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Titre de l'article :

La drépanocytose et risques associés au paludisme à Plasmodium falciparum et à d'autres maladies infantiles.


Introduction à l'article :

Au cours de son cycle parasitaire, Plasmodium falciparum infecte les globules rouges. La drépanocytose (HbS), une maladie génétique affectant la forme des globules rouges, a été décrite comme protectrice contre l'infection par ce parasite.
Dans cet article, sur deux cohortes de plus de 3000 enfants, les auteurs cherchent à explorer l'effet protecteur de la drépanocytose contre la malaria, mais également contre d'autres maladies infantiles. Il existe différentes formes de la drépanocytose, mais les auteurs ont concentrés leurs recherche sur la drépanocytose hétérozygote (HbAS) : les patients atteins par cette forme sont asymptomatique avec une proportion égale de globules rouges sains et drépanocytaires.
Pour étudier l'effet protecteur de cette maladie génétique, les auteurs ont déterminé la gravité du paludisme lors du premier diagnostic chez des enfants de moins de 5ans (asymptomatique, modéré ou sévère) en fonction du statut Hb ainsi que la présence d'autres pathologies non-malarique.

Expériences de l'article :

Les deux cohortes d'individus, issues des côtes du Kenya, sont appelés "Birth cohort" et "Mild-desease cohort". La première correspond à un suivi de personnes nées dans une zone géographique endémique de la malaria pendant un temps donné, et la deuxième correspond au suivi de personnes déjà nées dans cette région géographique.

Les échantillons de sang ont été analysés par des méthodes standards pour déterminer la densité du parasite des individus testés (évaluation hématologique), et la détermination des génotypes drépanocytaire des patients est réalisée par électrophorèse.

La gravité des symptômes a été déterminé selon les résultats du 1er diagnostic de la maladie (1ere consultation) et on divisé ceux-ci en 3 groupes : asymptomatiques, modéré (fièvre et densité parasitaire modérée) puis sévère (pronostic vital engagé, coma,...).

Tests statistiques (sur STATA): régression linéaire, régression logistique univariante et multivariante, régression de Poisson et test du rapport de vraisemblance.

Résultats de l'article :

HbAS et le risque de paludisme:
Il n’a pas été trouvé que la drépanocytose diminuait la prévalence des cas de malaria asymptomatiques, cependant, dans les cas de personnes atteintes de drépanocytose, la sévérité des symptômes due au paludisme était largement diminuée : admission à l’hôpital réduite de 75%, incidence de la forme cérébrale de la malaria réduite de 86%, et admission pour anémie due à la malaria réduite de 90%.

Densité parasitaire pendant les symptômes:
En rapport avec les observations faites précédemment, pendant les symptômes sévères ou pas de malaria, les enfants atteints de drépanocytose avaient une charge parasitaire largement diminuée (4 fois moins) par rapport aux enfants non atteints de drépanocytose (p=0.0001 et p=0.009).

La drépanocytose ne semble pas apporter de résistance face à d'autre maladies, ce qui suggère que le génotype HbAS confère une résistance spéficique au paludisme

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article illustre un phénomène actuel de sélection naturelle chez l'Homme. Dans les populations où la prévalence de la malaria est forte, on retrouve une plus grande proportion de la population hétérozygote pour la drépanocytose (HbAS), ce gène de l'hémoglobine muté est donc sélectionné. L’exemple de la drépanocytose est ainsi un bon exemple de sélection naturelle, car la prévalence de cette maladie génétique dans les pays tropicaux reflète le fait qu’elle protège les populations locales de la malaria. Les populations des pays affectés par la malaria sont soumises à une pression de sélection due au parasite, et la drépanocytose est donc dans ces populations un caractère conférant un avantage sélectif.

Publiée il y a plus de 5 ans par S. De la forest divonne et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.