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Titre de l'article :

Révision de l' "open-field test" : que nous dit-il réellement sur la personnalité des animaux ?


Introduction à l'article :

Bien que l’explosion de l’intérêt pour la personnalité animale soulève une définition commue qui tend à être reconnue, la discipline se heurte à de nombreuses critiques sur son manque de rigueur et de construction théorique. Démêler les traits et résultats mal interprétés correspond à un important challenge contribuant au développement de la discipline. Les ‘open-field test’ sont parmi les paradigmes expérimentaux illustrant une confusion.
Souvent associés à un continuum rapidité-lenteur , ils sont généralement basés sur la mesure de nombreux traits. L’enjeu de l'étude est de croiser différents dispositifs expérimentaux afin d’investiguer si les traits mesurés lors de tests dans ces dispositifs permettent de mettre en évidence une convergence entre traits ou au contraire de discriminer leurs interprétations.

Expériences de l'article :

Les auteurs cherchent à démontrer dans quelle mesure un ‘open-field test’ pourrait être valide.
Pour cela ils utilisent un dispositif ‘open-field test’ divisé en deux compartiments liés par un tunnel, dont un contenant des objets nouveaux, accessible après traversée du tunnel. Ce dispositif permet de renseigner neuf variables concernant (1) la vraisemblance de rentrer dans le champ expérimental, (2) l’analyse des objets nouveaux, (3) l’exploration de l’espace et (4) le temps passé sur le sol. Les données recueillies comparées à celles provenant de test en situation d’apprentissage évaluant la capacité à faire face à un problème, ici capacité à se procurer de la nourriture dissimilée. Deux autres tests sont mis en place pour investiguer la néophobie, par l’intermédiaire de l’évitement d’un objet non familier, et la capacité à adopter une alimentation inhabituelle. Ainsi, les cinq axes comportementaux étudiés sont l’exploration, la timidité, la motivation, l’activité et la néophobie.

Résultats de l'article :

Il est démontré que le temps de latence pour entrer dans l’espace contenant les objets nouveaux dépend de la timidité mais ne dépend pas de l’activité individuelle, de la néophobie, de l’exploration ou de la motivation. De plus concernant le comportement une fois dans le compartiment, certains individus ont béqué les objets. Ces individus se distinguent des autres dans un test indépendant par la mesure de leur comportement exploratoire mais par aucun autre axe comportemental étudié. En ce qui concerne l’examination de l’espace, il est démontré qu’elle est affectée par le comportement exploratoire des individus mais aucun autre des cinq axes.

Rigueur de l'article :

La simple remarque qui peut être émise ici est le remerciement de Denis Réale, auteur influent dans le domaine, pour discussions fructueuses.

Ce que cet article apporte au débat :

Par leur approche combinant différents test, les auteurs trouvent que les critiques émises en ce qui concerne le manque de validité et d’indépendance des traits définis et mesurés dans les ‘open-field tests’ sont justifiées. Ils soulignent que même s’il est désirable de trouver des mesures pouvant donner directement des informations sur un trait de personnalité, ce n’est pas le cas en ‘open-field test’ où, tout comme pour d’autres tests, le comportement reflète la combinaison de multiples traits à un moment donné. En dépit de ces limites, leurs analyses permettent de valider l’approche ‘open-field test’ dans la mesure où les mesures visent à qualifier des comportements appropriés et que leurs validité et fiabilité sont testées par l’intermédiaire de moyens indépendants.

Publiée il y a plus de 5 ans par L. Bégué.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.