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La distribution spatiale des éoliennes est cruciale pour la survie des populations de Milans royaux
Introduction à l'article :
L’énergie éolienne produit peu de CO2 et est renouvelable qui est de plus en plus répandu. Cependant, les éoliennes peuvent avoir impacts négatifs sur la biodiversité. Les effets sont multiples : mortalité liée à des collisions directes, perturbations des routes migratoires, abandons de sites par des individus ou un population, diminution de la fitness. Bien que le nombre brut de morts liées à une collisions soit faible, l’impact peut être drastique en fonction des sites et des populations étudiés. Certains paramètres peuvent minimiser ces collisions telles l’illumination ou les caractéristiques des pales. Cependant, peu d’étude se sont intéressées à comment la distribution des champs d’éoliennes pouvait cet impact. _Milvus milvus _(Milan royal) est une espèce en déclin endémique à l’Europe qui est une victime récurrente des collisions avec des éoliennes et, étant longévive, une petite augmentation de son taux de mortalité peut avoir des répercutions catastrophiques sur une population.
Expériences de l'article :
L’auteur a voulu modéliser ici les effets cumulés de différents facteurs liés à l’implantation d’éoliennes sur une zone étendue ainsi que l’effet cumulé de plusieurs implantations d’éoliennes. Pour cela, il a d’abord modélisé l’effet du nombre et de la distribution spatiale des éoliennes sur la croissance démographique sur les individus en fonction de la distance au nid et en a déduit la fonction risque-distance (distance-risk function). Le coefficient directeur de ce modèle correspondant au risque de collision et l’ordonnée à l’origine exprime les caractéristiques des éoliennes. Puis il a modélisé l’effet du degré de regroupement des éoliennes (vitesse de rotation, hauteur, forme des pales,…).
Résultats de l'article :
Les résultats montrent que le taux de croissance démographique de la population de Milans royal décline quand le nombre d’éoliennes augmente. Si cette pression devient trop forte, la population peut perdre son potentiel d’export d’individus voir même passer d’une population «source» à une population «puit». De même plus les éoliennes sont dispersées sur le territoire et plus la population décline. L’impact varie donc selon le rapport entre le risque de collision et la distance entre l’éolienne et le nid de l’individu. Ces résultats sont minimisés lorsque les éoliennes sont rassemblées en un champ. Dans l’idéal, il faut éviter d’implanter des éoliennes dans des environnements sensibles (espèces rares présentes, situé sur une route migratoire, ...) et regrouper les éoliennes en champs. Il est donc important de faire une estimation des impacts environnementaux et sur la biodiversité avant l’implantation d’éoliennes à l’échelle régionale.
Rigueur de l'article :
Dans l'ensemble, l'auteur a effectué un travail propre et scientifiquement correct en avançant les limites de ses modèles, que ce soit en ce qui concerne l'espèce utilisée pour l'étude (qui a une écologie et des comportements différents de bien des oiseaux) ou les facteurs pris en compte dans l'élaboration des modèles. Il a également effectué des analyses de sensibilité sur ses modèles pour essayer de mettre en évidence d'éventuels biais qu'il n'aurait pas remarqués.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article est intéressant car il apporte des arguments variés dont l'objectif semble de concilier la conservation de la biodiversité aviaire (des Milans royaux ici) et le développement d'infrastructures éoliennes, en apportant quelques pistes de travail pour pallier à l'effet négatif de l'éolien sur cet oiseau. Tout d'abord, il y est précisé que ce n'est pas le nombre brut d'individus tués qui est alarmant, mais bien l'impact sur le long terme sur les populations d'espèces précises. Il met donc l'accent sur les études écologiques pré-projet d'implantation pour minimiser ces impacts, mais apporte également des informations sur comment organiser spatialement ces infrastructures pour minimiser encore plus les risques. Ces études pré-implantation permettrait également d'écarter le zones "sensibles" (route migratoire, grande diversité aviaire, espèces rares) de ces projets.
La distribution spatiale des éoliennes est cruciale pour la survie des populations de Milans royaux
Introduction à l'article :
L’énergie éolienne produit peu de CO2 et est renouvelable qui est de plus en plus répandu. Cependant, les éoliennes peuvent avoir impacts négatifs sur la biodiversité. Les effets sont multiples : mortalité liée à des collisions directes, perturbations des routes migratoires, abandons de sites par des individus ou un population, diminution de la fitness. Bien que le nombre brut de morts liées à une collisions soit faible, l’impact peut être drastique en fonction des sites et des populations étudiés. Certains paramètres peuvent minimiser ces collisions telles l’illumination ou les caractéristiques des pales. Cependant, peu d’étude se sont intéressées à comment la distribution des champs d’éoliennes pouvait cet impact. _Milvus milvus _(Milan royal) est une espèce en déclin endémique à l’Europe qui est une victime récurrente des collisions avec des éoliennes et, étant longévive, une petite augmentation de son taux de mortalité peut avoir des répercutions catastrophiques sur une population.
L’auteur a voulu modéliser ici les effets cumulés de différents facteurs liés à l’implantation d’éoliennes sur une zone étendue ainsi que l’effet cumulé de plusieurs implantations d’éoliennes. Pour cela, il a d’abord modélisé l’effet du nombre et de la distribution spatiale des éoliennes sur la croissance démographique sur les individus en fonction de la distance au nid et en a déduit la fonction risque-distance (distance-risk function). Le coefficient directeur de ce modèle correspondant au risque de collision et l’ordonnée à l’origine exprime les caractéristiques des éoliennes. Puis il a modélisé l’effet du degré de regroupement des éoliennes (vitesse de rotation, hauteur, forme des pales,…).
Les résultats montrent que le taux de croissance démographique de la population de Milans royal décline quand le nombre d’éoliennes augmente. Si cette pression devient trop forte, la population peut perdre son potentiel d’export d’individus voir même passer d’une population «source» à une population «puit». De même plus les éoliennes sont dispersées sur le territoire et plus la population décline. L’impact varie donc selon le rapport entre le risque de collision et la distance entre l’éolienne et le nid de l’individu. Ces résultats sont minimisés lorsque les éoliennes sont rassemblées en un champ. Dans l’idéal, il faut éviter d’implanter des éoliennes dans des environnements sensibles (espèces rares présentes, situé sur une route migratoire, ...) et regrouper les éoliennes en champs. Il est donc important de faire une estimation des impacts environnementaux et sur la biodiversité avant l’implantation d’éoliennes à l’échelle régionale.
Dans l'ensemble, l'auteur a effectué un travail propre et scientifiquement correct en avançant les limites de ses modèles, que ce soit en ce qui concerne l'espèce utilisée pour l'étude (qui a une écologie et des comportements différents de bien des oiseaux) ou les facteurs pris en compte dans l'élaboration des modèles. Il a également effectué des analyses de sensibilité sur ses modèles pour essayer de mettre en évidence d'éventuels biais qu'il n'aurait pas remarqués.
Cet article est intéressant car il apporte des arguments variés dont l'objectif semble de concilier la conservation de la biodiversité aviaire (des Milans royaux ici) et le développement d'infrastructures éoliennes, en apportant quelques pistes de travail pour pallier à l'effet négatif de l'éolien sur cet oiseau. Tout d'abord, il y est précisé que ce n'est pas le nombre brut d'individus tués qui est alarmant, mais bien l'impact sur le long terme sur les populations d'espèces précises. Il met donc l'accent sur les études écologiques pré-projet d'implantation pour minimiser ces impacts, mais apporte également des informations sur comment organiser spatialement ces infrastructures pour minimiser encore plus les risques. Ces études pré-implantation permettrait également d'écarter le zones "sensibles" (route migratoire, grande diversité aviaire, espèces rares) de ces projets.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.