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Analyse de la référence Defining Life: The Virus Viewpoint

Titre de la review :

Définir la vie : le point de vue viral


Résumé de la review :

L’article propose une révision concernant la question permettant de savoir si les virus sont de réelles entités vivantes. Avec les différentes découvertes au fil du temps, l’idée de ces organismes a évolué. Les virus jouent un rôle important dans l’évolution des organismes cellulaires, cependant, leur position dans l’arbre du vivant est encore discutée. L’amalgame entre virus et virion n’est plus fait, les virus sont des organismes complexes infectant une cellule et produisant des virions.

Tout d’abord qu’est-ce que la vie ? La question est tendancieuse et chaque domaine d’expertise a sa propre définition. En passant par la philosophie avec Platon, Socrate ou même Schrödinger à la biologie où le secret de la vie réside dans la molécule d’ADN, l’auteur décide de la qualifier par une seule caractéristique : être en vie.
Au niveau de la classification, la dichotomie entre les eucaryotes et les procaryotes pose un problème quant à la position des virus. En effet, cela inclut qu’il existe deux catégories de virus ayant pris leur origine séparément : les bactériophages et ceux parasitant les cellules eucaryotes. Cependant, les virus ne sont pas spécifiques à leurs hôtes, ils peuvent parasiter plusieurs hôtes de différents types. De plus, l’hypothèse prônant l’origine des virus à partir d’organismes cellulaires se trouve rejetée, car aucun homologue de gênes viraux n’ont été retrouvé au niveau cellulaire. Ce qui prouve que les gênes viraux représentent un pool de diversité unique et propre à leur catégorie. Ce n’est que bien plus tard que la trichotomie fait son apparition avec la découverte de trois versions des ARNr (archées, bactéries et eucaryotes). Les archées placées avant avec les bactéries se retrouvent dans un groupe unique.
Il est fort probable que les virus aient joué un rôle primordial dans l’évolution des organismes depuis LUCA (Last Universal Common Ancestor). En effet, des analyses ont démontré que des gènes homologues sont retrouvés entre les organismes parasités et les virus, et cela pour les trois embranchements différents (archées, bactéries et les eucaryotes) indiquant possiblement une coévolution entre les virus et leur hôte.
D’abord définit selon leur virion (produit de l’infection), les virus étaient considérés comme des entités moléculaires. Cependant, durant leur phase « éclipse » (phase intracellulaire), le virus présente des caractéristiques typique aux organismes vivants : métabolisme, croissance et reproduction. Ils devraient être considérés comme des organismes cellulaires ne codant pas leur propre ribosome et membrane cellulaire.
A la question de savoir si les virus sont en vie, à plusieurs reprise dans le passé la réponse a été négative. Considérés dans un premier temps comme étant des portions de gène échappées produit par des organismes cellulaires, les virus sont de plus en plus étudiés car certains chercheurs pensent qu’en eux réside la source de l’évolution de la vie sur Terre. Les virus sont aujourd’hui les organismes les plus répandus sur la planète arborant une morphologie tout aussi diverse.
Pour les évolutionnistes et les virologistes la réponse est affirmative, car ces organismes présentent les traits typique d’un organisme vivant : ils ont des macromolécules similaires aux autres entités vivantes, il y a manifestement une coévolution des virus avec les trois embranchements et de plus, ils peuvent également être infectés par d’autres virus (seuls les organismes vivants peuvent être « malades »)
Pour cela l’auteur présente une nouvelle vision de la classification : ceux qui codent leurs ribosomes (LUCA+ descendants) et ceux qui codent leur capside (virus).

Rigueur de la review :

L’article est rigoureux dans sa démarche, l’auteur part des connaissances acquises dans le passé afin de faire un historique de la perception des virus à travers le temps ainsi que de la définition de la vie. Il a fait un travail réunissant plusieurs domaines, en effet il ne restreint pas son discours à la vision biologique mais va également inclure des références philosophiques. Enfin, il permet au lecteur de se forger sa propre idée de la vie (philosophique, biologique ou autre) mais donne toute de même sa conception du phénomène.
Cependant il n’évoque pas l’antithèse de son point de vue, il y fait rapidement mention sans en donner des arguments probants. La dite review ne constitue qu’un long traité quant à la possibilité à considérer les virus comme étant des oragaismes vivants.

Ce que cette review apporte au débat :

Cet article est intéressant dans la mesure où il permet de poser les bases accumulées au fil du temps sur la question de la vie. L’article en lui-même ne donne pas une réponse définitive quant à la possibilité d’avoir de la vie chez les virus, il donne une définition de la vie d’un point de vue biologique. Pour l’auteur, définir la vie relève du domaine philosophique et non biologique étant donné que cette dernière évolue au fil des découvertes. Avec cette nouvelle définition, de nouvelles questions sont posées afin de savoir quelle à été le rôle des virus dans l’origine de la vie sur Terre, ou encore si l’arbre du vivant doit être repensée afin de pouvoir intégrer ces organisme au sein des organismes vivants (biologiquement parlant). Même si la controverse quant à savoir si les virus sont en vie ou non est toujours d’actualité, il est indéniable qu’ils ont participé activement à l’émergence de la vie sur Terre et à son évolution.

Publiée il y a plus de 5 ans par B. Omar mbae et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.