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Conséquences des accidents nucléaires pour la biodiversité et les services écosystémiques
Résumé de la review :
521 études s'intéressant aux impacts de l'incident de Tchernobyl sont revues. Les patrons spatio-temporels documentés des effets de la catastrophe de Tchernobyl sont dans un premier temps résumés, puis l'implication pour les services écosystèmiques est discutée en se servant de conclusion tirées après ce même incident.
Conséquences ou impacts sur les espèces :
Les auteurs soulignent qu'il est nécessaire d'avoir des mesures de radioactivité mesurées sur le terrain car l'extrapolation de cartes des retombées radioactives à partir de modèles peut être faussée par certaines conditions sur le terrain. Les articles s'intéressant à l'exposition aux hautes doses de radioactivité ont détecté une augmentation des mutations létales chez les plantes, des changements de structure génétique et une diminution de l'abondance de certains taxons (micromammifères, insectes..). Des changements physiologiques et comportementaux (qui peuvent être des changements induits à long termes ou définitifs) sont également observés, pouvant déstabiliser un écosystème. Enfin il semble y avoir peu de connaissances sur les expositions à des faibles doses, mais certaines études suggèrent quand même une sensibilisation des systèmes immunitaire et reproducteur et un effet sur les taux de mutation.
Réseaux trophiques et impacts sur les écosystèmes
La bioaccumulation à travers un réseau trophique a également des impacts au niveaux de l'écosystème puisqu'elle exacerbe l'exposition à des taux de radiations élevés et augmente les chances de modifications physiologiques ou morphologiques. Mais un autre impact de l'incident de Tchernobyl sur les écosystèmes fut le retrait des populations humaines dans la zone d'exclusion qui a permis à la végétation de prospérer dans les zones urbaines, menant à l'augmentation de nombreuses espèces naturelles, notamment certaines espèces rares d'oiseaux.
Conséquences pour les services écosystémiques
L'eau et les sols pollués rendant les denrées alimentaires impropres à la consommation humaine, la quantité de services écosystémiques fournis par la zone d'exclusion de Tchernobyl a globalement été réduite. Mais une fois de plus, dû au retrait des populations humaines après l'incident, certains services écosystémiques ont augmenté après l'incident comme la séquestration de carbone probablement permise par le retour d'une végétation (mais peu d'études ont été menées sur les services écosystémiques qui ne nourrissent pas les humains)
Désastres nucléaires et mesures de conservation
Après un incident nucléaire, les décontaminations d'un site sont souvent infaisables, et les mesures concernant la santé des humains sont prioritaires. De plus on manque de connaissances scientifiques fortes pour estimer et mitiger clairement les effets d'incidents nucléaires sur les écosystèmes et la biodiversité en général. Les effets de catastrophes nucléaires sont spatialement et temporellement hétérogènes, ce qui rend difficile une définition générale de ce qui constitue des mesures appropriées. Par exemple il a à la fois été documenté des augmentations et des réductions des populations naturelles après l'incident de Tchernobyl, ce qui porte à des débats sur de possibles effets indirects positifs de la réduction des pressions anthropiques qui pourraient être plus importants que les effets directs plus délétères.
*Implication pour les mesures et les débats publiques *
Les auteurs soulignent le fait que la zone de Tchernobyl était très peu étudiée avant l'incident et donc qu'il y toujours une incertitude autour des conclusions qu'on peut tirer.
De même il est nécessaire de prendre en compte le fait qu'il peut y avoir des conséquences sur de grandes échelles spatiotemporelles : plus d'études sur les effets à long terme de faible doses sont requises. Il y a peu d'études sur les conséquences au niveau des communautés et des interactions écologiques alors que des études portant sur des populations de prédateurs ont montré que ces effets pouvaient être importants.
Rigueur de la review :
Si les auteurs mettent en garde quand à la méthode pour estimer les doses de radioactivités (les mesures doivent être faites sur le terrain plutôt que d'utiliser des cartes d'extrapolation), on a peu d'informations sur ce qui est considéré comme une forte ou une faible dose dans cet article. Ainsi, les différentes études qu'ils utilisent peuvent avoir des conclusions sur un effet de l'exposition à de faibles/hautes doses puisque les transitions d'un indice à l'autre sont parfois confuses.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review donne une nouvelle vision neutre du débat. Bien que les études ont tendance à supporter des effets néfastes de l'exposition à des faibles doses de radioactivité, d'autres montrent une augmentation de l'abondance totale et de l'abondance de certaines espèces. Des effets délétères de la radioactivité pourraient donc être compensés par les bénéfices que cette faible dose de radioactivité engendre en réduisant les pressions anthropiques.
Le fait que des changements provoqués par l'exposition aux hautes doses de radiations immédiatement après l'incident peuvent avoir des répercussions à longs termes qui ne sont pas à confondre avec celles de l'exposition à de faibles doses qui a suivi est évoqué.
Elle montre bien que c'est dans les niveaux élevés de la biodiversité (communauté, écosystème, population) qu'il peut y avoir un débat sur les conséquences de l'exposition chronique à de faible dose de radioactivité, et qu'aux les échelles plus réduites un tel effet est plus consensuel.
Remarques sur la review :
Mets en évidence qu'il y a un bien plus d'étude pour certains groupes taxonomiques et certains environnements (marins délaissés). Donc importement d'inclure cela dans notre controverse. Dit aussi qu'il est important d'avoir plusieurs échelles intégratives comme nous voulons le faire.
Il est à noter que les éléments radioactifs impliqués dans l'incident de Fukushima et leurs demi-vies (31 ans pour le Cesium-137; 29 ans pour le Strontium-90; et 8 jours pour l'Iodine-131) sont mentionnés, ce qui peut être pratique pour mieux comprendre le débat notamment pour montrer qu'ils ont une faible demi-vie.
Conséquences des accidents nucléaires pour la biodiversité et les services écosystémiques
Résumé de la review :
521 études s'intéressant aux impacts de l'incident de Tchernobyl sont revues. Les patrons spatio-temporels documentés des effets de la catastrophe de Tchernobyl sont dans un premier temps résumés, puis l'implication pour les services écosystèmiques est discutée en se servant de conclusion tirées après ce même incident.
Conséquences ou impacts sur les espèces :
Les auteurs soulignent qu'il est nécessaire d'avoir des mesures de radioactivité mesurées sur le terrain car l'extrapolation de cartes des retombées radioactives à partir de modèles peut être faussée par certaines conditions sur le terrain. Les articles s'intéressant à l'exposition aux hautes doses de radioactivité ont détecté une augmentation des mutations létales chez les plantes, des changements de structure génétique et une diminution de l'abondance de certains taxons (micromammifères, insectes..). Des changements physiologiques et comportementaux (qui peuvent être des changements induits à long termes ou définitifs) sont également observés, pouvant déstabiliser un écosystème. Enfin il semble y avoir peu de connaissances sur les expositions à des faibles doses, mais certaines études suggèrent quand même une sensibilisation des systèmes immunitaire et reproducteur et un effet sur les taux de mutation.
Réseaux trophiques et impacts sur les écosystèmes
La bioaccumulation à travers un réseau trophique a également des impacts au niveaux de l'écosystème puisqu'elle exacerbe l'exposition à des taux de radiations élevés et augmente les chances de modifications physiologiques ou morphologiques. Mais un autre impact de l'incident de Tchernobyl sur les écosystèmes fut le retrait des populations humaines dans la zone d'exclusion qui a permis à la végétation de prospérer dans les zones urbaines, menant à l'augmentation de nombreuses espèces naturelles, notamment certaines espèces rares d'oiseaux.
Conséquences pour les services écosystémiques
L'eau et les sols pollués rendant les denrées alimentaires impropres à la consommation humaine, la quantité de services écosystémiques fournis par la zone d'exclusion de Tchernobyl a globalement été réduite. Mais une fois de plus, dû au retrait des populations humaines après l'incident, certains services écosystémiques ont augmenté après l'incident comme la séquestration de carbone probablement permise par le retour d'une végétation (mais peu d'études ont été menées sur les services écosystémiques qui ne nourrissent pas les humains)
Désastres nucléaires et mesures de conservation
Après un incident nucléaire, les décontaminations d'un site sont souvent infaisables, et les mesures concernant la santé des humains sont prioritaires. De plus on manque de connaissances scientifiques fortes pour estimer et mitiger clairement les effets d'incidents nucléaires sur les écosystèmes et la biodiversité en général. Les effets de catastrophes nucléaires sont spatialement et temporellement hétérogènes, ce qui rend difficile une définition générale de ce qui constitue des mesures appropriées. Par exemple il a à la fois été documenté des augmentations et des réductions des populations naturelles après l'incident de Tchernobyl, ce qui porte à des débats sur de possibles effets indirects positifs de la réduction des pressions anthropiques qui pourraient être plus importants que les effets directs plus délétères.
*Implication pour les mesures et les débats publiques *
Les auteurs soulignent le fait que la zone de Tchernobyl était très peu étudiée avant l'incident et donc qu'il y toujours une incertitude autour des conclusions qu'on peut tirer.
De même il est nécessaire de prendre en compte le fait qu'il peut y avoir des conséquences sur de grandes échelles spatiotemporelles : plus d'études sur les effets à long terme de faible doses sont requises. Il y a peu d'études sur les conséquences au niveau des communautés et des interactions écologiques alors que des études portant sur des populations de prédateurs ont montré que ces effets pouvaient être importants.
Si les auteurs mettent en garde quand à la méthode pour estimer les doses de radioactivités (les mesures doivent être faites sur le terrain plutôt que d'utiliser des cartes d'extrapolation), on a peu d'informations sur ce qui est considéré comme une forte ou une faible dose dans cet article. Ainsi, les différentes études qu'ils utilisent peuvent avoir des conclusions sur un effet de l'exposition à de faibles/hautes doses puisque les transitions d'un indice à l'autre sont parfois confuses.
Cette review donne une nouvelle vision neutre du débat. Bien que les études ont tendance à supporter des effets néfastes de l'exposition à des faibles doses de radioactivité, d'autres montrent une augmentation de l'abondance totale et de l'abondance de certaines espèces. Des effets délétères de la radioactivité pourraient donc être compensés par les bénéfices que cette faible dose de radioactivité engendre en réduisant les pressions anthropiques.
Le fait que des changements provoqués par l'exposition aux hautes doses de radiations immédiatement après l'incident peuvent avoir des répercussions à longs termes qui ne sont pas à confondre avec celles de l'exposition à de faibles doses qui a suivi est évoqué.
Elle montre bien que c'est dans les niveaux élevés de la biodiversité (communauté, écosystème, population) qu'il peut y avoir un débat sur les conséquences de l'exposition chronique à de faible dose de radioactivité, et qu'aux les échelles plus réduites un tel effet est plus consensuel.
Mets en évidence qu'il y a un bien plus d'étude pour certains groupes taxonomiques et certains environnements (marins délaissés). Donc importement d'inclure cela dans notre controverse. Dit aussi qu'il est important d'avoir plusieurs échelles intégratives comme nous voulons le faire.
Il est à noter que les éléments radioactifs impliqués dans l'incident de Fukushima et leurs demi-vies (31 ans pour le Cesium-137; 29 ans pour le Strontium-90; et 8 jours pour l'Iodine-131) sont mentionnés, ce qui peut être pratique pour mieux comprendre le débat notamment pour montrer qu'ils ont une faible demi-vie.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.