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Le stress oxydatif chez les oiseaux selon un gradient de NOx et d'urbanisation : Une approche interspécifique
Introduction à l'article :
La physiologie du stress oxydatif est l'action toxique de la plupart des polluants, dont ceux atmosphériques comme les oxydes d'azote (NOx). Ces polluants agissent sur des molécules pro-oxydantes causant des dommages (lipide, ADN) chez les organismes.
Les NOx sont les polluants chimiques urbains les plus abondants et donc indicateurs fiables de la pollution atmosphérique urbaine.
Il est important de comprendre comment, dans les populations sauvages, les différentes composantes du système de stress oxydatif réagissent différemment aux NOx, pour établir un lien mécanique entre les facteurs de stress environnemental et la santé.
Objectifs : comparer le statut de stress oxydatif de plusieurs espèces le long d'un gradient d'urbanisation et tester les réponses physiologiques chroniques et aiguës par rapport à l'exposition aux niveaux de NOx dans des conditions naturelles.
Expériences de l'article :
4 espèces aviaires étudiées et classées en 2 catégories : les adaptateurs urbains (utilisent facultativement les zones urbanisées, surtout pendant l'hiver) et les exploiteurs urbains (dépendent souvent des ressources humaines tout au long de l'année).
Les oiseaux ont été capturés le long d'un gradient d'urbanisation approximatif, qui a été quantifié spécifiquement pour chaque site.
Des mesures morphologiques ont permis de déterminer l'état du corps des espèces et des prélèvements sanguins ont permis d'analyser des antioxydants (biomarqueurs physiologiques), exemple AOX.
Les niveaux de NOx, modélisés à partir d'une base de données d'émissions à haute résolution et comparés aux coordonnées GPS et date des captures, se divisent en 3 catégories : mensuelle (long terme), hebdomadaire (moyen terme) et 24 h (court terme) avant l'échantillonnage.
Des modèles linéaires mixtes ont été réalisés pour examiner l'association entre ces différentes catégories et le score d'urbanisation.
Résultats de l'article :
Les niveaux de NOx troposphériques modélisés à long et moyen terme étaient fortement associés au score d'urbanisation de la localité. Les trois catégories estimées étaient significativement corrélées.
Les AOX du plasma étaient positivement associés aux niveaux estimés d'exposition aux NOx à long et moyen terme, mais pas à court terme. Ils étaient corrélés à l'urbanisation. Les individus présents dans des zones plus urbaines avaient des niveaux plus élevés d'AOX plasmatiques, indépendant pour chaque espèce.
Pas de différences dans l'état du corps entre catégories de niveau de NOx à long ou moyen terme, mais des différences entre espèces.
Une des espèces (moineaux) présentaient les effets physiologiques les plus négatifs, or elles sont considérées comme des exploiteurs urbains (mieux adaptés à l'environnement urbain).
Rigueur de l'article :
L'étude souligne la nécessité d'étudier la variation du stress oxydatif selon les contextes, les saisons et les stades de vie afin de comprendre comment l'écologie et la phylogénie des espèces interagissent pour affecter la résilience des espèces au stress environnemental urbain.
Ce que cet article apporte au débat :
La physiologie du stress oxydatif étudiée montrent que les marqueurs étudiés (état du corps et biomarqueurs physiologiques) présentent des effets spécifiques aux espèces, à la fois en réponse à l'urbanisation et/ou en niveaux de NOx.
Les différences de condition physique pourraient être à l'origine des capacités contrastées des espèces à prospérer dans les zones urbaines (c'est-à-dire à exploiter les villes). Mais ces différences de conditions physiques ne seraient pas dû à l'urbanisation mais à l'espèce elle même.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
E. Burnichon.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Le stress oxydatif chez les oiseaux selon un gradient de NOx et d'urbanisation : Une approche interspécifique
Introduction à l'article :
La physiologie du stress oxydatif est l'action toxique de la plupart des polluants, dont ceux atmosphériques comme les oxydes d'azote (NOx). Ces polluants agissent sur des molécules pro-oxydantes causant des dommages (lipide, ADN) chez les organismes.
Les NOx sont les polluants chimiques urbains les plus abondants et donc indicateurs fiables de la pollution atmosphérique urbaine.
Il est important de comprendre comment, dans les populations sauvages, les différentes composantes du système de stress oxydatif réagissent différemment aux NOx, pour établir un lien mécanique entre les facteurs de stress environnemental et la santé.
Objectifs : comparer le statut de stress oxydatif de plusieurs espèces le long d'un gradient d'urbanisation et tester les réponses physiologiques chroniques et aiguës par rapport à l'exposition aux niveaux de NOx dans des conditions naturelles.
4 espèces aviaires étudiées et classées en 2 catégories : les adaptateurs urbains (utilisent facultativement les zones urbanisées, surtout pendant l'hiver) et les exploiteurs urbains (dépendent souvent des ressources humaines tout au long de l'année).
Les oiseaux ont été capturés le long d'un gradient d'urbanisation approximatif, qui a été quantifié spécifiquement pour chaque site.
Des mesures morphologiques ont permis de déterminer l'état du corps des espèces et des prélèvements sanguins ont permis d'analyser des antioxydants (biomarqueurs physiologiques), exemple AOX.
Les niveaux de NOx, modélisés à partir d'une base de données d'émissions à haute résolution et comparés aux coordonnées GPS et date des captures, se divisent en 3 catégories : mensuelle (long terme), hebdomadaire (moyen terme) et 24 h (court terme) avant l'échantillonnage.
Des modèles linéaires mixtes ont été réalisés pour examiner l'association entre ces différentes catégories et le score d'urbanisation.
Les niveaux de NOx troposphériques modélisés à long et moyen terme étaient fortement associés au score d'urbanisation de la localité. Les trois catégories estimées étaient significativement corrélées.
Les AOX du plasma étaient positivement associés aux niveaux estimés d'exposition aux NOx à long et moyen terme, mais pas à court terme. Ils étaient corrélés à l'urbanisation. Les individus présents dans des zones plus urbaines avaient des niveaux plus élevés d'AOX plasmatiques, indépendant pour chaque espèce.
Pas de différences dans l'état du corps entre catégories de niveau de NOx à long ou moyen terme, mais des différences entre espèces.
Une des espèces (moineaux) présentaient les effets physiologiques les plus négatifs, or elles sont considérées comme des exploiteurs urbains (mieux adaptés à l'environnement urbain).
L'étude souligne la nécessité d'étudier la variation du stress oxydatif selon les contextes, les saisons et les stades de vie afin de comprendre comment l'écologie et la phylogénie des espèces interagissent pour affecter la résilience des espèces au stress environnemental urbain.
La physiologie du stress oxydatif étudiée montrent que les marqueurs étudiés (état du corps et biomarqueurs physiologiques) présentent des effets spécifiques aux espèces, à la fois en réponse à l'urbanisation et/ou en niveaux de NOx.
Les différences de condition physique pourraient être à l'origine des capacités contrastées des espèces à prospérer dans les zones urbaines (c'est-à-dire à exploiter les villes). Mais ces différences de conditions physiques ne seraient pas dû à l'urbanisation mais à l'espèce elle même.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.