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L'Homme plutôt que le climat en tant que cause principale de l'extinction de la mégafaune australienne au Pléistocène
Figure :
Figure supplémentaire numéro 3 de l'article :Humans rather than climate the primary cause of Pleistocene megafaunal extinction in Australia
Diagramme pollinique du prélèvement étudié montrant les concentrations des 12 types principaux de pollen, de particules de charbon de bois et des spores de Sporormiella en pourcentages de la somme de pollen. Le ratio des groupes de taxons en fonction de leur appartenance à trois groupe est aussi représenté. La zonation du diagramme est basée sur un cladogramme stratigraphiquement contraints réalisé grâce à la méthode CONISS en utilisant les 12 principaux types de pollen.
La ligne verte indique un changement majeur de composition végétale vers ~70 milliers d'années (ka), la ligne bleue l'arrivée des humains vers 47 ka et la ligne rouge l'extinction régionale de la mégafaune entre 45 et 43,1 ka, indiquée par la courbe de Sporormiella.
Introduction à l'article :
Les causes principalement avancées pour le déclin de la mégafaune sont des fluctuations climatiques ou des pressions anthropiques. Néanmoins, afin de trancher entre ces causes, l'étude de relevés comprenant des représentations fiables à l'échelle régionales d'indices de pressions anthropiques, d'un déclin de la mégafaune et de changements environnementaux est nécessaire.
La question de la cause principale de ces extinctions est d'autant plus important en Australie que 85% de la mégafaune s'est éteinte dans une période proche de la colonisation du continent par des humains, il y a environ 50 000 ans. La difficulté principale pour l'étude de cet évènement vient du fait que la majorité des données présentant des caractéristiques adéquates pour répondre à cette question sont représentatifs d'évènements locaux et non pas régionaux.
Cette étude utilise donc une approche alternative en analysant un gisement de sédiments marins permettant une représentation des évènements régionaux.
Expériences de l'article :
Les variables environnementales étudiées ont été prises en compte via une analyse palynologique du gisement. Ces variables sont :
les régimes de feu, approximés par la proportion relative en charbons de bois
la biomasse de grands herbivores, approximée par la proportion relative de spores du genre Sporormiella
la composition végétale, approximée par la proportion relative de pollen dans le gisement.
La reconstruction de la correspondance entre profondeur des sédiment et chronologie a été principalement établie à l'aide d'un modèle bayésien prenant en compte les mesures de delta18O sur des coquilles de Globigerinoides ruber, l'a priori provenant d'autres relevés provenant de stations proches. Cette chronologie a aussi été complétée par des datations au 14C. Afin de déterminer les différents changements d'assemblage, les différentes couches stratigraphiques ont été regroupées via une méthode d'assemblage.
Résultats de l'article :
Cette étude met en évidence divers changements majeurs dans les couches sédimentaires étudiées. Le changement le plus important correspondant à une diminution de la concentration en charbon de bois vers -70 000 ans, coïncidant avec une diminution importante de la proportion relative en pollen de Myrtaceae, renvoyant à une dominance d'espèces du genre Eucalyptus. Ce changement correspond à un renouvellement de composition végétale allant de forêts d'Eucalyptus vers des environnements plus ouverts composés plutôt de Chenopodiaceae et d'Asteraceae. Ce changement a eu lieu avant l'extinction massive de la mégafaune, ayant eu lieu vers -45 000 ans d'après les variations de proportion relative de Sporormiella, soit 2000 ans après l'installation des humains. Les changements de communautés végétales ne coïncident donc pas avec l'extinction de la mégafaune.
Rigueur de l'article :
Quelques doutes concernant la façon dont certaines approches statistiques ont été utilisées.
La délimitation des groupes via le dendrogramme n'est pas homogène pour toutes les périodes considérées, occultant certains changements autour de l'extinction de la mégafaune, notamment un changement net de la composition végétale au moment des extinctions. Cela pourrait être dû à la différence d'effort d'échantillonnage ? (Figure supplémentaire)
L'évaluation de l'impact entre variables environnementales et biomasse de grands mammifères n'est pas claire, elle semble réalisée de manière arbitraire sans prendre en compte la totalité de la période étudiée. Pourquoi ne pas faire un test de corrélation entre les variables étudiées ?
Évocation de changements globaux non pris directement en compte.
Aucun test sur l'effet de l'arrivé des Hommes, seulement un test sur les variables environnementales. Donc pas de confirmation que les activités humaines sont la cause de ces extinctions.
Ce que cet article apporte au débat :
Il semblerai que l'extinction de la mégafaune dans la région étudiée ne soit pas due à des changements de communautés végétale ou de régimes de feu.
Remarques sur l'article :
Les conclusions cet article ne m'ont pas convaincu. En effet, le manque de clarté au niveau des choix statistique réalisés laisse une forte impression de "poussières sous le tapis". Pourquoi ne pas délimiter de la même façon les périodes sédimentaires étudiées sur tout le prélèvement ? La conclusion qu'un changement de régime de feu ou que la modification la plus importante d'organisation des communautés végétales survenues durant la période étudiée n'est pas à l'origine de l'extinction de la mégafaune dans la région étudiée est claire et justifiée. Néanmoins, il ne me semble pas clair que d'autres changements de communauté végétale n'aient pas eu lieu en même temps que l'extinction de la mégafaune. D'autant plus que la figure présentant la façon dont le découpage de la période étudiée a été fait ne se retrouve que dans le matériel supplémentaires de l'article alors qu'elle parait importante pour comprendre la méthode utilisée.
L'Homme plutôt que le climat en tant que cause principale de l'extinction de la mégafaune australienne au Pléistocène
Figure supplémentaire numéro 3 de l'article :Humans rather than climate the primary cause of Pleistocene megafaunal extinction in Australia
Diagramme pollinique du prélèvement étudié montrant les concentrations des 12 types principaux de pollen, de particules de charbon de bois et des spores de Sporormiella en pourcentages de la somme de pollen. Le ratio des groupes de taxons en fonction de leur appartenance à trois groupe est aussi représenté. La zonation du diagramme est basée sur un cladogramme stratigraphiquement contraints réalisé grâce à la méthode CONISS en utilisant les 12 principaux types de pollen.
La ligne verte indique un changement majeur de composition végétale vers ~70 milliers d'années (ka), la ligne bleue l'arrivée des humains vers 47 ka et la ligne rouge l'extinction régionale de la mégafaune entre 45 et 43,1 ka, indiquée par la courbe de Sporormiella.
Les causes principalement avancées pour le déclin de la mégafaune sont des fluctuations climatiques ou des pressions anthropiques. Néanmoins, afin de trancher entre ces causes, l'étude de relevés comprenant des représentations fiables à l'échelle régionales d'indices de pressions anthropiques, d'un déclin de la mégafaune et de changements environnementaux est nécessaire.
La question de la cause principale de ces extinctions est d'autant plus important en Australie que 85% de la mégafaune s'est éteinte dans une période proche de la colonisation du continent par des humains, il y a environ 50 000 ans. La difficulté principale pour l'étude de cet évènement vient du fait que la majorité des données présentant des caractéristiques adéquates pour répondre à cette question sont représentatifs d'évènements locaux et non pas régionaux.
Cette étude utilise donc une approche alternative en analysant un gisement de sédiments marins permettant une représentation des évènements régionaux.
Les variables environnementales étudiées ont été prises en compte via une analyse palynologique du gisement. Ces variables sont :
Cette étude met en évidence divers changements majeurs dans les couches sédimentaires étudiées. Le changement le plus important correspondant à une diminution de la concentration en charbon de bois vers -70 000 ans, coïncidant avec une diminution importante de la proportion relative en pollen de Myrtaceae, renvoyant à une dominance d'espèces du genre Eucalyptus. Ce changement correspond à un renouvellement de composition végétale allant de forêts d'Eucalyptus vers des environnements plus ouverts composés plutôt de Chenopodiaceae et d'Asteraceae. Ce changement a eu lieu avant l'extinction massive de la mégafaune, ayant eu lieu vers -45 000 ans d'après les variations de proportion relative de Sporormiella, soit 2000 ans après l'installation des humains. Les changements de communautés végétales ne coïncident donc pas avec l'extinction de la mégafaune.
Quelques doutes concernant la façon dont certaines approches statistiques ont été utilisées.
Il semblerai que l'extinction de la mégafaune dans la région étudiée ne soit pas due à des changements de communautés végétale ou de régimes de feu.
Les conclusions cet article ne m'ont pas convaincu. En effet, le manque de clarté au niveau des choix statistique réalisés laisse une forte impression de "poussières sous le tapis". Pourquoi ne pas délimiter de la même façon les périodes sédimentaires étudiées sur tout le prélèvement ? La conclusion qu'un changement de régime de feu ou que la modification la plus importante d'organisation des communautés végétales survenues durant la période étudiée n'est pas à l'origine de l'extinction de la mégafaune dans la région étudiée est claire et justifiée. Néanmoins, il ne me semble pas clair que d'autres changements de communauté végétale n'aient pas eu lieu en même temps que l'extinction de la mégafaune. D'autant plus que la figure présentant la façon dont le découpage de la période étudiée a été fait ne se retrouve que dans le matériel supplémentaires de l'article alors qu'elle parait importante pour comprendre la méthode utilisée.
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