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Titre de l'article :

L'impact de l'urbanisation sur la biodiversité : le rôle de la mobilité des espèces, le degré de spécialisation et l'échelle spatiale.


Introduction à l'article :

Les auteurs de l'article pose le postulat de départ que l'urbanisation est une menace pour la biodiversité. Afin de la mesurer, ils vont se servir de trois paramètres comme indicateurs, la spécialisation, la richesse spécifique et la mobilité des espèces dans les zones urbaines.
L'équipe se pose donc trois questions concernant l'impact de l'urbanisation sur la biodiversité. La première étant sur le changement du degré de spécialisation et de mobilité des espèces de différents groupes taxonomique le long d'un gradient d'urbanisation. La deuxième sur les processus écologiques qui mènent à ces changements. Et la dernière sur l'échelle spatiale où les organismes avec différents degrés de spécialisation et de mobilité sont affectés par l'urbanisation.

Expériences de l'article :

L'expérience se déroule sur le plateau Suisse qui est très urbanisé. Les groupes taxonomiques étudiés sont les oiseaux, les plantes vasculaires et les papillons. Les données sont collectées auprès du programme Suisse de surveillance de la biodiversité à l'échelle du paysage de 2007 à 2011.
Un gradient d'urbanisation est élaboré en fonction des zones, allant des immeubles aux zones dites "zone verte". Un gradient a été fait pour les zones agricoles également.
Pour évaluer l'effet de l'urbanisation, des caractéristiques (climat, habitat, ressources alimentaires), des traits morphologiques et des traits d'histoire de vie des trois groupes taxonomiques, ont été catégorisés.
Pour la spécialisation et la mobilité, les valeurs moyennes de la communauté (MV) et leurs écarts-types (SD) ont été calculés. Les MV permettent d'observer un possible changement dans la dispersion et la spécialisation des espèces,
les SD permettent d'observer le rôle relatif des communautés selon le gradient d'urbanisation.

Résultats de l'article :

Les résultats montrent des différences entre les différents groupes taxonomiques. Dans le cas des plantes vasculaires, elles sont impactées positivement par l'urbanisation que ce soit en terme de spécialisation ou de mobilité dans les zones urbanisées. Leur richesse spécifique augmente dans les zones urbanisées, mais à petite et moyenne échelle.
Pour le groupe taxonomique des oiseaux les résultats sont plus nuancés. En terme de spécialisation, les oiseaux sont impactés négativement par l'urbanisation. Leur richesse spécifique décroit avec l'augmentation de l'urbanisation. En terme de mobilité, l'urbanisation ne présente aucun effet, positive ou négative, sur les oiseaux.
Pour le groupe des papillons, leur mobilité est affectée négativement par l'urbanisation, mais aucun effet est observé sur leur spécialisation. Par contre, leur richesse spécifique décroit significativement avec l'urbanisation.
Dans les zones agricoles, les trois groupes taxonomiques sont affectés négativement.

Rigueur de l'article :

L'autrice principale est Elena D. Concepción. C'est une chercheuse en science environnementale, son axe de recherche se centre sur les changements d'utilisation des terres par les êtres humains qui menacent gravement la biodiversité dans le monde. Elle a à son actif plusieurs publications sur les conséquences des activités humaines sur les espèces, qui sont du côté de la détérioration de la biodiversité par les êtres humains, incluant cet article également.

Concernant la méthodologie, des données plus récentes aurait été plus représentatif de la situation présente. En effet, l'article a été publié en 2015, mais les données collectées datent de 2007 à 2011. Des données plus récentes auraient pu changer les résultats de l'étude.

Ce que cet article apporte au débat :

L'article apporte une nuance dans la controverse. En effet les plantes profitent de l'urbanisation, mais il s'agit en majorité de plantes non-native et mobile. Cependant, pour les groupes des papillons et des oiseaux, les auteurs observent un impact négatif, avec une homogénéisation des espèces d'oiseaux urbains.
De plus, les espèces mobiles sont plus sensibles à la fragmentation d'habitat que les espèces pas ou peu mobiles contrairement à ce que supposaient les auteurs. L'impact de l'urbanisation peut être considéré comme indirect, impactant plutôt le changement d'habitat, comme la perte de végétation nécessaire à certaines espèces. Les zones agricoles ne sont pas en restes, les champs agricoles, intensive et homogène, affectent négativement les trois groupes taxonomiques. Mais les résultats sont à nuancer, ils varient en fonction du niveau d'urbanisation, par exemple les oiseaux à petite échelle, sont impacté positivement en terme de mobilité.

Publiée il y a plus de 5 ans par S. Sen.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.