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Elsa E. Cleland, professeure d’écologie, comportement et évolution à l’Université de Californie à San Diego, étudie la façon dont les plantes sauvages réagissent aux changements environnementaux mondiaux. C’est dans ce contexte de changements globaux que cet article de synthèse revient sur quelques définitions liées au débat, en particulier la diversité et la stabilité, puis après avoir résumé la théorie du débat « Biodiversité - Stabilité des écosystèmes », l’article présente certaines expériences emblématiques qui illustrent cette controverse.
Expériences de l'article :
Pour cette synthèse l’auteure reprend les résultats de deux expériences majeures du débat « Biodiversité - Stabilité des écosystèmes ». Dans un premier temps, celle de Cedar Creek, qui a analysé la stabilité de la production primaire sur une période d’une dizaine d’années, dans 168 parcelles (9m x 9m) comprenant 1, 2, 4, 8 ou 16 espèces choisies au hasard dans un pool de 18 espèces. La deuxième expérience de grande envergure, cette fois-ci de 24 ans, a étudié la végétation des prairies assemblées naturellement en Mongolie intérieure.
Résultats de l'article :
Les résultats de ces deux expériences majeures montrent que la diversité des espèces peut être interprétée de deux manières, soit par la richesse spécifique, c’est-à-dire, le nombre d’espèces dans une communauté locale, soit par la composition fonctionnelle espèces, autrement dit, l’identité de l’espèce présente dans une communauté. Or, comme le souligne l’auteure, la plupart des recherches sur la relation biodiversité-stabilité des écosystèmes se sont concentrées sur la richesse en espèces plutôt que sur la variation de la composition en espèces. Ces deux expériences, qui ont subi une variation inter-annuelle significative du climat, montrent que les parcelles les plus diversifiées ont eu une production plus stable au fil du temps. En revanche, la stabilité de la population a diminué dans les parcelles plus diversifiées. Enfin, ces expériences ont montré qu’une diminution de l'abondance d'une espèce était compensée par une augmentation de l'abondance d'une autre.
Rigueur de l'article :
L’article, dans sa synthèse de la théorie, est rigoureux. En revanche, l’auteure n’évoque pas les critiques qui ont pu être émises à l’encontre de ces deux expériences qui ont marqué la communauté scientifique, par exemple, « l'effet d'échantillonnage », c’est-à-dire la probabilité d’inclure une espèce hautement productive dans une parcelle, qui pourrait être à l’origine de l'augmentation de la productivité.
Ce que cet article apporte au débat :
Il existe de multiples relations entre la diversité et la stabilité et cela dépend surtout de la façon dont nous définissions la stabilité. Si la stabilité est définie au niveau de l’écosystème, alors l'augmentation de la diversité des espèces sera positivement corrélée avec une stabilité croissante au niveau de l'écosystème. En revanche, si la stabilité est définie au niveau de l’espèce, alors l’augmentation de la diversité sera négativement corrélée avec la stabilité au niveau des espèces en raison de la diminution de la taille des populations d'espèces individuelles.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
B Marie et C. Bonnet.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Biodiversité et stabilité des écosystèmes
Introduction à l'article :
Elsa E. Cleland, professeure d’écologie, comportement et évolution à l’Université de Californie à San Diego, étudie la façon dont les plantes sauvages réagissent aux changements environnementaux mondiaux. C’est dans ce contexte de changements globaux que cet article de synthèse revient sur quelques définitions liées au débat, en particulier la diversité et la stabilité, puis après avoir résumé la théorie du débat « Biodiversité - Stabilité des écosystèmes », l’article présente certaines expériences emblématiques qui illustrent cette controverse.
Pour cette synthèse l’auteure reprend les résultats de deux expériences majeures du débat « Biodiversité - Stabilité des écosystèmes ». Dans un premier temps, celle de Cedar Creek, qui a analysé la stabilité de la production primaire sur une période d’une dizaine d’années, dans 168 parcelles (9m x 9m) comprenant 1, 2, 4, 8 ou 16 espèces choisies au hasard dans un pool de 18 espèces. La deuxième expérience de grande envergure, cette fois-ci de 24 ans, a étudié la végétation des prairies assemblées naturellement en Mongolie intérieure.
Les résultats de ces deux expériences majeures montrent que la diversité des espèces peut être interprétée de deux manières, soit par la richesse spécifique, c’est-à-dire, le nombre d’espèces dans une communauté locale, soit par la composition fonctionnelle espèces, autrement dit, l’identité de l’espèce présente dans une communauté. Or, comme le souligne l’auteure, la plupart des recherches sur la relation biodiversité-stabilité des écosystèmes se sont concentrées sur la richesse en espèces plutôt que sur la variation de la composition en espèces. Ces deux expériences, qui ont subi une variation inter-annuelle significative du climat, montrent que les parcelles les plus diversifiées ont eu une production plus stable au fil du temps. En revanche, la stabilité de la population a diminué dans les parcelles plus diversifiées. Enfin, ces expériences ont montré qu’une diminution de l'abondance d'une espèce était compensée par une augmentation de l'abondance d'une autre.
L’article, dans sa synthèse de la théorie, est rigoureux. En revanche, l’auteure n’évoque pas les critiques qui ont pu être émises à l’encontre de ces deux expériences qui ont marqué la communauté scientifique, par exemple, « l'effet d'échantillonnage », c’est-à-dire la probabilité d’inclure une espèce hautement productive dans une parcelle, qui pourrait être à l’origine de l'augmentation de la productivité.
Il existe de multiples relations entre la diversité et la stabilité et cela dépend surtout de la façon dont nous définissions la stabilité. Si la stabilité est définie au niveau de l’écosystème, alors l'augmentation de la diversité des espèces sera positivement corrélée avec une stabilité croissante au niveau de l'écosystème. En revanche, si la stabilité est définie au niveau de l’espèce, alors l’augmentation de la diversité sera négativement corrélée avec la stabilité au niveau des espèces en raison de la diminution de la taille des populations d'espèces individuelles.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.