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Des mécanismes écologiques peuvent modifier les effets des radiations sur des mammifères clés des systèmes forestiers de Tchernobyl.
Introduction à l'article :
La zone d'exclusion de Tchernobyl présente des taux de contaminations qui peuvent grandement varier entre des sites espacés d'une centaine de mètres seulement ce qui permet de faire des réplicats suffisamment nombreux pour analyser l'effet de faibles doses de radiations. Le but de l'étude est de voir si des mécanismes écologiques (ici l'augmentation de la quantité de ressources alimentaires) peuvent modifier les effets des radiations sur les populations naturelles. En effet certaines études précédentes auraient montré que les populations naturelles seraient plus sensibles aux radiations qu'en laboratoire et il faut donc chercher quels types de mécanismes mènent à ce résultat. De plus les auteurs veulent tester l'hypothèse du LNT (linear No Threshold), modèle selon lequel les effets des radiations sont linéaires et présents même pour de très faibles doses de radiations (donc pas une relation quadratique avec un seuil à partir duquel les radiations commencent à avoir un effet néfaste).
Expériences de l'article :
L'espèce étudiée est le campagnole roussâtre Myodes glareolus, pour lequel on estime à chaque site les abondances, la probabilité de reproduction des femelles, la taille de portée, la couverture végétale dans les 1 m2 autour de chaque piège (les herbacées, arbustes et canopée des arbres) pour quantifier la variabilité des habitats et estimer si les zones contrôles ou contaminées sont différentes dans les composantes clés des structures des habitats et la taille des individus. De la nourriture a été rajoutées dans des sites contrôles ou contaminés.
Les données sont analysées par des GLMM avec la probabilité de reproduction ou la taille de portée comme variables réponses et la radioactivité ambiante en variable explicative. Pour l'effet de l'ajout de nourriture la variable réponse est l'abondance et le niveau de radiation, de nourriture et leur interaction sont variables explicatives.
Les courbes sont estimées pour identifier une relation linéaire ou quadratique des radiations
Résultats de l'article :
L'abondance, la probabilité d'être enceinte et la taille de portée diminuent significativement avec l'augmentation des doses de radioactivités. Ces variables sont reliées linéairement avec les taux de radiations ce qui confirme le modèle LNT selon lequel les radiations ont des effets même pour de très faibles doses et non à partir d'une valeur seuil. Les effets des radiations peuvent être biaisés par des effets confondants de l'environnement (réduction de la couverture végétale avec une augmentation des radiations) mais cela reste minime (car pas d'influence sur les herbacées qui sont les plus importantes pour les campagnols, pas de lien entre abondance et couverture végétale ni d'interaction significative entre les variables végétales et les doses de radiation pour expliquer l'abondance). Enfin la radiation a par contre un effet sur la manière dont les populations répondent aux changement environnementaux car l'ajout de nourriture n'est bénéfique que pour des zones faiblement contaminées.
Rigueur de l'article :
Cet article repose beaucoup sur celui de Garnier-Laplace et al (2013) qui a été grandement critiqué et remis en questions pour les méthodes ainsi que les sources utilisées. De plus les auteurs controversés Mousseau et Møller sont aussi beaucoup cités. De plus les doses utilisées sont en Sievert ce qui n'est pas pertinent pour l'étude d'organismes non humains.
Néanmoins les méthodes statistiques sont claires et rigoureuses (Beaucoup de localités ont été utilisées et donc il y a un grand nombre de replicats, prise en compte d'effets aléatoires avec une GLMM pour prendre en compte que les données ont été récoltées sur deux années différentes). Les effets de la mortalité, des naissances, émigrations et immigrations n'ont pas pu être distingués pour calculer les abondances, sachant que les expériences où on ajoutait de la nourriture pouvait encourager plus d'immigration dans les zones concernées donc il est délicat de conclure sur une effet bénéfique pour la croissance des populations.
Ce que cet article apporte au débat :
Selon cette étude il y a toujours un effet des radiations sur les populations (effet linéaire et pas de seuil). Ainsi il n'y a pas de valeur seuil à partir de laquelle une exposition chronique pourrait avoir un effet délétère, et même une exposition chronique à des faibles doses serait néfaste. Seulement cette linéarité peut être modifiée par des mécanismes écologiques comme la quantité de ressources disponible dans le milieu (qui ici augmentait les abondances des populations dans les sites contaminés avec de faibles doses de radiation, mais cet effet s'annulait pour de plus forte doses de radiation). D'autres mécanismes écologiques (plutôt des interactions comme la prédation ou le parasitisme), peuvent modifier cette relation linéaire. Ainsi cet article montre que l'effet des radiations peut être difficile à détecter car influencé par d'autres facteurs et dépendant des conditions dans lesquelles on se trouve.
Remarques sur l'article :
Cet article nous en append plus sur les difficultés de travailler dans la zone de Tchernobyl, ce qui explique parfois des défauts méthodologiques des études qui travaillent dedans. En effet par mesure de sécurité pour les chercheurs ils n'ont pas le droit d'y travailler et d'y rester longtemps ce qui réduit la durée possible des expériences. Ici les facteurs indirects des contaminations (réduction de la couverture végétale) à la radioactivité sont séparés des effets directs (ingestion de nourriture contaminée). Selon les auteurs il y a un fort impact de l'expositions à de faibles doses de radiations qui est encore accrue par le fait qu'on retrouve ces effets sur une espèce clé des écosystèmes forestiers, et jusqu'a des centaines de km
Des mécanismes écologiques peuvent modifier les effets des radiations sur des mammifères clés des systèmes forestiers de Tchernobyl.
Introduction à l'article :
La zone d'exclusion de Tchernobyl présente des taux de contaminations qui peuvent grandement varier entre des sites espacés d'une centaine de mètres seulement ce qui permet de faire des réplicats suffisamment nombreux pour analyser l'effet de faibles doses de radiations. Le but de l'étude est de voir si des mécanismes écologiques (ici l'augmentation de la quantité de ressources alimentaires) peuvent modifier les effets des radiations sur les populations naturelles. En effet certaines études précédentes auraient montré que les populations naturelles seraient plus sensibles aux radiations qu'en laboratoire et il faut donc chercher quels types de mécanismes mènent à ce résultat. De plus les auteurs veulent tester l'hypothèse du LNT (linear No Threshold), modèle selon lequel les effets des radiations sont linéaires et présents même pour de très faibles doses de radiations (donc pas une relation quadratique avec un seuil à partir duquel les radiations commencent à avoir un effet néfaste).
L'espèce étudiée est le campagnole roussâtre Myodes glareolus, pour lequel on estime à chaque site les abondances, la probabilité de reproduction des femelles, la taille de portée, la couverture végétale dans les 1 m2 autour de chaque piège (les herbacées, arbustes et canopée des arbres) pour quantifier la variabilité des habitats et estimer si les zones contrôles ou contaminées sont différentes dans les composantes clés des structures des habitats et la taille des individus. De la nourriture a été rajoutées dans des sites contrôles ou contaminés.
Les données sont analysées par des GLMM avec la probabilité de reproduction ou la taille de portée comme variables réponses et la radioactivité ambiante en variable explicative. Pour l'effet de l'ajout de nourriture la variable réponse est l'abondance et le niveau de radiation, de nourriture et leur interaction sont variables explicatives.
Les courbes sont estimées pour identifier une relation linéaire ou quadratique des radiations
L'abondance, la probabilité d'être enceinte et la taille de portée diminuent significativement avec l'augmentation des doses de radioactivités. Ces variables sont reliées linéairement avec les taux de radiations ce qui confirme le modèle LNT selon lequel les radiations ont des effets même pour de très faibles doses et non à partir d'une valeur seuil. Les effets des radiations peuvent être biaisés par des effets confondants de l'environnement (réduction de la couverture végétale avec une augmentation des radiations) mais cela reste minime (car pas d'influence sur les herbacées qui sont les plus importantes pour les campagnols, pas de lien entre abondance et couverture végétale ni d'interaction significative entre les variables végétales et les doses de radiation pour expliquer l'abondance). Enfin la radiation a par contre un effet sur la manière dont les populations répondent aux changement environnementaux car l'ajout de nourriture n'est bénéfique que pour des zones faiblement contaminées.
Cet article repose beaucoup sur celui de Garnier-Laplace et al (2013) qui a été grandement critiqué et remis en questions pour les méthodes ainsi que les sources utilisées. De plus les auteurs controversés Mousseau et Møller sont aussi beaucoup cités. De plus les doses utilisées sont en Sievert ce qui n'est pas pertinent pour l'étude d'organismes non humains.
Néanmoins les méthodes statistiques sont claires et rigoureuses (Beaucoup de localités ont été utilisées et donc il y a un grand nombre de replicats, prise en compte d'effets aléatoires avec une GLMM pour prendre en compte que les données ont été récoltées sur deux années différentes). Les effets de la mortalité, des naissances, émigrations et immigrations n'ont pas pu être distingués pour calculer les abondances, sachant que les expériences où on ajoutait de la nourriture pouvait encourager plus d'immigration dans les zones concernées donc il est délicat de conclure sur une effet bénéfique pour la croissance des populations.
Selon cette étude il y a toujours un effet des radiations sur les populations (effet linéaire et pas de seuil). Ainsi il n'y a pas de valeur seuil à partir de laquelle une exposition chronique pourrait avoir un effet délétère, et même une exposition chronique à des faibles doses serait néfaste. Seulement cette linéarité peut être modifiée par des mécanismes écologiques comme la quantité de ressources disponible dans le milieu (qui ici augmentait les abondances des populations dans les sites contaminés avec de faibles doses de radiation, mais cet effet s'annulait pour de plus forte doses de radiation). D'autres mécanismes écologiques (plutôt des interactions comme la prédation ou le parasitisme), peuvent modifier cette relation linéaire. Ainsi cet article montre que l'effet des radiations peut être difficile à détecter car influencé par d'autres facteurs et dépendant des conditions dans lesquelles on se trouve.
Cet article nous en append plus sur les difficultés de travailler dans la zone de Tchernobyl, ce qui explique parfois des défauts méthodologiques des études qui travaillent dedans. En effet par mesure de sécurité pour les chercheurs ils n'ont pas le droit d'y travailler et d'y rester longtemps ce qui réduit la durée possible des expériences. Ici les facteurs indirects des contaminations (réduction de la couverture végétale) à la radioactivité sont séparés des effets directs (ingestion de nourriture contaminée). Selon les auteurs il y a un fort impact de l'expositions à de faibles doses de radiations qui est encore accrue par le fait qu'on retrouve ces effets sur une espèce clé des écosystèmes forestiers, et jusqu'a des centaines de km
Dernière modification il y a plus de 5 ans.