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Le débat « Biodiversité - Fonction écosystémique » : un dialogue interdisciplinaire entre l'écologie, l’agronomie et l'agroécologie
Introduction à l'article :
Dans cet article, le Dr. Valentin Daniel Picasso, professeur d’agronomie et d’agroécologie à l’Université du Wisconsin à Madison fait un état de l’art concernant le débat « Biodiversité - Fonction écosystémique ». Dans une première partie l’auteur revient sur l’historique du débat, expliquant que ce dernier est principalement une discussion entre l'écologie des communautés et l'écologie des écosystèmes. Puis dans une seconde partie, l’auteur propose de sortir du débat uniquement écologique, en y intégrant l’agronomie et l’agroécologie.
Expériences de l'article :
L’auteur revient sur les premiers travaux effectués dans les années 50, en faveur d’une relation positive entre la biodiversité et la stabilité de l'écosystème, puis ceux des années 70, notamment de May, qui prônent une relation négative. Il explique que de nombreuses expériences menées dans les années 90, notamment celles de Cedar Creek et BIODEPTH, ont apportées des preuves empiriques d’une relation positive entre la diversité et la productivité ou la stabilité ; des résultats critiqués, en particulier en raison de « l'effet d'échantillonnage », mais qui ont permis l’émergence d’un cadre de synthèse lors de la conférence de Paris en décembre 2000. À la suite de cette conférence, plusieurs méta-analyses ont montré que les effets de diversité étaient positifs, principalement en raison de « l'effet de complémentarité ». Enfin l’auteur passe en revue les interactions entre les disciplines écologiques, agronomique et agroécologique, à la fois dans la création du conflit et sa résolution.
Résultats de l'article :
Les apports de l’agronomie et de l’agroécologie ont dans un premier temps participé à alimenter le débat, notamment, dans l’un des domaines les plus épineux, à savoir, l’interprétation de « l’effet d’échantillonnage » ; mais ces apports ont également aidé à résoudre le débat selon l’auteur. Les agronomes et agroécologues ont montré que même en associant un petit nombre d’espèce il est souvent possible d’atteindre des niveaux de production supérieurs à la moyenne de productivité des monocultures (sur-rendement non-transgressif), voire de dépasser le rendement de la monoculture la plus productive (sur-rendement transgressif). De plus, ces disciplines ont mis l’accent sur les principes de l'analyse statistique des expériences, comme l'utilisation de vraies répliques de traitements au lieu de pseudo-réplicas.
Rigueur de l'article :
Cet article résume l’historique du débat de manière exhaustive, des premiers résultats des années 50 aux problématiques actuelles. Il apporte également une vision nouvelle grâces aux travaux effectués en agronomie et en agroécologie. Cependant, ces nouvelles approches ne constituent pas l’épilogue du débat comme l’affirme l’auteur, mais sont une nouvelle pierre apportée à l’édifice.
Ce que cet article apporte au débat :
Sans pour autant résoudre le débat, les apports de l’agronomie et de l’agroécologie ont permis de mieux appréhender les expériences, de rendre les analyses statistiques plus robustes et surtout de sortir d’un débat uniquement entre écologues. À ce titre l’auteur suggère de revenir aux conseils et aux expériences de Darwin qui, selon lui, serait le père du débat « Biodiversité - Fonction écosystémique ». En effet, Darwin utilisa de nombreux exemples agricoles pour aider à expliquer les phénomènes naturels. Une approche interdisciplinaire, qui était plus intuitive à l’époque de Darwin, est indispensable pour continuer à avancer dans le débat.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
B Marie et F. Cornet.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Le débat « Biodiversité - Fonction écosystémique » : un dialogue interdisciplinaire entre l'écologie, l’agronomie et l'agroécologie
Introduction à l'article :
Dans cet article, le Dr. Valentin Daniel Picasso, professeur d’agronomie et d’agroécologie à l’Université du Wisconsin à Madison fait un état de l’art concernant le débat « Biodiversité - Fonction écosystémique ». Dans une première partie l’auteur revient sur l’historique du débat, expliquant que ce dernier est principalement une discussion entre l'écologie des communautés et l'écologie des écosystèmes. Puis dans une seconde partie, l’auteur propose de sortir du débat uniquement écologique, en y intégrant l’agronomie et l’agroécologie.
L’auteur revient sur les premiers travaux effectués dans les années 50, en faveur d’une relation positive entre la biodiversité et la stabilité de l'écosystème, puis ceux des années 70, notamment de May, qui prônent une relation négative. Il explique que de nombreuses expériences menées dans les années 90, notamment celles de Cedar Creek et BIODEPTH, ont apportées des preuves empiriques d’une relation positive entre la diversité et la productivité ou la stabilité ; des résultats critiqués, en particulier en raison de « l'effet d'échantillonnage », mais qui ont permis l’émergence d’un cadre de synthèse lors de la conférence de Paris en décembre 2000. À la suite de cette conférence, plusieurs méta-analyses ont montré que les effets de diversité étaient positifs, principalement en raison de « l'effet de complémentarité ». Enfin l’auteur passe en revue les interactions entre les disciplines écologiques, agronomique et agroécologique, à la fois dans la création du conflit et sa résolution.
Les apports de l’agronomie et de l’agroécologie ont dans un premier temps participé à alimenter le débat, notamment, dans l’un des domaines les plus épineux, à savoir, l’interprétation de « l’effet d’échantillonnage » ; mais ces apports ont également aidé à résoudre le débat selon l’auteur. Les agronomes et agroécologues ont montré que même en associant un petit nombre d’espèce il est souvent possible d’atteindre des niveaux de production supérieurs à la moyenne de productivité des monocultures (sur-rendement non-transgressif), voire de dépasser le rendement de la monoculture la plus productive (sur-rendement transgressif). De plus, ces disciplines ont mis l’accent sur les principes de l'analyse statistique des expériences, comme l'utilisation de vraies répliques de traitements au lieu de pseudo-réplicas.
Cet article résume l’historique du débat de manière exhaustive, des premiers résultats des années 50 aux problématiques actuelles. Il apporte également une vision nouvelle grâces aux travaux effectués en agronomie et en agroécologie. Cependant, ces nouvelles approches ne constituent pas l’épilogue du débat comme l’affirme l’auteur, mais sont une nouvelle pierre apportée à l’édifice.
Sans pour autant résoudre le débat, les apports de l’agronomie et de l’agroécologie ont permis de mieux appréhender les expériences, de rendre les analyses statistiques plus robustes et surtout de sortir d’un débat uniquement entre écologues. À ce titre l’auteur suggère de revenir aux conseils et aux expériences de Darwin qui, selon lui, serait le père du débat « Biodiversité - Fonction écosystémique ». En effet, Darwin utilisa de nombreux exemples agricoles pour aider à expliquer les phénomènes naturels. Une approche interdisciplinaire, qui était plus intuitive à l’époque de Darwin, est indispensable pour continuer à avancer dans le débat.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.