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Depuis ces vingt-cinq dernières années, nombreuses sont les recherches questionnant la relation biodiversité et fonctionnement des écosystèmes. Leur objectif était de chercher à comprendre en quoi une diminution de la biodiversité d’un écosystème peut moduler son fonctionnement et l’affecter. Cela a induit un grand nombre d’expériences visant à faire varier la biodiversité, ou la diversité sous toutes ses formes puis, d’observer les conséquences sur l’écosystème.
Les expériences menées sur les prairies excluaient les facteurs externes à la richesse spécifique de sorte qu’ils ne puissent pas impacter les écosystèmes. À l’issue de ces expérimentations, les résultats prépondérants étaient que la biodiversité affectait le fonctionnement des écosystèmes avec une relation positive mais saturante entre la diversité et la productivité des plantes. Ainsi, cet article cherche à savoir si les expérimentations menées sont réalistes par rapport à ce qu’il se passe réellement dans la nature.
Expériences de l'article :
Les chercheurs ont comparé les communautés de l'expérience de Jena avec celles des prairies agricoles de trois régions d'Allemagne, couvrant un large éventail de conditions de sites et d'intensités d'utilisation des terres. Les données issues de l’expérience de Cedar creek (USA) ont aussi été utilisées et comparées aux données des conditions naturelles. Pour chacune de ces communautés, ils ont étudié leur diversité taxonomique, phylogénétique et fonctionnelle ainsi que leur composition des traits fonctionnels.
Les premiers résultats leur ont permis de scinder les communautés expérimentales en deux sous-catégories : celles ressemblant le plus aux communautés réelles, dîtes « réalistes » et les autres, propres aux expérimentations (« irréalistes ») sur la base du recouvrement multivarié qu’occupaient les espèces, respectivement le même recouvrement ou non. Leurs analyses reposent principalement sur des ACP afin de comparer les différentes populations ou des analyses de sensibilité.
Résultats de l'article :
Les résultats de cette expérience soulignent une plus grande variabilité de la composition des communautés expérimentales par rapport aux communautés retrouvées dans la nature, avec quelques associations qui n’étaient pas retrouvées dans le monde réel. De plus, les communautés expérimentales occupent un espace multivarié plus grand, donc les chercheurs en ont déduit qu’elles comportent beaucoup plus de propriétés fonctionnelles que les communautés du vrai monde (mais propriétés équivalentes dans des sous-groupes expérimentaux).
L'espace multivarié montre que 28% des parcelles à Jena et 77% à bioDIV sont réalistes lorsque l’on s’intéresse 12 propriétés des communautés. Enfin, globalement, les effets sur la biodiversité n’ont pas significativement différé entre l’ensemble des expériences in natura et le sous-ensemble expérimental réaliste, sur 10 des 12 relations entre la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes étudiées.
Rigueur de l'article :
Cet article semble rigoureux car il s’inscrit dans un cadre plutôt généraliste en étudiant une grande diversité de communautés de plantes associées à leurs propriétés. De plus, cet article compare les résultats obtenus dans les conditions réelles, aux résultats expérimentaux d’expériences menées sur le long terme. Les auteurs de cet article sont auto-critiques et identifient eux-mêmes les limites de leur étude. Ils ont comparé les communautés par rapport à une gamme de fonctions relatives à la biodiversité, et indirectement aux fonctions écosystémiques rendues, ce qui leur a permis de limiter les biais liés aux choix méthodologiques (exclusion de certaines propriétés des communautés, calcul du chevauchement). Les résultats du recouvrement ont été robustes à d’autres méthodes d’analyses et à des données additionnelles. Les informations redondantes ont été réduites grâce à des facteurs d’inflation de variance (vif).
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude confirme le réalisme des tests expérimentaux concernant la relation biodiversité et fonctionnement des écosystèmes en comparaison avec un environnement naturel. Ainsi, les résultats issus des expériences menées jusqu’alors peuvent être pris en compte et comparés au fonctionnement d’un écosystème in natura.
De plus, cet article souligne que les conditions environnementales d’un écosystème semblent conférer une plus grande importance à la composition fonctionnelle, qui serait un meilleur prédicteur du fonctionnement des écosystèmes que la richesse spécifique. Les auteurs tentent d’expliquer ce résultat en émettant qu’il puisse y avoir une covariance entre les facteurs environnementaux qui moduleraient le fonctionnement de l’écosystème, ce qui réduirait ou annulerait les effets de la biodiversité. Ainsi, ces article corrobore certains résultats énonçant un effet prépondérant de la diversité fonctionnelle sur les écosystèmes, au dépend de la richesse spécifique.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
F. Cornet.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Depuis ces vingt-cinq dernières années, nombreuses sont les recherches questionnant la relation biodiversité et fonctionnement des écosystèmes. Leur objectif était de chercher à comprendre en quoi une diminution de la biodiversité d’un écosystème peut moduler son fonctionnement et l’affecter. Cela a induit un grand nombre d’expériences visant à faire varier la biodiversité, ou la diversité sous toutes ses formes puis, d’observer les conséquences sur l’écosystème.
Les expériences menées sur les prairies excluaient les facteurs externes à la richesse spécifique de sorte qu’ils ne puissent pas impacter les écosystèmes. À l’issue de ces expérimentations, les résultats prépondérants étaient que la biodiversité affectait le fonctionnement des écosystèmes avec une relation positive mais saturante entre la diversité et la productivité des plantes. Ainsi, cet article cherche à savoir si les expérimentations menées sont réalistes par rapport à ce qu’il se passe réellement dans la nature.
Les chercheurs ont comparé les communautés de l'expérience de Jena avec celles des prairies agricoles de trois régions d'Allemagne, couvrant un large éventail de conditions de sites et d'intensités d'utilisation des terres. Les données issues de l’expérience de Cedar creek (USA) ont aussi été utilisées et comparées aux données des conditions naturelles. Pour chacune de ces communautés, ils ont étudié leur diversité taxonomique, phylogénétique et fonctionnelle ainsi que leur composition des traits fonctionnels.
Les premiers résultats leur ont permis de scinder les communautés expérimentales en deux sous-catégories : celles ressemblant le plus aux communautés réelles, dîtes « réalistes » et les autres, propres aux expérimentations (« irréalistes ») sur la base du recouvrement multivarié qu’occupaient les espèces, respectivement le même recouvrement ou non. Leurs analyses reposent principalement sur des ACP afin de comparer les différentes populations ou des analyses de sensibilité.
Les résultats de cette expérience soulignent une plus grande variabilité de la composition des communautés expérimentales par rapport aux communautés retrouvées dans la nature, avec quelques associations qui n’étaient pas retrouvées dans le monde réel. De plus, les communautés expérimentales occupent un espace multivarié plus grand, donc les chercheurs en ont déduit qu’elles comportent beaucoup plus de propriétés fonctionnelles que les communautés du vrai monde (mais propriétés équivalentes dans des sous-groupes expérimentaux).
L'espace multivarié montre que 28% des parcelles à Jena et 77% à bioDIV sont réalistes lorsque l’on s’intéresse 12 propriétés des communautés. Enfin, globalement, les effets sur la biodiversité n’ont pas significativement différé entre l’ensemble des expériences in natura et le sous-ensemble expérimental réaliste, sur 10 des 12 relations entre la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes étudiées.
Cet article semble rigoureux car il s’inscrit dans un cadre plutôt généraliste en étudiant une grande diversité de communautés de plantes associées à leurs propriétés. De plus, cet article compare les résultats obtenus dans les conditions réelles, aux résultats expérimentaux d’expériences menées sur le long terme. Les auteurs de cet article sont auto-critiques et identifient eux-mêmes les limites de leur étude. Ils ont comparé les communautés par rapport à une gamme de fonctions relatives à la biodiversité, et indirectement aux fonctions écosystémiques rendues, ce qui leur a permis de limiter les biais liés aux choix méthodologiques (exclusion de certaines propriétés des communautés, calcul du chevauchement). Les résultats du recouvrement ont été robustes à d’autres méthodes d’analyses et à des données additionnelles. Les informations redondantes ont été réduites grâce à des facteurs d’inflation de variance (vif).
Cette étude confirme le réalisme des tests expérimentaux concernant la relation biodiversité et fonctionnement des écosystèmes en comparaison avec un environnement naturel. Ainsi, les résultats issus des expériences menées jusqu’alors peuvent être pris en compte et comparés au fonctionnement d’un écosystème in natura.
De plus, cet article souligne que les conditions environnementales d’un écosystème semblent conférer une plus grande importance à la composition fonctionnelle, qui serait un meilleur prédicteur du fonctionnement des écosystèmes que la richesse spécifique. Les auteurs tentent d’expliquer ce résultat en émettant qu’il puisse y avoir une covariance entre les facteurs environnementaux qui moduleraient le fonctionnement de l’écosystème, ce qui réduirait ou annulerait les effets de la biodiversité. Ainsi, ces article corrobore certains résultats énonçant un effet prépondérant de la diversité fonctionnelle sur les écosystèmes, au dépend de la richesse spécifique.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.