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Titre de l'article :

L'urbanisation entraîne un déclin de l'abondance et de la diversité des taxons à plusieurs échelles spatiales


Introduction à l'article :

De nombreuses études ont montré le lien entre l’urbanisation et deux déterminants écologiques (abondance et diversité d’espèce). Certains montrent une relation négative, d’autre positive ou pas de relation. Ces résultats prouvent que la biodiversité dépend de l’échelle spatiale et des taxons étudiés.
Les causes de ces changements en biodiversité sont : les espèces ne sont pas adaptées aux nouveaux environnements et donc il y a une baisse de diversité, les espèces adaptées peuvent occuper toutes les ressources. Aussi les espèces peuvent régir à des échelles spatiales différentes. Le but de cette étude est de déterminer l’abondance et la richesse spécifique en fonction des différentes échelles spatiales choisies.

Expériences de l'article :

Dans cette étude, les données sur l'abondance et la richesse des espèces sont analysées (une limnoterrestre, une aquatique et sept terrestres) le long de gradients d'urbanisation reproduits en Belgique. Les communautés sont échantillonnées selon un plan d'échantillonnage emboîté, dans lequel trois niveaux d'urbanisation à l'échelle locale ont été échantillonnés à plusieurs reprises dans les trois mêmes zones d'urbanisation à l'échelle du paysage. Les échantillons suivants ont été comparés statistiquement : a) les sous-placettes à faible urbanisation dans les placettes à faible urbanisation ; (b) fortement les sous-parcelles urbanisées dans les parcelles fortement urbanisées ; c) les parcelles à faible urbanisation indépendamment le degré d'urbanisation locale ; d) les parcelles fortement urbanisées, quel que soit du degré d'urbanisation locale ; et (e) tous les échantillons, quel que soit du degré d'urbanisation à l'échelle locale et paysagère.

Résultats de l'article :

L'urbanisation à l'échelle locale a eu un effet beaucoup plus important sur l'abondance que l'urbanisation à l'échelle du paysage, qui n'a montré aucun effet en l'un des groupes faisant l'objet d'une enquête. L'urbanisation locale et à l'échelle du paysage n'a été observée que pour les papillons, avec une diminution de l'abondance plus forte à l'échelle locale
Pour la richesse spécifique, il y a une une accumulation plus lente des espèces à l'échelle locale et/ou régionale. Un déclin a été observé dans le nombre total d'espèces des groupes dont le niveau d'urbanisation augmente
Les groupes présentant la plus forte diminution de l'abondance (macro-mites, papillons, orthoptères, coléoptères et araignées de terre) ont montré une réduction significative à la fois de la richesse locale en espèces et de la richesse totale en espèces

Rigueur de l'article :

L'intégration des données à travers des échelles spatiales et des taxons multiples est nécessaire pour fournir une vue d'ensemble de la façon dont la biodiversité est affectée par l'urbanisation. Il n'y a actuellement que peu de consensus sur la réponse attendue de l'abondance des organismes à l'urbanisation, cela peut baisser ou augmenter. L'augmentation de l'abondance pourrait être en raison de la dominance de quelques espèces synanthropiques avec des capacités compétitives, renforcées par la réduction de la prédation. Par ailleurs, l'environnement hostile imposé par les structures urbaines et les diminutions de la connectivité et de la taille des parcelles d'habitat appropriées peut appauvrir les individus et les espèces.
Le déclin observé de la diversité soutient l'idée d'une mauvaise gestion de l'environnement. Les conditions de vie en milieu urbain diminuent donc les densités moyennes des principaux groupes d'organismes.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article met en avant le fait de faire très attention aux résultats obtenues lors des études d'abondance ou de richesse spécifique. En effet, il faut prendre en compte également plusieurs autres facteurs pour pouvoir en tirer des conclusions pertinentes quant à l'impact de l'urbanisation sur la biodiversité. D'autant plus que beaucoup d'études se contredisent. En outre, les résultats de cette étude suggèrent que l'urbanisation pourrait avoir un fort impact sur le fonctionnement des écosystèmes et des services, car elle affecte négativement les groupes qui jouent un rôle central dans une variété de processus écologiques, comme le cycle des nutriments, la pollinisation, la prédation… Les réponses à l'urbanisation dépendent fortement du groupe examiné, l'échelle de l'urbanisation et l'échelle à laquelle la diversité est évaluée. Des enquêtes complémentaires devraient être menées pour mieux comprendre les mécanismes qui se cachent derrière ce schéma.

Publiée il y a plus de 5 ans par R. Hoarau.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.