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Des données de recensements de long terme révèlent des populations de faune sauvage abondantes à Tchernobyl
Introduction à l'article :
Cette publication s’intéresse aux populations de grands mammifères de la région biélorusse de la zone d'exclusion de Tchernobyl (CEZ), via des données obtenues sur de longues périodes de temps de suivis aériens (1987 – 1997) et de relevés de traces de pas dans la neige (2005 – 2010, 2008 – 2010 suivant les espèces).
Dans cette étude, trois hypothèses présentes dans la littérature concernant ce que l’on devrait observer si les radiations présentes dans la CEZ avaient un effet négatif sur les populations sont testées. La première postule que l’on devrait observer une corrélation négative entre l’intensité de la radioactivité et la densité de population des espèces sur le site. La deuxième suppose que les densités de population dans la CEZ doivent être inférieur par rapport à celles de populations vivant dans dans des environnements similaires non-contaminés. La dernière veut que, suite à l’accident, les densités de population des différentes espèces vivant dans la CEZ aient diminué.
Expériences de l'article :
Les relevés de traces de pas ont eu lieu durant trois ans, sur une surface totale de 315km. Puis, le même type de données a été obtenu du Ministère des ressources naturelles de Biélorussie. Ces données proviennent de quatre réserves naturelles en plus de la CEZ et de suivis effectués sur une période de six ans suivant le même protocole. A partir de ces données, les densités relatives des différentes espèces ont été obtenues. Un test a été réalisé pour déterminer si le niveau de radioactivité, obtenu via des données de densité de contamination de radiocaesium, permettait d’expliquer les variations de densité. Il a ensuite été testé si il y avait une différence significative de densité pour chaque espèce entre les réserves. Des données historiques de suivis aériens de grands mammifères, effectués pendant dix ans suite à l’accident de Tchernobyl on ensuite été récolté. A partir de ces données, des abondances relatives ont été obtenues et leur évolution dans le temps a été étudié.
Résultats de l'article :
En ce qui concerne la première hypothèse, aucun effet significatif de l’intensité des radiations sur la variation des densité de populations dans la réserve n’a été mis en évidence quelle que soit l’espèce.
Il a également été mis en évidence que chez les grands herbivores les densités de population de la CEZ n’étaient pas significativement inférieures aux autres réserves et même que la densité de population des loups était sept fois supérieure à celle observée dans les autres réserves.
Pour finir les résultats montrent une croissance de l’abondance relative des espèces étudiées dans le temps et ne soutiennent pas l’hypothèse de dégâts causés à long terme par les radiations aux populations de grands mammifères étudiés.
Rigueur de l'article :
Cet article présente un jeu de données important, permettant des approches statistiques solides.
Cette étude teste différents indicateurs de l’effet des radiations sur la « santé » des populations, à savoir l’effet de l’intensité des radiations sur les densités de populations, la comparaison de ces densités entre zones contaminées et non-contaminées ainsi que l’évolution de l’abondance des espèces dans le temps. Elle apporte également de la nuance à ses résultats en précisant par exemple que les mesures de densités sont un indicateur de l’état des populations, mais que des éléments comme le succès reproducteur ou la longévité sont également importants et ne sont pas mesurés ici. Elle précise également que les techniques utilisées (traces de pattes et suivi aérien) sont des mesures imparfaites mais le fait qu’elles soit utilisées pour des mesures relatives et que les méthodes utilisées soient les mêmes (dans le temps comme entre réserve) permet d’obtenir des informations pertinentes.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article s’intéresse à une échelle à laquelle les effets de l’exposition aux radiations de la CEZ sont encore très peu connus, celle des populations. En effet, bien que l’impact sur les individus des taux de radiations présents à Tchernobyl commence à être mieux compris, les conséquences de cet impact sur l’état des populations font encore énormément débat. Dans ce contexte, cette étude propose des données obtenues sur un temps relativement long et une plus grande superficie que d’autres études similaires. De plus ces données conséquentes soutiennent un résultat contradictoire par rapport à ces études précédemment citées et soutiennent le fait que l’exposition à la radioactivité présente dans la CEZ semble ne pas impacter les densités de populations, pour les espèces étudiées.
Remarques sur l'article :
Cette étude, en plus des résultats qu’elle propose, est également intéressante de par sa place dans le corpus d’articles. En effet, les publications qu’elle cite démontrant des effets négatifs du taux de radiations présent dans la CEZ sur les populations sont deux publications des auteurs Møller, A.P., and Mousseau, T.A.. Hors récemment les travaux de ces auteurs ont suscités de vives controverses quand à la pertinence de leurs méthodes et de leur résultats. De ce fait cette étude s’inclue particulièrement bien dans la controverse en cours en montrant des résultats contradictoires à ceux de ces auteurs.
Des données de recensements de long terme révèlent des populations de faune sauvage abondantes à Tchernobyl
Introduction à l'article :
Cette publication s’intéresse aux populations de grands mammifères de la région biélorusse de la zone d'exclusion de Tchernobyl (CEZ), via des données obtenues sur de longues périodes de temps de suivis aériens (1987 – 1997) et de relevés de traces de pas dans la neige (2005 – 2010, 2008 – 2010 suivant les espèces).
Dans cette étude, trois hypothèses présentes dans la littérature concernant ce que l’on devrait observer si les radiations présentes dans la CEZ avaient un effet négatif sur les populations sont testées. La première postule que l’on devrait observer une corrélation négative entre l’intensité de la radioactivité et la densité de population des espèces sur le site. La deuxième suppose que les densités de population dans la CEZ doivent être inférieur par rapport à celles de populations vivant dans dans des environnements similaires non-contaminés. La dernière veut que, suite à l’accident, les densités de population des différentes espèces vivant dans la CEZ aient diminué.
Les relevés de traces de pas ont eu lieu durant trois ans, sur une surface totale de 315km. Puis, le même type de données a été obtenu du Ministère des ressources naturelles de Biélorussie. Ces données proviennent de quatre réserves naturelles en plus de la CEZ et de suivis effectués sur une période de six ans suivant le même protocole. A partir de ces données, les densités relatives des différentes espèces ont été obtenues. Un test a été réalisé pour déterminer si le niveau de radioactivité, obtenu via des données de densité de contamination de radiocaesium, permettait d’expliquer les variations de densité. Il a ensuite été testé si il y avait une différence significative de densité pour chaque espèce entre les réserves. Des données historiques de suivis aériens de grands mammifères, effectués pendant dix ans suite à l’accident de Tchernobyl on ensuite été récolté. A partir de ces données, des abondances relatives ont été obtenues et leur évolution dans le temps a été étudié.
En ce qui concerne la première hypothèse, aucun effet significatif de l’intensité des radiations sur la variation des densité de populations dans la réserve n’a été mis en évidence quelle que soit l’espèce.
Il a également été mis en évidence que chez les grands herbivores les densités de population de la CEZ n’étaient pas significativement inférieures aux autres réserves et même que la densité de population des loups était sept fois supérieure à celle observée dans les autres réserves.
Pour finir les résultats montrent une croissance de l’abondance relative des espèces étudiées dans le temps et ne soutiennent pas l’hypothèse de dégâts causés à long terme par les radiations aux populations de grands mammifères étudiés.
Cet article présente un jeu de données important, permettant des approches statistiques solides.
Cette étude teste différents indicateurs de l’effet des radiations sur la « santé » des populations, à savoir l’effet de l’intensité des radiations sur les densités de populations, la comparaison de ces densités entre zones contaminées et non-contaminées ainsi que l’évolution de l’abondance des espèces dans le temps. Elle apporte également de la nuance à ses résultats en précisant par exemple que les mesures de densités sont un indicateur de l’état des populations, mais que des éléments comme le succès reproducteur ou la longévité sont également importants et ne sont pas mesurés ici. Elle précise également que les techniques utilisées (traces de pattes et suivi aérien) sont des mesures imparfaites mais le fait qu’elles soit utilisées pour des mesures relatives et que les méthodes utilisées soient les mêmes (dans le temps comme entre réserve) permet d’obtenir des informations pertinentes.
Cet article s’intéresse à une échelle à laquelle les effets de l’exposition aux radiations de la CEZ sont encore très peu connus, celle des populations. En effet, bien que l’impact sur les individus des taux de radiations présents à Tchernobyl commence à être mieux compris, les conséquences de cet impact sur l’état des populations font encore énormément débat. Dans ce contexte, cette étude propose des données obtenues sur un temps relativement long et une plus grande superficie que d’autres études similaires. De plus ces données conséquentes soutiennent un résultat contradictoire par rapport à ces études précédemment citées et soutiennent le fait que l’exposition à la radioactivité présente dans la CEZ semble ne pas impacter les densités de populations, pour les espèces étudiées.
Cette étude, en plus des résultats qu’elle propose, est également intéressante de par sa place dans le corpus d’articles. En effet, les publications qu’elle cite démontrant des effets négatifs du taux de radiations présent dans la CEZ sur les populations sont deux publications des auteurs Møller, A.P., and Mousseau, T.A.. Hors récemment les travaux de ces auteurs ont suscités de vives controverses quand à la pertinence de leurs méthodes et de leur résultats. De ce fait cette étude s’inclue particulièrement bien dans la controverse en cours en montrant des résultats contradictoires à ceux de ces auteurs.
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