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Titre de l'article :

Relation entre taux d'accouchement par césarienne et mortalité maternelle et néonatale


Figure :

Titre: relation entre le taux de mortalité néonatale (pour 100 naissances en 2012) et le taux d'accouchement par césarienne (pour 100 naissances) en 2012 pour 191 pays.

Trait bleu: taux de mortalité néonatale prédit
Points bleu: taux d’accouchement par césarienne attribué.
Points jaune: taux d’accouchement par césarienne extrapolé.
Points vert: taux d’accouchement par césarienne observé.

Source: (Figure 2) Molina, George; Weiser, Thomas G.; Lipsitz, Stuart R.; Esquivel, Micaela M.; Uribe-Leitz, Tarsicio; Azad, Tej; Shah, Neel; Semrau, Katherine; Berry, William R.; Gawande, Atul A.; Haynes, Alex B. Relationship Between Cesarean Delivery Rate and Maternal and Neonatal Mortality, Obstetrical & Gynecological Survey: April 2016 - Volume 71 - Issue 4 - p 201-202 doi: 10.1097/01.ogx.0000481817.30129.83

Introduction à l'article :

La césarienne est une méthode permettant à un enfant de naitre sans passer par voie basse. Cette méthode, depuis son utilisation, a permis de réduire considérablement les risques de mortalité à l'accouchement pour l’enfant comme pour la mère. Même si la fréquence d’utilisation de cette méthode est difficile à connaitre, l’OMS recommande que la césarienne ne soit appliquée que pour 10 à 15 % des cas, car c'est un geste chirurgical lourd, mais nous savons aujourd’hui qu’elle est largement plus utilisée que cela.
Les études de la relation entre césarienne et mortalité donnent des résultats variables en fonction des pays qui pratiquent cette opération.
Le but de l’étude est de mieux comprendre la relation entre le taux de césarienne et de mortalité due à l’accouchement.

Expériences de l'article :

Les données sur l’utilisation de la césarienne dans différents pays ont été récupérées dans de nombreuses sources (OECD, HFA-DB, WHO).
Pour construire les modèles permettant d’examiner la relation entre la mortalité maternelle/néonatale et le ratio d’utilisation de la césarienne, les auteurs ont utilisé un modèle de régression de Spline, et la corrélation de Spearman.
Certains pays n’avaient pas de données récentes pour leurs taux de césariennes: d’autres données pour établir un modèle prédictif ont été utilisées telles que le budget dédié aux médicaments et le taux de fertilité.
La relation entre le taux d'accouchement par césarienne et la mortalité maternelle et néonatale s’est faite par modèle de régression de Spline.
Les inférences statistiques traduisant des incertitudes dans les corrélations pour les multiples jeux de données utilisées ont été réalisées par approche de Rubin.
Les analyses statistiques ont étés réalisées par des tests bilatéraux avec un seuil de risque alpha de 95%.

Résultats de l'article :

22.9 millions de césariennes ont été réalisées dans l’année 2012 (19.4% des naissances) mais la disparité entre les pays est très importante. Le Soudan du Sud possède le taux le plus faible de césarienne (0.6%) et le Brésil le taux le plus fort (55.6%). Tout de même, de manière générale, on observe que plus la césarienne est utilisée, plus le taux de mortalité infantile diminue. 45 pays (12.9% de la population mondiale et 25.7% des naissances en 2012) ont un taux de césarienne de 7.2%. 53 pays (22.4% de la population mondiale et 15.9% des naissances en 2012) ont un taux de césarienne supérieur à 27.3%. La figure montre la relation entre le taux de césariennes en 2012 et la mortalité maternelle en 2013. Cette figure démontre bien que plus le taux de césariennes est important, moins la mortalité l’est (R² = 0.7768, P < 0.001).
La fréquence d’utilisation de la césarienne optimale est de 19% selon les auteurs.

Rigueur de l'article :

Cet article se base sur les données concernant le taux de césarienne dans le monde, mais le manque de ces informations pour certains pays, ou pour les années sur lesquelles les chercheurs basent leur étude pourrait biaiser l'analyse en défaveur de résultats exhaustifs et exacts.
Cependant, les données utilisées représentant 172 pays sur les 194 inscrits à l'Organisation Mondiale de la Santé sur la période 2005-2012. Les auteurs estiment donc que leur étude représentent 97,6% des naissances mondiales sur cette période. Même si cela ne certifie pas la qualité de ces données, cela suggère tout de même la "largeur" de l'échantillon analysé.

Ce que cet article apporte au débat :

La césarienne est une méthode chirurgicale pouvant être utilisée dans 3 cas différents : échec du déclenchement de l'accouchement, une stagnation de la dilatation du col de l'utérus, un non engagement du bébé à dilatation complète. Dans ces cas-là, si une intervention chirurgicale n’est pas appliquée, la vie de la mère ou de l’enfant peut être en danger. Cet article l’explique d’ailleurs très bien en démontrant que le taux de césarienne montre une corrélation avec une diminution de la mortalité de la mère et de l’enfant. Ainsi, les populations ayant recours à la césarienne pourraient sélectionner de manière artificielle des caractères lié à un accouchement compliqué : taille plus importante de la tête du nourrisson notamment. Pour l’exemple de la césarienne, les progrès de la médecine pourraient permettre de s’affranchir de la sélection naturelle à la naissance.

Remarques sur l'article :

L'article ne mentionne pas le concept de sélection naturelle et d'évolution mais montre le poids de la médecine sur deux caractères tels que la survie et la reproduction, qui eux, sont sujet à la sélection naturelle

Publiée il y a plus de 5 ans par S. De la forest divonne et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.