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Titre de l'article :

Mise à l'échelle des possibles effets négatifs des parcs éoliens offshore sur les oiseaux marins : élaboration et application d'un indice de vulnérabilité


Introduction à l'article :

L’éolien offshore (jusqu'à 100km des côtes) représente une industrie en plein essor de nos jours et les prédictions indiquent que cela pourrait devenir le développement technique marin le plus répandu d’Europe. Cependant, peu d’informations sont disponibles sur leurs effets sur les environnements marins. Ainsi, les données sur lesquelles l’industrie de l’éolien offshore peut s’appuyer sont très limitées. Les oiseaux comptent parmi les taxa les plus affectés par les éoliennes. L’abondance et la distribution des oiseaux marins en mer du Nord sont assez bien documentées, cependant peu d’informations spécifiques à leurs activités et habitudes existent. Or, des comportements comme la hauteur de vol peut grandement influencer les risques de collision. Le but de cette étude est donc de déterminer ces différents facteurs et de les évaluer pour les différentes espèces observées, ainsi que de cartographier les zones à risque de la Zone Economique Exclusive allemande en mer du Nord.

Expériences de l'article :

Neuf facteurs de vulnérabilité ont été déterminés et mesurés (sur une échelle de 1 = bas à 5 = élevé) pour les différentes espèces d’oiseaux étudiées. Parmi ces facteurs, cinq ont pu être basés sur des données réelles (pourcentage de temps au vol, flexibilité dans l’usage de l’habitat, taille biogéographique de la population, taux de survie des adultes, statut de conservation et de menace européen) tandis que les quatre autres ont été déterminées indépendamment et subjectivement par 10 experts pour chaque facteurs (manœuvrabilité au vol, activité de vol nocturne, perturbation par les trafics de bateau et d’hélicoptère, hauteur de vol). Ces neufs facteurs ont été organisés en trois catégories afin de calculer l’indice de sensibilité de chaque espèce étudiée (SSI) : les comportements liés au vol, les comportements en général et le statut. A partir de ces SSI a été calculé l’indice de sensibilité des éoliennes offshore (WSI) qui est un indice réunissant toutes les espèces d’oiseaux marins observés.

Résultats de l'article :

Le plongeon arctique (Gavia arctica) et plongeon catmarin (Gavia stellata) sont les deux espèces présentant les indices de sensibilité les plus hauts, suivis de près par la macreuse brune (Melanitta fusca), la sterne caugek (Thalasseus sandvicensis) et le grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Les espèces les moins sensibles étant la mouette tridactyle (Rissa tridactyla), la mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) et le fulmar boréal (Fulmarus glacialis). Tout au long de l’année, la zone côtière reste la plus vulnérable (WSI élevé), bien que cet écart s’amenuise en hiver. Les auteurs ont alors reporté ces indices de sensibilité sur la carte de la ZEA de la mer du Nord allemande.

Rigueur de l'article :

Cet article est d'une qualité appréciable du fait que les biais de la méthodologie (les estimations subjectives de facteurs par des experts) soient bien expliqués. De plus ils ont effectué une analyse de sensibilité pour s'assurer que leurs estimations n'étaient pas biaisées. Les figures supportent et illustrent bien ce qui est dit dans le texte. Cette étude a été en grande partie financée par le gouvernement allemand (Ministère de l'environnement entre autre) mais aussi par des associations de conservation des oiseaux Ornithologische Arbeitsgemeinschaft für Schleswig-Holstein und Hamburg. Cet intérêt gouvernemental provient du fait qu'il n'y a eu aucune directive concernant l'implantation des champs d'éoliennes offshores auparavant et que ces zones marines possèdent des ressources d'intérêt pour l'exploitation.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article a son importance dans la débat car il porte sur un aspect en plein essor de l'industrie éolienne : le offshore. Les auteurs mettent bien en avant dans cet article les problèmes rencontrés lors de l'élaboration de plan d'implantation d'éoliennes offshores dus au manque d'information et de directives de la part de l'état. De plus il met un accent sur la conservation des oiseaux marins qui sont déjà bien impactés par les activités humaines (concurrence avec la pêche principalement). En outre il apporte des données nouvelles concernant les zones les plus sensibles pour les oiseaux marins, et donc là où des projets de construction de parc éolien sont à éviter.

Publiée il y a plus de 5 ans par I. Le gouëllec frohnmaier et collaborateurs..
Dernière modification il y a environ 5 ans.