ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Biodégradation des déchets bioplastiques en environnements naturel et industriel : une revue.
Résumé de la review :
Cette revue datant de 2020 recense et organise les données obtenues concernant les bioplastiques et leur biodégradation.
L'introduction fait le point sur la pollution plastique :
La production annuelle de plastiques conventionnels (pétrochimiques) excède les 350 millions de tonnes et entraine d'important rejets de CO2 dans l'atmosphère
Entre 1950 et 2015, moins de 10 % des déchets plastiques totaux ont été recyclés, l'autre part ayant été rejetée dans l'environnement ou dans des décharges
Ces rejets ont des impacts sur les organismes terrestres et aquatiques, mais aussi sur la santé humaine
La 1ère partie est dédiée à la définition des bioplastiques, à leur classification, leurs utilisations et leur dégradation dans l'environnement :
Les bioplastiques ont été produits pour la première fois dans les années 50s, mais l'intérêt les concernant est récent avec une production à l'échelle industrielle dans les années 2000s
Bioplastique est un terme générique qui regroupe les plastiques biosourcés (produits à partir de matériel biogénique) et les plastiques biodégradables
La production globale de bioplastiques est estimée à 2,1 millions de tonnes
Les bioplastiques se présentent comme une alternative aux plastiques conventionnels (applications similaires et viables pour la durabilité environnementale)
Leur production ne doit pas se faire au détriment des terres agricoles (utilisation de déchets)
Tableau 1 : classification des plastiques
Méthodes pour produire des bioplastiques : (1) synthèse chimique à partir de ressources fossiles ; (2) synthèse chimique à partir de matières premières agricoles ; (3) biosynthèse à partir de matières premières biogéniques incluant des déchets organiques ; (4) production de mélanges et copolymères avec les précédents groupes
Tableau 2 : usages des bioplastiques
La production des bioplastiques requiert moins d'énergie que les plastiques conventionnels mais les coûts de production sont plus élevés (2-6 € / kg contre 1,2 € / kg)
Le marché des bioplastiques est limité par l'imitation des propriétés spécifiques des plastiques conventionnels. Les fibres synthétiques utilisées pour s'en approcher peuvent être problématiques pour l'environnement
Les bioplastiques ne peuvent pas être recyclés chimiquement ou mécaniquement dans le même circuit que les plastiques conventionnels
Contrairement à la dégradation (fragmentation du polymère sous l'effet de la chaleur, de l'humidité, des UV, et/ou des enzymes créant des particules résistantes), la biodégradation (minéralisation complète du matériau en CO2, H2O, NH4+, N2, H2, et biomasse par l'action de microorganismes comme les bactéries, les algues et les champignons) n'est pas dommageable pour l'environnement
La biodégradation dépend de l'humidité, la température, la disponibilité en oxygène et en nutriments, le pH, le temps, les UV et des microorganismes présents mais aussi de l'épaisseur du matériel biodégradé
Plus de 90 types de microorganismes peuvent biodégrader les bioplastiques, les bactéries et champignons étant les plus répandus
Il existe plusieurs indices de biodégradabilité qui dépendent des conditions du système test
La partie 3 recense les options de gestion des déchets bioplastiques :
1 - Recyclage mécanique : problématique car chaque biopolymère devrait être traité séparément et s'ils contaminent la chaine de recyclage des plastiques conventionnels ils diminueraient la qualité des produits finaux
2 - Recyclage chimique : permet d'obtenir des combustibles alternatifs aux fossiles
3 - Traitement biologique : utilisation des propriétés biodégradables
4 - Incinération : les bioplastiques biobasés sont neutres en CO2
5 - Enfouissement : peut entrainer des rejets de CH4
La partie 4 synthétise les données sur la biodégradation dans différents environnements en conditions aérobies et anaérobies avec des tableaux récapitulatifs pour chacun.
La partie 5 reprend les standardisations et les certifications qui concernent les bioplastiques.
Ce que cette review apporte au débat :
La biodégradation des bioplastiques est plus rapide en conditions aérobies qu'en anaérobies
Les recherches sur la biodégradabilité en anaérobiose sont lacunaires
La biodégradation varie selon la nature des bio-polymères (chimique et physique) et selon les conditions environnementales (température, humidité, pH, UV, disponibilité en nutriments et O2) et les communautés microbiennes présentes
L'environnement le plus favorable à la biodégradation est le compost, suivi par le sol, les eaux douces et marines, et les décharges
Les expériences ont surtout été menées en laboratoire, impliquant un besoin d'expériences in situ
Peu de polymères biodégradables sont décomposés dans n'importe quelle condition environnementale (PHA)
Les standards évaluant la qualité des composts ne tiennent pas compte des particules d'une taille < 2 mm, il est donc nécessaire d'introduire des critères d'écotoxicité et des tests de désintégration
Les standards de biodégradation anaérobie devraient être développés
Remarques sur la review :
La review est très complète, bien écrite, avec de nombreuses références
Biodégradation des déchets bioplastiques en environnements naturel et industriel : une revue.
Résumé de la review :
Cette revue datant de 2020 recense et organise les données obtenues concernant les bioplastiques et leur biodégradation.
L'introduction fait le point sur la pollution plastique :
La 1ère partie est dédiée à la définition des bioplastiques, à leur classification, leurs utilisations et leur dégradation dans l'environnement :
La partie 3 recense les options de gestion des déchets bioplastiques :
1 - Recyclage mécanique : problématique car chaque biopolymère devrait être traité séparément et s'ils contaminent la chaine de recyclage des plastiques conventionnels ils diminueraient la qualité des produits finaux
2 - Recyclage chimique : permet d'obtenir des combustibles alternatifs aux fossiles
3 - Traitement biologique : utilisation des propriétés biodégradables
4 - Incinération : les bioplastiques biobasés sont neutres en CO2
5 - Enfouissement : peut entrainer des rejets de CH4
La partie 4 synthétise les données sur la biodégradation dans différents environnements en conditions aérobies et anaérobies avec des tableaux récapitulatifs pour chacun.
La partie 5 reprend les standardisations et les certifications qui concernent les bioplastiques.
La review est très complète, bien écrite, avec de nombreuses références
Dernière modification il y a plus de 5 ans.