ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de l'article :

Les accotements routiers au service de la biodiversité. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. 2015. www.developpement-durable.gouv.fr


Figure :

Bilan de l'expérimentation avec les 3 modes de gestions testés.
En rouge : intérêt faible, en jaune : intérêt moyen, en vert : intérêt fort.
Source : "Les accotements routiers au service de la biodiversité". 2015. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Introduction à l'article :

L'article rappelle l'importance des pollinisateurs entre autre en agriculture : "35 % du volume mondial de la production alimentaire serait lié à la pollinisation par les insectes" [Klein et al. 2006. Importance of pollinators in changing landscapes for world crops].
D'après l'article, une surmortalité anormale est observée ces dernières années, avec notamment le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles [>Voir "Remarque sur l'article"]. Les facteurs évoqués sont les pesticides, le manque de ressources alimentaires ainsi que leur faible diversification [Agence française de sécurité sanitaire des aliments. 2009. Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles].
La gestion des accotements routiers favoriserait la production de nectar et de pollen, qui constituent une ressource primordiale pour la survie des insectes pollinisateurs[1].

Expériences de l'article :

Comparaison entre 3 modes de gestion :

  • une seule fauche tardive annuelle dans une zone où des semis de mélanges de fleurs ont été replantés
  • une seule fauche tardive annuelle dans une zone où la flore est naturelle
  • une gestion témoin avec au moins deux fauches par année Ensuite des relevés sur la végétation et les pollinisateurs ont été réalisés entre mai et septembre de 2010 à 2012. Le suivi a été réalisé par l'association Réseau Biodiversité pour les Abeilles (RBA) assistée d'écologues du MNHN, du CNRS et de l'OPIE (Office Pour les Insectes et leur Environnement). L'ensemble des données issues de ces relevés a été analysé statistiquement pour comparer les différents modes de gestion.
Résultats de l'article :

L'expérience aboutit à une production florale beaucoup plus importante lors d'un fauchage tardif (par rapport à la gestion témoin), bien qu'elle ne soit pas plus diversifiée. Les conséquences sont une disponibilité accrue en ressources alimentaires pour les pollinisateurs qui sont donc davantage attirés.
En ce qui concerne la replantation de semis de mélanges floraux, la réussite est moindre en raison de conditions climatiques et de qualités des sols plutôt défavorables. Lorsque la replantation était un succès, elle permettait d'offrir une ressource alimentaire en plus grande quantité pour les insectes pollinisateurs et permettant de plus une arrivée abondante d'une forte diversité d'abeilles et de papillons.
**Mise en place d'un Plan National d'Action :

  • Abandon de la fauche classique (>1 fois/saison)
  • Généralisation de la fauche tardive (1 fois/an) aux moments propices au maintien du service écosystémique
  • Encouragement à l'implantation de semis floraux**
Rigueur de l'article :

Le début de cette publication "A La pollinisation, un service écosystémique en déclin" est une partie vulgarisation avec rappel sur la pollinisation, les services écosystémiques etc.
Les résultats sont présentés de manière synthétique sous forme d'un tableau à 3 couleurs, mais on n'a pas les données brutes et le détail des résultats.
Le pollen des végétaux peut être pollué par des pesticides [2] ou parasité [3]. Il est donc nécessaire que cette méthode mette également en application un système pour contrer ces éventuels problèmes.

Ce que cet article apporte au débat :

Cette publication gouvernementale apporte une mise en oeuvre concrète des actions de l'Homme pour préserver la biodiversité des insectes pollinisateurs et l'apparent succès de cette expérience. La modification des pratiques de fauchage routier et la valorisation accotements routiers ("dépendances vertes") est un moyen d'empêcher le déclin des abeilles.

Remarques sur l'article :

Au tout départ, l'article évoque bien le fait que la pollinisation est un service écosystémique (= bénéfices que l'Homme récupère de la part des écosystèmes, sans qu'il n'ait besoin d'agir pour les obtenir).
D'après l'article, la surface totale des accotements autoroutiers ("dépendances vertes") serait à peu près équivalente à la surface cumulée des parcs nationaux
Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles : surmortalité anormale et récurrente des colonies. Les ruches sont presque intégralement vidées de manière soudaine (souvent à la sortie de l'hiver)

Publiée il y a plus de 10 ans par Dennyss LELAURIN.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.