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Titre de la review :

Création d'une zone humide pour la conservation du gibier d'eau rare : un projet élaboré selon les principes des successions écologiques.


Résumé de la review :

Dans cet article, une analyse sur les créations de zones humides est réalisée sous l'angle du développement de l'ensemble de l'écosystème, expliquée par les théories des successions écologiques et d’auto-conception. Après avoir présenté le concept de successions écologiques et d’auto-conception, l’article s’arrête sur une étude de cas sur la création d’une zone humide en Chine.
L’objectif est de connaître les conditions environnementales et la structure des communautés afin d’initier un processus de successions écologiques pour obtenir un écosystème souhaité : c’est un processus de successions secondaires. Mais la structure communautaire totalement identique à l'original semble impossible à obtenir comme le montre Whittaker (1967). En effet, la structure de la communauté est un continuum d'espèces qui se chevauchent et répondent à des paramètres écologiques différents, de sorte que le système original ne peut être imité. Ainsi pour s’approcher au mieux du système souhaité, l’enjeu est de choisir un site viable, c’est-à-dire qui peut être transformé dans le système souhaité, initialement considéré à l’état de climax transitoire et où l’arrivée et l’installation de nouvelles espèces est possible. Ensuite, le principe est d’aménager ce site pour obtenir l’écosystème initial puis de laisser la nature faire.
Pour illustrer leur idée, ils ont choisi un site répondant à des facteurs écosystémiques particuliers. En effet, une prairie de 240 hectares a été encerclée et des digues ont été construites autour de la prairie. Le niveau d'eau moyen était d'environ 0,5 m et a été maintenu tout au long de l'année, où des poissons et des crevettes ont été placés. Une fois le projet débuté, aucune activité humaine n’y était autorisée. Après quatre ans d'auto-conception, la prairie s'est transformée en zone humide à roseaux avec une production primaire totale du système multiplié par 3,34 et un nombre d'individus d'oiseaux d'eau passé de 3459 à 97 747.

Rigueur de la review :

Les concepts sont exposés et bien définis avant de passer à l’étude de cas, qui montre concrètement ces phénomènes. Néanmoins, les résultats sur le nombre d’individus ne permettent pas d’inférer que ce phénomène a bien un impact positif sur la biodiversité car l’expérience n’est pas répétée sur d’autres sites. Il aurait été intéressant de voir dans d’autres contextes géographiques si le principe de successions secondaires peut être viable.

Ce que cette review apporte au débat :

On est ici à mi-chemin entre de la gestion et de la non-intervention. En effet, ce projet de zone humide est initié par l’homme par la construction de digue sur des zones étudiées. Une fois réalisée, il n’y a plus aucune intervention humaine et ce sont les successions naturelles qui régissent la formation de cet écosystème. Ici, affirmer que ce soit de la gestion conservatoire ou de la non-intervention est subjectif. Il dépend d'où nous plaçons le curseur de la non-intervention et de ses exigences. Il est néanmoins remarquable que cette méthode permet d'accroître en quelques années la diversité d’un large panel d’espèces cibles (oiseaux d’eau dans ce cas).

Publiée il y a plus de 5 ans par N. Gil.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.