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Augmentation globale de l'incidence des cancers : le rôle d'une sélection naturelle amoindrie
Figure :
Relation entre l'index Is et l'incidence de tout type de cancers, indépendamment de l'âge et pour chaque pays analysés.
R²= 0,5435
Incidence: Nb de cas diagnostiqués sur 100.000 personnes (Ordonnée)
Is: Plus cet index est proche de 0, moins la population est soumise à une sélection naturelle (Abscisse)
Introduction à l'article :
Aujourd'hui, on observe une augmentation de l'incidence des cancers de façon globale, faisant de ceux-ci la 2eme cause de mortalité mondiale. Liés à des facteurs environnementaux, les cancers sont également liés à des mutations génétiques qui lorsqu'elles sont héritables, augmentent leur incidence au niveau populationnel.
Les mutations sont un phénomène commun et leur accumulation dépend du taux de mutations et du taux de sélection. Or, avec les progrès médicaux et l'amélioration de la santé publique, les populations humaines modernes sont moins soumises à la sélection naturelle. L'hypothèse des auteurs est que la diminution de la sélection naturelle serait responsable de l'augmentation de l'incidence des cancers en entrainant une accumulation des mutations.
Pour tester cela, les auteurs ont déterminé la corrélation entre l'incidence de différents cancers et un index mathématique appelé Is, relatif à " l'opportunité de sélection " de différentes populations issues de différents pays.
Expériences de l'article :
Les différentes données utilisées, telles que le taux d'incidence des cancers ou le niveau de mortalité/natalité, ont été obtenues à l'aide de publications d'organismes mondiaux entre 2008 et 2016, dont la Banque mondiale et l'Organisation Mondiale de la Santé. Ces données représentent 184 pays différents.
Afin de déterminer l'impact de la sélection naturelle sur chaque population, l'étude se base sur l'index Is. Basé sur d'autres index prenants en compte la mortalité et la natalité, ce dernier permet de définir l'opportunité de sélection naturelle sur des individus d'une population, en prenant en compte l'ensemble des causes de mortalités. Cet index permet une approximation du maximum de pression de sélection appliquée à une population.
La corrélation entre l'Is, le taux d'incidence des cancers et les différents facteurs environnementaux a été déterminée à l'aide de différents tests statistiques : tests non paramétrique de Pearson, Spearman, tout comme des régressions linéaires.
Résultats de l'article :
Indépendamment de l'âge, du pays et du type de cancer, les auteurs ont pu mettre en avant une corrélation forte (R²= 0,5435, p<0,01 (Pearson)) et négative entre l'Is et l'incidence des cancers : plus l'Is est faible, plus l'incidence des cancers est importante, suggérant alors que la diminution de sélection naturelle semble être liée à l'accumulation des mutations conduisant à l'augmentation du nombre de cancers. De plus, cette corrélation est maintenue lors du contrôle de potentiels effets des variables confondantes, c'est à dire les facteurs environnementaux tels que l'obésité, la pollution ou la cigarette. Ce dernier constat suggère que l'Is est bien liée à l'incidence des cancers, indépendamment des facteurs environnementaux.
Un autre résultat important démontré par les auteurs est que cette corrélation est plus ou moins forte en fonction des populations : elle est plus importante dans les pays développés et moins importante dans les pays moins développés.
Rigueur de l'article :
Cet article appartient à un travail plus large, que ce soit sur l'élaboration des formules statistiques que sur l'application de celles-ci. Ainsi, les auteurs citent plusieurs fois leurs propres travaux comme référence, ce qui est critiquable : leurs références et outils sont les leurs. Les index choisis sont issus de la littérature (Fisher, Crow) mais ont été adaptés par les auteurs afin de répondre à leur question biologique.
Néanmoins, nous pouvons penser que les auteurs ont permis à leur analyse statistique de prendre en compte plus de variables afin de diminuer les biais pour l'interprétation. Toutefois, les auteurs citent un biais d'interprétation de leur index Is: ce dernier ne prends pas en compte l'héritabilité de la mortalité, ce qui fait qu'il peut surestimer la probabilité d'une sélection naturelle.
Néanmoins, différents tests statistiques sont utilisés afin de justifier la robustesse des résultats obtenus et pas seulement une régression linéaire.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article prend le partit que la sélection naturelle est amoindrie par l'amélioration des systèmes de santé. Dans cette optique, les auteurs tentent de mettre en avant que cela a une conséquence génétique sur l'Humanité via l'augmentation des mutations ; argument faisant écho aux arguments dégénératifs contre la sélection naturelle.
De plus, ils semblent prouver qu'il existe une corrélation entre des variables démographiques (mortalité, natalité) -qu'ils considèrent comme un indice de la sélection naturelle-, et l'accumulation de mutations conduisant à des cancers.
Nous avons donc choisi cet article car il permet effectivement de justifier le fait que la technologie et les progrès de l'humanité influencent bien négativement l'impact de la sélection naturelle sur les caractères de survie. Ce résultat semble en effet suggérer que plus une société est médicalement avancée, moins elle est soumise à cette dernière, ce qui pourrait d'ailleurs conduire à des effets néfastes.
Remarques sur l'article :
Les auteurs ont décidé de ne pas prendre en compte la fertilité comme pression de sélection (ou caractère héritable) liée à la sélection naturelle. En effet, selon eux, la variance de la fertilité étant très faible, la sélection naturelle a très peu d'effet sur ce trait. De plus, ils considèrent que certains arguments tels que le contrôle des naissances rendent les différentiels héritables de fertilité obsolètes dans la fitness de l'Homme (arguments prométhéens contre la sélection naturelle). L'index utilisé est donc spécifiquement basé sur les pressions de sélections liées à la mortalité. Les auteurs justifient cette adaptation d'interprétation par le fait qu'ils analysent des populations humaines modernes. Ainsi, si cette étude était basé sur des populations beaucoup plus ancienne, il faudrait prendre ce caractère en compte. Cette analyse image une fois de plus les modifications évolutives appliquées à l'Homme suite à ces avancés technologiques.
Augmentation globale de l'incidence des cancers : le rôle d'une sélection naturelle amoindrie
Relation entre l'index Is et l'incidence de tout type de cancers, indépendamment de l'âge et pour chaque pays analysés.
R²= 0,5435
Incidence: Nb de cas diagnostiqués sur 100.000 personnes (Ordonnée)
Is: Plus cet index est proche de 0, moins la population est soumise à une sélection naturelle (Abscisse)
Aujourd'hui, on observe une augmentation de l'incidence des cancers de façon globale, faisant de ceux-ci la 2eme cause de mortalité mondiale. Liés à des facteurs environnementaux, les cancers sont également liés à des mutations génétiques qui lorsqu'elles sont héritables, augmentent leur incidence au niveau populationnel.
Les mutations sont un phénomène commun et leur accumulation dépend du taux de mutations et du taux de sélection. Or, avec les progrès médicaux et l'amélioration de la santé publique, les populations humaines modernes sont moins soumises à la sélection naturelle. L'hypothèse des auteurs est que la diminution de la sélection naturelle serait responsable de l'augmentation de l'incidence des cancers en entrainant une accumulation des mutations.
Pour tester cela, les auteurs ont déterminé la corrélation entre l'incidence de différents cancers et un index mathématique appelé Is, relatif à " l'opportunité de sélection " de différentes populations issues de différents pays.
Les différentes données utilisées, telles que le taux d'incidence des cancers ou le niveau de mortalité/natalité, ont été obtenues à l'aide de publications d'organismes mondiaux entre 2008 et 2016, dont la Banque mondiale et l'Organisation Mondiale de la Santé. Ces données représentent 184 pays différents.
Afin de déterminer l'impact de la sélection naturelle sur chaque population, l'étude se base sur l'index Is. Basé sur d'autres index prenants en compte la mortalité et la natalité, ce dernier permet de définir l'opportunité de sélection naturelle sur des individus d'une population, en prenant en compte l'ensemble des causes de mortalités. Cet index permet une approximation du maximum de pression de sélection appliquée à une population.
La corrélation entre l'Is, le taux d'incidence des cancers et les différents facteurs environnementaux a été déterminée à l'aide de différents tests statistiques : tests non paramétrique de Pearson, Spearman, tout comme des régressions linéaires.
Indépendamment de l'âge, du pays et du type de cancer, les auteurs ont pu mettre en avant une corrélation forte (R²= 0,5435, p<0,01 (Pearson)) et négative entre l'Is et l'incidence des cancers : plus l'Is est faible, plus l'incidence des cancers est importante, suggérant alors que la diminution de sélection naturelle semble être liée à l'accumulation des mutations conduisant à l'augmentation du nombre de cancers. De plus, cette corrélation est maintenue lors du contrôle de potentiels effets des variables confondantes, c'est à dire les facteurs environnementaux tels que l'obésité, la pollution ou la cigarette. Ce dernier constat suggère que l'Is est bien liée à l'incidence des cancers, indépendamment des facteurs environnementaux.
Un autre résultat important démontré par les auteurs est que cette corrélation est plus ou moins forte en fonction des populations : elle est plus importante dans les pays développés et moins importante dans les pays moins développés.
Cet article appartient à un travail plus large, que ce soit sur l'élaboration des formules statistiques que sur l'application de celles-ci. Ainsi, les auteurs citent plusieurs fois leurs propres travaux comme référence, ce qui est critiquable : leurs références et outils sont les leurs. Les index choisis sont issus de la littérature (Fisher, Crow) mais ont été adaptés par les auteurs afin de répondre à leur question biologique.
Néanmoins, nous pouvons penser que les auteurs ont permis à leur analyse statistique de prendre en compte plus de variables afin de diminuer les biais pour l'interprétation. Toutefois, les auteurs citent un biais d'interprétation de leur index Is: ce dernier ne prends pas en compte l'héritabilité de la mortalité, ce qui fait qu'il peut surestimer la probabilité d'une sélection naturelle.
Néanmoins, différents tests statistiques sont utilisés afin de justifier la robustesse des résultats obtenus et pas seulement une régression linéaire.
Cet article prend le partit que la sélection naturelle est amoindrie par l'amélioration des systèmes de santé. Dans cette optique, les auteurs tentent de mettre en avant que cela a une conséquence génétique sur l'Humanité via l'augmentation des mutations ; argument faisant écho aux arguments dégénératifs contre la sélection naturelle.
De plus, ils semblent prouver qu'il existe une corrélation entre des variables démographiques (mortalité, natalité) -qu'ils considèrent comme un indice de la sélection naturelle-, et l'accumulation de mutations conduisant à des cancers.
Nous avons donc choisi cet article car il permet effectivement de justifier le fait que la technologie et les progrès de l'humanité influencent bien négativement l'impact de la sélection naturelle sur les caractères de survie. Ce résultat semble en effet suggérer que plus une société est médicalement avancée, moins elle est soumise à cette dernière, ce qui pourrait d'ailleurs conduire à des effets néfastes.
Les auteurs ont décidé de ne pas prendre en compte la fertilité comme pression de sélection (ou caractère héritable) liée à la sélection naturelle. En effet, selon eux, la variance de la fertilité étant très faible, la sélection naturelle a très peu d'effet sur ce trait. De plus, ils considèrent que certains arguments tels que le contrôle des naissances rendent les différentiels héritables de fertilité obsolètes dans la fitness de l'Homme (arguments prométhéens contre la sélection naturelle). L'index utilisé est donc spécifiquement basé sur les pressions de sélections liées à la mortalité. Les auteurs justifient cette adaptation d'interprétation par le fait qu'ils analysent des populations humaines modernes. Ainsi, si cette étude était basé sur des populations beaucoup plus ancienne, il faudrait prendre ce caractère en compte. Cette analyse image une fois de plus les modifications évolutives appliquées à l'Homme suite à ces avancés technologiques.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.