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Titre de l'article :

Les champs magnétiques et électromagnétiques d'origine anthropique sont-ils des menaces potentielles pour les premiers stades de la vie des poissons ?


Figure :

Fig. 4. Courbe de survie cumulative en pourcentage pour la truite arc-en-ciel, Oncorhynchus mykiss, des oeufs et des larves soumis pendant 36 jours à un champ magnétique statique (MF) de 10 mT (A) et à un champ électromagnétique (EMF) de 1 mT (B). Le temps écoulé entre le début et la fin des premiers stades du cycle de vie est indiqué par des lignes parallèles à l'axe des ordonnées (solides pour les conditions expérimentales et brisées pour le contrôle). La flèche indique le moment où 50 % des œufs ont éclos (même chose pour les conditions expérimentales et les contrôles en MF et en EMF).

Are magnetic and electromagnetic fields of anthropogenic origin potential threats to early life stages of fish?

Introduction à l'article :

Contexte : De nombreux articles scientifiques mettent en évidence une réponse d'embryons et de larves de poissons aux champs magnétiques anthropiques, concernant leur mouvement, la perméabilité des œufs, le comportement des mélanophores et des processus physiologiques tels que le rythme cardiaque, la respiration embryonnaire et les mouvements respiratoires des larves.

Problématique : Malgré toutes ces données, il manque encore des informations sur l'effet des champs magnétiques sur des facteurs clefs qui déterminent le succès des jeunes d'une espèce donnée aux premiers stades de leur vie. C'est pourquoi, l'étude se penche sur des facteurs tels que la temporalité des différentes étapes de transition chez les jeunes individus, le taux de croissance des larves et des embryons, et le taux d'absorption du sac vitellin.

Expériences de l'article :

Deux populations d'embryons et de larves de truites arc-en-ciel (O. mykiss) ont été exposées séparément à un champ magnétique de 10mT et à un champ électromagnétique de 50Hz de 1mT pour une période 36 jours. Les résultats obtenus ont ensuite été comparés à un groupe contrôle.

Résultats de l'article :

Aucun effet significatif du champ magnétique et du champ électromagnétique sur les larves et embryons n'a été noté quant à la mortalité, le temps d’éclosion, la croissance des larves et le temps que mettent les larves à nager depuis le fond par rapport au groupe contrôle.

Il y a tout de même un effet significatif sur le taux d'absorption du sac vitellin, qui augmente avec l'exposition aux champs magnétiques et électromagnétiques.

Rigueur de l'article :

On peut reprocher à l'article de n'avoir testé qu'une exposition à une intensité très élevée de champs magnétique . La synthèse publiée par Carlier et al. (2019) considérait déjà que cette intensité d'exposition était largement plus importante que celle induite par la présence des câbles sous-marins. De plus, lors des tests, le champ électromagnétique induisait la présence d'un champ électrique alors que ce dernier est contenu par les gaines métalliques isolantes. Ces dernières empêchent donc la diffusion d'un tel champ (Carlier et al., 2019). Cependant, le choix de ces valeurs est justifié par les auteurs en indiquant qu'ils ont choisi les valeurs maximales existantes.

Ce que cet article apporte au débat :

De nouvelles observations sur comment les champs électromagnétiques peuvent impacter les faunes avoisinantes sont apportées, notamment à propos des stades embryonnaires et larvaires de poissons dont les premiers stades de vies sont proches du fond, en étudiant des facteurs peu abordés dans la littérature précisant comment les champs magnétiques peuvent impacter le succès de ces espèces et à quel(s) stade(s) de leur vie.

Ainsi l'article montre que les champs magnétiques et électromagnétique n'ont d'impacts - parmi les facteurs testés - que sur le taux d'absorption du sac vitellin qui est plus rapide. Cela pourrait avoir un impact négatif sur la survie des jeunes sur le long terme, car si ils absorbent plus rapidement leur sac vitellin ils n'auront plus accès à cette réserve plus tard, durant leur développement.

Publiée il y a plus de 5 ans par J.M. Breton et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.