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Biodiversité et stabilité des écosystèmes dans le cadre d'une expérience de dix ans sur les prairies
Introduction à l'article :
Cet article s’inscrit dans un contexte où l'être humain modifie fortement son environnement, à tel point qu'il est possible de se demander ce que sont les conséquences d’une perte du nombre d’espèces sur un écosystème.
En 2006, les connaissances s'arrêtaient au fait que la biodiversité affecterait la productivité d’un écosystème tandis que le nombre d’espèces, soit la richesse spécifique, influencerait son fonctionnement. Dans cette étude, l’hypothèse de départ, et qui sera testée, est donc que la diversité a un effet stabilisateur sur les écosystèmes dès lors que les échelles de temps sont suffisantes pour incorporer la résistance et la résilience des espèces dans les mesures. Ainsi, à travers une expérience où la stabilité végétale est testée sur le long terme (~ 10 années d’études), cet article apporte de nouvelles connaissances concernant l’hypothèse diversité-stabilité d’un écosystème prairial.
Expériences de l'article :
Ces recherches consistent en un test expérimental aléatoire sur un total de 168 parcelles échantillonnées et analysées sur le long terme (10 ans). Les mesures ont été réalisées au bout de 2, 5 et 10 années d’étude. Chacune des parcelles a été ensemencée au hasard, avec entre 1 et 16 espèces végétales de prairie pérennes, contenant respectivement 39, 35, 29,30 et 35 réplicas. L'identité fonctionnelle des espèces était diversifiée : les parcelles comprenaient aussi bien des C3, des C4 ou encore des légumineuses…
Ici, la stabilité temporelle, que les auteurs considèrent comme étant le degré de constance d’une variable par rapport à sa moyenne (sur 10 ans) pour une période de temps donnée, est mesurée pour chaque parcelle au cours du temps. La stabilité de l’écosystème, mais également des espèces (i.e. stabilité aérienne des différentes espèces végétales) est étudiée. De plus, l’abondance de chaque espèce est estimée en utilisant l’indice de Shannon.
Résultats de l'article :
Les principaux résultats montrent que la stabilité écosystémique semble être fonction croissante du nombre d'espèces, soit d’une biodiversité élevée, avec une tendance à l'augmentation au cours du temps. En effet, sur les dix ans d’expérimentations, les parcelles diversifiées étaient en moyenne 70% plus stables que les monocultures.
Cependant, contrairement à la stabilité des écosystèmes, la stabilité des espèces individuelles est fonction décroissante du nombre d’espèces.
En somme, les résultats de cette étude, combinés à ceux d’études antérieures augurent qu’à court terme, certains phénomènes tels que les événements extrêmes, peuvent ne pas souligner une potentielle relation biodiversité – stabilité écosystémique, car la perte de biodiversité peut être indépendante de la diversité. Néanmoins, à long terme, cette relation semble être avérée. Cela pourrait être la résultante d'une covariance de plus en plus négative des abondances des espèces concurrentes à une diversité plus élevée.
Rigueur de l'article :
Cet article semble rigoureux dans le sens où les chercheurs étudient les écosystèmes avec ou sans « detrending ». De plus, ils intègrent un grand nombre de types de végétaux différents (des plantes en C3, en C4, des légumineuses…). La composition des parcelles a été choisie au hasard et les herbes non semées au début de l'expérience ont été éliminées de chaque parcelle afin d’exclure au maximum toute forme de perturbations.
Pour finir, ils ont pris le soin de tester la relation biodiversité – stabilité de l’écosystème pour 10 années complètes, mais également de diviser ces 10 années en deux blocs de 5 années ou en cinq blocs de 2 années afin de suivre l’évolution de cette relation dans différentes fourchettes temporelles.
Ce que cet article apporte au débat :
Antérieurement, l’étude la plus longue qui ait été réalisée pour étudier la relation biodiversité – stabilité n’avait duré que huit semaines et présentait des résultats mitigés. Ainsi, cette étude était inédite au moment de sa publication, car elle permettait indubitablement d'observer cette relation à plus long terme.
De surcroît, au-delà de confirmer l’importance de la biodiversité dans la stabilité de l’écosystème, cette étude souligne que cette relation tend à se renforcer avec le temps.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
F. Cornet et C. Bonnet.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Biodiversité et stabilité des écosystèmes dans le cadre d'une expérience de dix ans sur les prairies
Introduction à l'article :
Cet article s’inscrit dans un contexte où l'être humain modifie fortement son environnement, à tel point qu'il est possible de se demander ce que sont les conséquences d’une perte du nombre d’espèces sur un écosystème.
En 2006, les connaissances s'arrêtaient au fait que la biodiversité affecterait la productivité d’un écosystème tandis que le nombre d’espèces, soit la richesse spécifique, influencerait son fonctionnement. Dans cette étude, l’hypothèse de départ, et qui sera testée, est donc que la diversité a un effet stabilisateur sur les écosystèmes dès lors que les échelles de temps sont suffisantes pour incorporer la résistance et la résilience des espèces dans les mesures. Ainsi, à travers une expérience où la stabilité végétale est testée sur le long terme (~ 10 années d’études), cet article apporte de nouvelles connaissances concernant l’hypothèse diversité-stabilité d’un écosystème prairial.
Ces recherches consistent en un test expérimental aléatoire sur un total de 168 parcelles échantillonnées et analysées sur le long terme (10 ans). Les mesures ont été réalisées au bout de 2, 5 et 10 années d’étude. Chacune des parcelles a été ensemencée au hasard, avec entre 1 et 16 espèces végétales de prairie pérennes, contenant respectivement 39, 35, 29,30 et 35 réplicas. L'identité fonctionnelle des espèces était diversifiée : les parcelles comprenaient aussi bien des C3, des C4 ou encore des légumineuses…
Ici, la stabilité temporelle, que les auteurs considèrent comme étant le degré de constance d’une variable par rapport à sa moyenne (sur 10 ans) pour une période de temps donnée, est mesurée pour chaque parcelle au cours du temps. La stabilité de l’écosystème, mais également des espèces (i.e. stabilité aérienne des différentes espèces végétales) est étudiée. De plus, l’abondance de chaque espèce est estimée en utilisant l’indice de Shannon.
Les principaux résultats montrent que la stabilité écosystémique semble être fonction croissante du nombre d'espèces, soit d’une biodiversité élevée, avec une tendance à l'augmentation au cours du temps. En effet, sur les dix ans d’expérimentations, les parcelles diversifiées étaient en moyenne 70% plus stables que les monocultures.
Cependant, contrairement à la stabilité des écosystèmes, la stabilité des espèces individuelles est fonction décroissante du nombre d’espèces.
En somme, les résultats de cette étude, combinés à ceux d’études antérieures augurent qu’à court terme, certains phénomènes tels que les événements extrêmes, peuvent ne pas souligner une potentielle relation biodiversité – stabilité écosystémique, car la perte de biodiversité peut être indépendante de la diversité. Néanmoins, à long terme, cette relation semble être avérée. Cela pourrait être la résultante d'une covariance de plus en plus négative des abondances des espèces concurrentes à une diversité plus élevée.
Cet article semble rigoureux dans le sens où les chercheurs étudient les écosystèmes avec ou sans « detrending ». De plus, ils intègrent un grand nombre de types de végétaux différents (des plantes en C3, en C4, des légumineuses…). La composition des parcelles a été choisie au hasard et les herbes non semées au début de l'expérience ont été éliminées de chaque parcelle afin d’exclure au maximum toute forme de perturbations.
Pour finir, ils ont pris le soin de tester la relation biodiversité – stabilité de l’écosystème pour 10 années complètes, mais également de diviser ces 10 années en deux blocs de 5 années ou en cinq blocs de 2 années afin de suivre l’évolution de cette relation dans différentes fourchettes temporelles.
Antérieurement, l’étude la plus longue qui ait été réalisée pour étudier la relation biodiversité – stabilité n’avait duré que huit semaines et présentait des résultats mitigés. Ainsi, cette étude était inédite au moment de sa publication, car elle permettait indubitablement d'observer cette relation à plus long terme.
De surcroît, au-delà de confirmer l’importance de la biodiversité dans la stabilité de l’écosystème, cette étude souligne que cette relation tend à se renforcer avec le temps.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.