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Titre de la review :

Conséquences biologiques de Tchernobyl, 20 ans après la catastrophe.


Résumé de la review :

20 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, il y a toujours des désaccords entre les agences gouvernementales, les professionnels de la santé et les scientifiques sur les effets de faibles doses de produits radioactifs sur le long terme. On parle notamment d’une augmentation du nombre de mammifères dans la zone, qui pourrait souligner un rebond de l’écosystème. Ici, les auteurs discutent les effets du désastre sur les populations sauvages de plantes et d’animaux.

Les auteurs rappellent brièvement que les composés présent dans la zone d’exclusion sont principalement du Plutonium 239 , du Césium 137 et du Strontium 90 ayant des demi-vies respectives de 24 000 , 30 et 29 ans.
Une des premières observations est la réduction de la quantité d’antioxydants, tel que les vitamines A et E ou encore les caroténoïdes. Ces antioxydants, en plus de protéger des dégâts causés par les radicaux libre, sont importants pour les fonctions immunitaires. Il a ainsi été montrer des manques de plusieurs types de leucocytes chez l’hirondelle rustique (Hirundo rustica), suggérant une réponse immunitaire moins efficace.

En ce qui concerne les effets sur les mutations, 33 études ont été prises en comptes dans cette review. 25 des ces études ont montré une augmentation de mutations ou d’anormalités cytogénétiques. Certaines montrent une augmentation du taux de mutations à certains locus, mais pas à d’autres. Seulement 4 de ces études ont porté sur les mutations germinales, trouvant toutes une augmentation significative du taux de mutations. Les auteurs précisent également que la plupart des ces études se sont basées sur de faibles échantillons, ce qui donne des résultats soutenus par des puissances statistiques faibles.

Les conséquences de ces taux de mutation élevés sur la valeur sélective des individus restent largement inconnues.

Il y a eu très peu d’études sur les conséquences écologiques de ce désastre. On peut néanmoins citer les études sur les hirondelles rustiques, montrant des effets sur la période de reproduction, la taille des pontes et le succès d’éclosion des œufs, ainsi que sur la survie plus faible des adultes.

Rigueur de la review :

Cette review est très rigoureuse, se basant sur plusieurs études, montrant leurs faiblesses quand elles existent, et montrant l’ensemble des conséquences observées. Néanmoins on notera dans cette analyse que les exemples les mieux documentés sont ceux sur l’hirondelle rustique, soulignant un manque d’informations (volontaire ou non) sur d’autres groupes animaux ou végétaux.

Ce que cette review apporte au débat :

Cette review apporte des éléments importants à la compréhension de la controverse, montrant que les effets de l’exposition à des radiations peuvent être multiples, bien qu’en majorité délétères. On notera les effets sur le taux de mutations ainsi que les conséquences immunologiques, qui semblent assez bien connus.

Remarques sur la review :

Cette review contient énormément d’informations et de définitions sur les expositions aux radiations, les voies d’expositions aux radionucléides et leurs conséquences, ou encore sur les problématiques liées au fait de traiter un évènement catastrophique ( l’étude datant de 2006, il n’y avait pas eu la catastrophe de Fukushima, permettant une potentielle réplication). Ces éléments ne sont pas détaillés dans cette analyse.

Publiée il y a plus de 5 ans par C. Diblasi et M.Sidous.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.