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Titre de la review :

La gestion forestière basée sur les perturbations naturelles peut-elle maintenir la résilience écologique ?


Résumé de la review :

L’introduction met en avant les nombreuses perturbations et pressions anthropiques subies par les forêts. Face à cela, les auteurs s’interrogent sur la capacité de la gestion basée sur les perturbations naturelles (NDBM en anglais) à conserver la résilience écologique des forêts (capacité d’un écosystème à absorber les perturbations et subir des changements tout en conservant ses structures et fonctions essentielles). Pour y répondre, ils définissent les notions importantes du sujet : la résilience écologique, les états stables alternatifs, le cycle adaptatif, la structure et les connexions à différentes échelles, et la gestion basée sur les perturbations naturelles. Les auteurs abordent ensuite la gestion habituelle des forêts qui souffre de la « pathologie de gestion de ressources », c'est-à-dire que toute gestion d’un écosystème pour bénéficier de ses services écosystémiques provoque la perte de sa résilience écologique et une dépendance aux sociétés humaines. Ils mettent également en lumière les problèmes liés à l’homogénéisation des forêts par la réduction de la variabilité des régimes de perturbations. Ils terminent cette partie sur le fait que pour qu'un écosystème soit résilient, il doit être structurellement et fonctionnellement complexe. La dernière partie de l’article vise à répondre à la question titre. Le principe, les intérêts, les pré-requis ou encore les problèmes de la gestion basée sur les perturbations naturelles sont d’abord exposés. Ensuite, les auteurs déclarent que la gestion basée sur les perturbations naturelles est capable de conserver la résilience écologique des forêts sous certaines conditions. Ils proposent alors des recommandations aux gestionnaires souhaitant appliquer ce type de gestion (Tableau 2) et les illustre par un exemple (Tableau 3). Pour terminer, la conclusion expose notamment trois points que les représentants politiques et les pratiques de gestion de ressources doivent suivre.

Rigueur de la review :

Cet article prend bien le temps de développer les notions importantes, de situer le contexte actuel et d'illustrer ses propos avant de répondre à la problématique.

Ce que cette review apporte au débat :

L’article dénonce l’un des effets négatifs que peut avoir la gestion d’un écosystème pour ses fonctions et ses services écosystémiques: la perte de résilience écologique. Ce problème concerne donc aussi la gestion conservatoire, même si cela n'est pas évoqué dans l'article. En effet, la gestion conservatoire a bien souvent pour but de préserver des taxons ou des fonctions particuliers d’un écosystème, bloquant les successions écologiques. Avec l’exemple des écosystèmes forestiers, cet article propose un mode de gestion basé sur les perturbations naturelles. Si ce mode de gestion reste proche de la gestion conservatoire par le blocage des successions écologiques à un stade en particulier pour une ou des fonctions particulières, il permet d’éviter la perte de résilience écologique.

Publiée il y a plus de 5 ans par A. Goulpeau.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.