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Titre de l'article :

Effets géno- et cytotoxiques des EMF (50 Hz, 1 mT) sur larves de truites arc-en-ciel ( O. mykiss ), palourde de la Baltique( L. balthica ) et arénicoles commun (H. diversicolor ).


Figure :

Genotoxic and cytotoxic effects of 50 Hz 1 mT electromagnetic field on larval rainbow trout (Oncorhynchus mykiss), Baltic clam (Limecola balthica) and
common ragworm (Hediste diversicolor)

1)Répartition des EMF dans l'aquarium du groupe test; 2)Anomalies cellulaire chez O.mykiss : aIndices de génotoxicité,b Indices de cytotoxicité; 3)Anomalies cellulaire chez L.balthica : aIndices de génotoxicité,b Indices de cytotoxicité; 4)Anomalies cellulaire chez H.diversicolor : aIndices de génotoxicité,b Indices de cytotoxicité. Les " * " indiquent les anomalies significativement plus élevées chez le groupe test par rapport au groupe contrôle.

Introduction à l'article :

Les installations de câbles sous marins fonctionnant avec un courant alternatif (AC) produisent des champs électromagnétiques (EMF) à basse fréquence ( 50Hz pour les installations européennes) dans le cas où les 3 phases sont séparées dans des câbles différents. Les travaux réalisés précédemment pour évaluer l’impact des champs électromagnétiques sur la faune marine se sont principalement concentrés sur l’étude de champs statiques émis par des câbles en courant continu (DC). Or, les champs électromagnétiques alternatifs à basse fréquence sont connus pour être beaucoup plus toxiques pour les cellules que les champs issus de câbles à courant continu. L’objectif de cette étude est de comptabiliser certaines anomalies cellulaires indicatrices de dommages dus aux EMF à basse fréquence chez la palourde de la mer Baltique ( Limecola balthica ), un ver polychète ( Hediste diversicolor ) et les larves de truite arc-en-ciel ( Oncorhynchus mykiss ).

Expériences de l'article :

Invertébrés marins :
Durant l’expérimentation, 25 palourdes et 30 vers polychètes ont été placés dans des réservoirs (V = 25 dm3) contenant de l’eau de mer naturelle et des sédiments récoltés sur le lieu de leur capture. L’eau de mer a été filtrée et maintenue à température constante. Le groupe test de chaque espèce à été exposé durant 12 jours des EMF d’une intensité de 1mT et de fréquence 50 Hz. Les invertébrés ont été nourris avec la matière organique contenue dans les sédiments récoltés.

Larves de Truite:
Pour cette expérience, 1550 œufs de truite ont été placés respectivement dans des réservoirs contenant de l’eau maintenue à température constante (9,6°C) et oxygénée. L’acclimatation a duré 24h. Le groupe test a été exposé durant 40 jours à un champ électromagnétique d’une intensité de 1 mT et de fréquence 50 Hz.

A la fin de la phase d'exposition, les anomalies cellulaires de 20 spécimens de chaque espèce et de chaque groupe (contrôle et test) ont été comptabilisées.

Résultats de l'article :

Le nombre d’anomalies cellulaires indicatrices de génotoxicité détectées chez le groupe test de O.mykiss et de _ L.balthica_ est significativement plus élevé que chez le groupe contrôle, notamment pour les NB (bourgeonnements nucléaires), Nbf (bourgeonnements nucléaires sur filament) et (BL). L’augmentation du nombre de MN (micronoyaux) n’est pas significative chez ces deux espèces. Pour les indicateurs de cytotoxicité, seul le nombre de cellules en 8 est significativement plus élevé chez le groupe test de O.mykiss alors que chez L.balthica c’est aussi le cas pour les BN (cellules binuclées) et AP (cellules apoptotiques).
Pour H.diversicolor, les indicateurs de génotoxicité dont l’augmentation est significative pour le groupe test sont les cellules à MN (micronoyaux) et à NB (bourgeonnements nucléaires). Aucun indicateurs de cytotoxicité augmente significativement chez H.diversicolor.

Rigueur de l'article :

Statistiques utilisées :
Pour vérifier si les augmentation des anomalies cellulaires étaient significatives chez le groupe test par rapport au groupe contrôle, les auteurs ont utilisé le test non paramétrique de Wilcoxon-Mann-Witney. Les auteurs on choisi d'utiliser ce test car après avoir appliqué un test de Shapiro il se sont aperçus que la distribution des variables mesurées ne suivaient pas une loi normale. Cela à empêché l'utilisation d'un test paramétrique qui aurait permis de rejeter plus facilement l'hypothèse nulle. Les tests statistiques utilisés dans cet article ont donc été bien choisis.

Échantillonnage :
Seuls 20 spécimens de truite arc-en-ciel ( Oncorhynchus mykiss ) ont été échantillonnées pour chaque groupe dans leur analyse. Au regard de la loi des grands nombres cette échantillonnage peut être la source de biais potentiels dus à la non représentativité de notre échantillon de la population testées, ce qui pourrait entraîner un faux positif ou un faux négatif.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article souligne le fait que les champs électromagnétiques à basse fréquence émis par les câbles transportant un courant alternatif sont plus toxiques pour les cellules et le génome des organismes que les champs électromagnétiques continus.
Les résultats de cet article indiquent que les champs à basse fréquence peuvent endommager les cellules d'organismes benthiques et peu mobiles qui, ne pouvant pas fuir la proximité des câbles, y seraient exposés durant de longues durées.
Or, les vers marins et les bivalves sont des groupes cruciaux pour le bon fonctionnement des chaînes alimentaires. De plus, cet article montre également que les œufs et larves de poissons subissent également des dommages alors qu'un grand nombre de poissons téléostéens pondent sur le fond marin. Ces expériences méritent d'être répliquées sur d'autres espèces, d'autres durées et d'autres intensités de champs électromagnétiques à basse fréquence.

Publiée il y a plus de 5 ans par J. Menon et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.