scientifiques.
En Amérique du Nord, certains sites sont la preuve de la coexistence d’humains avec des espèces de mammifères éteintes. Certains humains se nourrissaient en effet de quelques uns de ces animaux occasionnellement. Des chercheurs ont ensuite déduit que les humains de cette période étaient spécialisés dans la chasse de gros mammifères. Cependant, il n’y a aucune évidence de cette spécialisation et certains scientifiques ont fait un lien trop précoce entre spécialisation sur des gros mammifères et extinctions de ces derniers lors de la fin du Pléistocène.
La théorie de « l’overkill » se découpe en 4 hypothèses principales :
Pour sa première hypothèse, Martin s’appuie sur les espèces insulaires. En effet, sur les îles il y a de nombreux exemples qui montrent que la colonisation par l’Homme est suivie par des phénomènes d’extinctions. Néanmoins, les origines de ces extinctions ne sont pas toujours connues : chasse, introduction d’espèces prédatrices/invasives/compétitrices et autres, mais pas seulement la chasse. D’autre part les espèces insulaires sont très vulnérables à l’extinction car les populations sont petites, confinées dans des petites aires, ont perdu des mécanismes comportementaux pour faire face à l’introduction de prédateurs/compétiteurs, et pas de population source pour reconstituer les populations en déclin sur les îles. Donc cette hypothèse n’est vérifiable que pour ces dernières.
Ensuite, pour les autres hypothèses, Martin stipule que les humains (Clovis) ont colonisé l’Amérique du Nord il y a environ 11000 ans. Or récemment de nouvelles découvertes ont montré que l’Homme aurait pu être présent sur ces terres depuis plus longtemps (traces datant de 12000 ans) ce qui pourrait remettre en cause cette implication de la chasse par l’Homme dans les extinctions. Même en oubliant ce point, si les humains (Clovis) avaient causé l’extinction des 35 genres de mammifères cela aurait eu lieu à leur arrivée (-11000 ans). Or parmi les 35 genres évoqués, 12 seulement étaient encore présents après -12000 ans (ex : -18000 ans pour le lapin Atzlan). Ces extinctions auraient donc pu avoir lieu avant l’arrivée de l’Homme, ce qui contredit totalement la théorie.
Cette hypothèse a été formulée par Martin au moment où l’on commençait à parler de l’écologie et de notre comportement destructeur envers la vie sur Terre. Cette théorie exagérée de « l’overkill » a donc captivé l’imagination populaire et ceci reste toujours vrai aujourd’hui. De plus ce genre de théorie a de forts retentissements en politique mais n’est soutenue par aucune preuve.
Cependant ce qui est arrivé durant le Pléistocène demeure incertain et de nombreuses hypothèses ressortent notamment les changements climatiques de cette période qui sont connus pour avoir été particulièrement importants.
Apporte des éléments contre l'impact unique de la chasse sur les extinctions de la fin du Pléistocène. Même si cette review ne nous apporte pas une réponse nette de ce qu'il s'est passé durant cette période elle permet néanmoins de relativiser l'impact de l'homme sur ces extinctions et met en avant certains points concernant les auteurs participant à ce débat (politique, etc...)
Dernière modification il y a plus de 5 ans.