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Titre de la review :

Durabilité des bioplastiques : opportunités et défis.


Figure :

Dégradabilité des polymères et capacité de renouvellement des matières premières de différents polymères. Reproduit de Zhang et al. (Catalysis as an enabling science for sustainable polymers, 2018).

Résumé de la review :

Cette review questionne la durabilité des bioplastiques au regard de leur dégradation et développe davantage les enjeux liés au recyclage que les précédentes [1] [2].

Elle propose également un historique de l'utilisation du plastique :

  • Dans les années 1940, les plastiques synthétiques se sont répandus dans la société grâce à leurs propriétés exceptionnelles (robustesse, transparence, flexibilité et durabilité) qui, couplées à leur faible coût, leur ont permis de remplacer progressivement les matériaux utilisés jusqu'alors (papier, verre, métal).
  • En 2015, la production de plastiques produits à partir de pétrole atteignait 300 millions de tonnes et 34 millions de tonnes de déchets plastiques sont produits par an, dont 93% sont rejetés dans les océans et les décharges.
  • En 2014, 1,7 millions de tonnes de bioplastiques ont été produits dans le monde. Ce chiffre devrait atteindre 6,2 millions de tonnes en 2018.

La dégradation du plastique issu de la pétrochimie est comparée à celle des bioplastiques :

  • Pétro-plastiques : dégradation difficile et longue qui émet de grandes quantités de CO2 et de nombreux autres composés toxiques (ex : brûler 1 kg de plastique entraine le rejet de 2,8 kg de CO2)
  • Bioplastiques : produits à partir de ressources renouvelables, ils sont dégradés par des microorganismes naturels tels que les bactéries, les algues et les champignons. Leur dégradation dépend des conditions environnementales (température, humidité, oxygène, pH, etc) et de la chimie du polymère. Elle entraine une très faible émission de CO2.

L'article développe dans le détail les facteurs affectant la dégradation des bioplastiques, et y ajoute différents schémas.

Les auteurs mettent en exergue l'un des principaux inconvénients des bioplastiques : leur coût reste plus élevé. Ils appuient sur l'importance de la communication avec les entreprises et les marchés pour mieux intégrer les bioplastiques dans les problématiques de demain, notamment environnementales, mais également sanitaires. En effet, dans le cadre de la mondialisation, les bioplastiques doivent pouvoir être durables tout en étant dégradables pour ne pas être néfastes pour l'environnement mais également conserver leur rôle de conservation dans le contexte agroalimentaire où leur utilisation est majoritaire pour le moment. Les recherches doivent également être poursuivies pour permettre une meilleure dégradation, quelles que soient les conditions environnementales.

Ce que cette review apporte au débat :

La review permet de mieux comprendre les enjeux liés à la dégradation des bioplastiques.
Et notamment l'importance des facteurs environnementaux pour assurer une dégradation efficace.
Certains bioplastiques peuvent se dégrader en quelques dizaines de jours si les bonnes conditions sont réunies (ex : acide poly lactique dégradé à 90% en 55-60 jours par des bactéries du sol en conditions humides), alors qu'après une centaine de jours d'autres sont à peine atteint (ex : poly(butylène succinate) dégradé à 2 % après 100 jours d'exposition à des bactéries en conditions anaérobies).

Remarques sur la review :

La review contient plus de références que les reviews précédemment étudiées [2][1]. Elle parait plus objective en ce qu'elle ne nie pas les limites induites par les bioplastiques, comme le coût plus élevé, ou les différents facteurs pouvant influer sur la dégradation de ceux-ci.

Publiée il y a plus de 5 ans par G. Deconninck et M. Kervellec.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.