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Intégration du tempérament animal dans l'écologie et l'évolution
Résumé de la review :
Les animaux diffèrent dans leurs réactions vis-à-vis de risques potentiels, lorsqu’ils font face à une nouveauté ou lorsqu’ils interagissent avec leurs pairs en raison de différences de tempérament. Pour les auteurs, le tempérament correspond à son comportement individuel constant répétable dans le temps et/ou entre les situations. Leur définition comprend des traits classifiables dans cinq catégories associées à des méthodes d'évaluation, à savoir : timidité-témérité comme réaction à des situations risquées, exploration-évitement dans le cas d’une situation nouvelle (habitat, alimentation, objet), activité comme le niveau général d’activité, agressivité en tant que réaction envers les pairs et socialité, réaction en présence ou absence de pairs. Ils avancent que les traits ne s’expriment pas que dans les situations mentionnées précédemment mais ils sont fortement exprimés et cela facile leur mesure. Cette liste peut être considérée comme un outil de travail mais n’est pas exhaustive. Ces traits seraient héritables, liés à la fitness et à certains autres traits impliqués en écologie et évolution. Enfin, les tempéraments ne doivent pas être assimilés à des motivations où à des capacités.
Les auteurs se sont ensuite intéressés aux aspects qui font que la personnalité animale est négligée. Une comparaison avec les traits d’histoire de vie vient appuyer les arguments selon lesquels la terminologie est peu précise : il existe différentes méthodes pour mesurer un trait et une même méthode peut être employée pour différents traits compliquant la comparabilité entre espèces et donc la généralisation des observations et enfin la difficulté à mettre en évidence le lien avec la fitness. Ils évoquent donc le besoin de données empiriques basées sur des méthodes objectives et spécifiques.
Parallèlement, ils soulignent l’importance de l’étude du tempérament. En effet, il a été démontré que dans la nature, la personnalité affecte de nombreux traits dont la dispersion à la naissance, la qualité du territoire, la performance reproductrice, la survie, le recrutement de la descendance et les réponses physiologiques au stress. Pour eux, il serait donc bénéfique de prendre en compte la personnalité dans d’autres domaines d’études. Pour cela ils préconisent quatre étapes : l’utilisation d’un test apportant une mesure standard et appropriée à l’espèce étudiée, le test doit avoir été validé via la relation entre le trait comportemental étudié et d’autres mesures de traits, un lien doit mettre en évidence la variation de tempérament et les différences de fitness au sein de la population et l’établissement de comparaison entre et au sein des espèces.
En ce qui concerne les méthodes employées pour la mesure de traits, chacune doit considérer la variabilité phénotypique (exclusion des comportements non ciblés, standardisation, éviter les effets de la configuration expérimentale, plusieurs mesures par catégorie de trait), être répétable (dans un environnement constant, prévenir l’apprentissage et l’habituation, multiplier les conditions environnementales et temporelles de mesure) et avoir une base génétique, i.e. être héritable.
Afin d’évaluer la validité des mesures, ils suggèrent de tester de grands échantillons, chercher des relations entre personnalité et traits physiologiques ou écologiques, chercher des corrélations génétiques ou phénotypiques pour investiguer s’il peut s’agir d’un syndrome comportemental. Au-delà de ces aspects pratiques, ils élargissent le cadre en évoquant les liens entre valeur sélective et personnalité qui demeurent largement méconnus, l’action de la sélection sur la personnalité avec des lacunes sur les composantes affectées. Ils invitent pour finir à effectuer des comparaisons que ce soit entre populations pour investiguer les liens entre phénotype et caractéristiques environnementales ou entre espèces pour tester si un trait serait adapté à une fonction.
Rigueur de la review :
Les bourses de financement proviennent des différents auteurs : 'Natural Sciences and Engineering Council of Canada'
(D.R., S.M.R.), 'Ramo´n y Cajal grant' (D.S.), et 'TALENT-fellowship grant of the Netherlands Organisation for Scientific Research' (N.J.D.). L'apport de cette review semble être majeur dans la mesure où elle a été citée 2473 fois.
Ce que cette review apporte au débat :
Au vu des limites et lacunes mises en exergue, les auteurs ont démontré le potentiel qu’offre la personnalité animale en tant que thème à part entière ou appelant une approche multidisciplinaire. Ils soutiennent ainsi l’existence de personnalité et ces implications dans différents champs de recherche comme la dynamique des populations, l’écologie des communautés, les invasions biologiques et la spéciation.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
L. Bégué.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Intégration du tempérament animal dans l'écologie et l'évolution
Résumé de la review :
Les animaux diffèrent dans leurs réactions vis-à-vis de risques potentiels, lorsqu’ils font face à une nouveauté ou lorsqu’ils interagissent avec leurs pairs en raison de différences de tempérament. Pour les auteurs, le tempérament correspond à son comportement individuel constant répétable dans le temps et/ou entre les situations. Leur définition comprend des traits classifiables dans cinq catégories associées à des méthodes d'évaluation, à savoir : timidité-témérité comme réaction à des situations risquées, exploration-évitement dans le cas d’une situation nouvelle (habitat, alimentation, objet), activité comme le niveau général d’activité, agressivité en tant que réaction envers les pairs et socialité, réaction en présence ou absence de pairs. Ils avancent que les traits ne s’expriment pas que dans les situations mentionnées précédemment mais ils sont fortement exprimés et cela facile leur mesure. Cette liste peut être considérée comme un outil de travail mais n’est pas exhaustive. Ces traits seraient héritables, liés à la fitness et à certains autres traits impliqués en écologie et évolution. Enfin, les tempéraments ne doivent pas être assimilés à des motivations où à des capacités.
Les auteurs se sont ensuite intéressés aux aspects qui font que la personnalité animale est négligée. Une comparaison avec les traits d’histoire de vie vient appuyer les arguments selon lesquels la terminologie est peu précise : il existe différentes méthodes pour mesurer un trait et une même méthode peut être employée pour différents traits compliquant la comparabilité entre espèces et donc la généralisation des observations et enfin la difficulté à mettre en évidence le lien avec la fitness. Ils évoquent donc le besoin de données empiriques basées sur des méthodes objectives et spécifiques.
Parallèlement, ils soulignent l’importance de l’étude du tempérament. En effet, il a été démontré que dans la nature, la personnalité affecte de nombreux traits dont la dispersion à la naissance, la qualité du territoire, la performance reproductrice, la survie, le recrutement de la descendance et les réponses physiologiques au stress. Pour eux, il serait donc bénéfique de prendre en compte la personnalité dans d’autres domaines d’études. Pour cela ils préconisent quatre étapes : l’utilisation d’un test apportant une mesure standard et appropriée à l’espèce étudiée, le test doit avoir été validé via la relation entre le trait comportemental étudié et d’autres mesures de traits, un lien doit mettre en évidence la variation de tempérament et les différences de fitness au sein de la population et l’établissement de comparaison entre et au sein des espèces.
En ce qui concerne les méthodes employées pour la mesure de traits, chacune doit considérer la variabilité phénotypique (exclusion des comportements non ciblés, standardisation, éviter les effets de la configuration expérimentale, plusieurs mesures par catégorie de trait), être répétable (dans un environnement constant, prévenir l’apprentissage et l’habituation, multiplier les conditions environnementales et temporelles de mesure) et avoir une base génétique, i.e. être héritable.
Afin d’évaluer la validité des mesures, ils suggèrent de tester de grands échantillons, chercher des relations entre personnalité et traits physiologiques ou écologiques, chercher des corrélations génétiques ou phénotypiques pour investiguer s’il peut s’agir d’un syndrome comportemental. Au-delà de ces aspects pratiques, ils élargissent le cadre en évoquant les liens entre valeur sélective et personnalité qui demeurent largement méconnus, l’action de la sélection sur la personnalité avec des lacunes sur les composantes affectées. Ils invitent pour finir à effectuer des comparaisons que ce soit entre populations pour investiguer les liens entre phénotype et caractéristiques environnementales ou entre espèces pour tester si un trait serait adapté à une fonction.
Les bourses de financement proviennent des différents auteurs : 'Natural Sciences and Engineering Council of Canada'
(D.R., S.M.R.), 'Ramo´n y Cajal grant' (D.S.), et 'TALENT-fellowship grant of the Netherlands Organisation for Scientific Research' (N.J.D.). L'apport de cette review semble être majeur dans la mesure où elle a été citée 2473 fois.
Au vu des limites et lacunes mises en exergue, les auteurs ont démontré le potentiel qu’offre la personnalité animale en tant que thème à part entière ou appelant une approche multidisciplinaire. Ils soutiennent ainsi l’existence de personnalité et ces implications dans différents champs de recherche comme la dynamique des populations, l’écologie des communautés, les invasions biologiques et la spéciation.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.