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Titre de l'article :

L'augmentation mondiale du taux d'obésité est liée à la réduction de l'opportunité de sélection naturelle


Introduction à l'article :

La prévalence de l'obésité dans le monde est en constante augmentation depuis les dernières décennies, sans que l'on en connaisse la cause. La raison principale de l'obésité est une perturbation de la balance énergétique (apport énergétique supérieur à la dépense énergétique), mais la cause de cette pathologie pourrait être d'origine génétique. Par exemple, les individus avec un tractus intestinal plus large auront naturellement plus de facilité à absorber plus de nutriments. L'origine évolutive de ces traits génétiques est expliquée par 2 hypothèses : thrifty gene (la sélection naturelle due aux famines dans le passé a favorisé les individus avec des gènes facilitant le stockage de nutriments) et drifty gene (la prévalence de l'obésité actuelle est due à une dérive génétique sans sélection).
Le but de ce papier est donc de déterminer si l'augmentation de la prévalence de l'obésité au niveau mondial est due à un relâchement de la sélection naturelle sur les traits génétiques de l'obésité.

Expériences de l'article :

Pour déterminer si l’augmentation de la prévalence de l'obésité au niveau mondial est due à un relâchement de la sélection naturelle sur le trait génétique de l'obésité, les auteurs utilisent les données des nations unies (taux de fertilité et produit intérieur brut) et de l'organisation mondiale de la santé (prévalence d'adulte en obésité ou sous-poids, consommation énergétiques (calorique), prévalence de l’absence d'activité physique) dans 159 pays ou ces données étaient disponibles.
A partir de ces données, l'indice d'état biologique est calculé (Ibs) permettant de rendre compte du relâchement de la sélection naturelle dans une population donnée, en donnant la probabilité qu'un individu qui nait dans une population puisse participer à la reproduction de son espèce. Plus cet indice est faible, plus le risque de sélection naturelle est amoindrie dans cette population.

Résultats de l'article :

Les valeurs de l'Ibs montrent une importante réduction de l'opportunité de sélection au 21e siècle. En effet lorsque la variance de fitness Darwinienne est calculée ((1-Ibs)/Ibs), on obtient une moyenne mondiale de 0.088, ce qui est 4 fois moins qu'il y a 100 ans, suggérant que la population mondiale est 4 fois moins soumise à la sélection naturelle qu'il y a 100 ans.
L'évolution de la prévalence de l'obésité au niveau mondial est exponentielle, et les auteurs observent une corrélation significative entre cette prévalence et l'indice Ibs, et ce, même en prenant ou pas en compte des facteurs comme la quantité de calories consommées par pays et le niveau d'activité physique.

Rigueur de l'article :

L'article ne parle pas dans le matériel et méthode de comment ils traitent les données relatives à l'obésité, en se concentrant seulement sur l'indice d'état biologique, on ne sait donc pas comment ils établissent que le taux d'obésité au niveau mondial est exponentiel.
Les auteurs signalent aussi qu'il est possible que certaines données officielles ne soient pas exactes, pouvant fausser les résultats.

Ce que cet article apporte au débat :

Dans cet article les auteurs montrent que les pays développés ont un indice d'état biologique élevé, suggérant alors qu'ils ne sont plus soumis à la sélection naturelle autant qu'ils ne l'étaient auparavant. Les auteurs montrent aussi que ce relâchement de sélection naturelle dans certains pays est corrélé avec la prévalence de l'obésité dans ces pays, et ce, même sans l'influence du régime alimentaire ou des activités physiques individuelles. Ainsi, si ces caractères génétiques étaient auparavant liés à une bonne fitness, due au stockage de nutriment en période de famines, ils sont aujourd'hui probablement la cause de l'obésité que l'on observe dans les pays où il y a une bonne disponibilité en nourriture (thrifty gene).
Cet article montre donc que nous sommes de moins en moins soumis à la sélection naturelle, les auteurs font l'hypothèse que cette diminution entraine l’accumulation de gènes métaboliques défectueux.

Remarques sur l'article :

Ils ne montrent que la corrélation entre la prévalence de l'obésité et l'indice de relaxation de l'opportunité de sélection. Ainsi, le lien entre obésité et sélection naturelle n'est qu'hypothétique et ne permet pas de confirmer la théorie drifty gene ou thrifty gene.

Publiée il y a plus de 5 ans par S. De la forest divonne et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.