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Titre de la review :

Priorités mondiales de conservation de la biodiversité


Figure :

Représentation des 9 modèles de priorités mondiales mis en lien avec l'irremplaçabilité, la vulnérabilité ainsi que la délimitation entre approche proactive et réactive.

Global Biodiversity Conservation Priorities T. M. Brooks, & al, Science, Jul 2006, 58-61

Résumé de la review :

Cette review explique les différents facteurs de priorisation qui permettent de définir les zones où il faut investir ou non pour la conservation. En effet, les auteurs expliquent que 90% des financements pour la conservation proviennent et sont dépensés dans des pays développés. Le reste est alloué par divers sources généralement privées ou des agences multilatérales pour des pays plus pauvres avec généralement une biodiversité plus importante mais aussi plus menacée. Il faut donc définir des priorités pour mieux cibler les zones menacées.

Divers modèles de priorité mondiale sont créés et se basent principalement sur deux concepts importants.

  • L'irremplaçabilité souvent caractérisée par la diversité des espèces et le nombre d'espèces endémiques dans une région mais aussi par d'autres facteurs plus secondaires.
  • La vulnérabilité c'est à dire les zones qui sont le plus exposées à des risques. Elle est souvent déterminée par les variables environnementales et spatiales. Six des neuf modèles de priorité mondiale de conservation incorporent l'irremplaçabilité et 5 incorporent la vulnérabilité.

Ainsi on va avoir deux grands types d'approches :

  • L'approche proactive qui va se baser sur une faible vulnérabilité et une haute irremplaçabilité.
  • L'approche réactive qui va se baser sur une forte vulnérabilité et une forte irremplaçabilité. L'approche réactive est donc vue comme l'approche prioritaire mais les deux approches sont nécessaires.

Ainsi la priorisation mondiale va donc permettre de pousser les fonds publics ou privés à investir dans les régions qui en ont le plus besoin. Cependant bien que l'on arrive à estimer l’état de la conservation pour les vertébrés ou les plantes, il est bien plus difficile de le définir pour les invertébrés. Il est aussi difficile de définir l'état de conservation des systèmes marins. Ainsi définir les priorités peut s'avérer complexe et dépend grandement des connaissances sur la conservation des espèces.

D'autres critères doivent être pris en compte dans la priorisation comme la diversité phylogénétique mais aussi les services écosystèmes rendus dans certaines régions, ainsi certaines zones doivent être conservées en priorité pour préserver ces services.

Ainsi l'objectif serait d'augmenter les moyens dans les zones jugées les plus prioritaires afin d'améliorer les efforts de conservation.

Ce que cette review apporte au débat :

La conservation locale est souvent priorisée, ce qui fait que ce sont globalement les états riches qui vont mieux conserver leur biodiversité car c'est en partie dans leur intérêt économique. Cependant il est important de définir des zones de conservation prioritaires en fonction des notions d'irremplaçabilité et de vulnérabilité.

Cette review permet aussi d’expliquer les différences entre les approches réactives et proactives, le fait que l'approche réactive permet de potentiellement sauver une menace plus urgente tandis que l'approche proactive va agir à l'avance pour protéger des zones peu vulnérables mais avec une forte irremplaçabilité.

La review souligne que les zones où la biodiversité est menacée sont inégalement réparties et qu'il est donc important de mettre en place un système de priorité pour améliorer la conservation de ces régions.

Remarques sur la review :

Cette revue présente un état des lieux en 2006, certains éléments ont pu évolué depuis bien que les notions évoquées restent actuelles.

Publiée il y a plus de 5 ans par V. L ecointe et M. Champagne.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.