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Les organismes vivant autour des câbles électriques sous-marins alimentés en énergie, des tuyaux et des fonds marins naturels dans les eaux côtières du sud de la Californie
Figure :
Fig. 1. Illustration schématique des câbles, de la canalisation et de l'habitat naturel étudiés par scaphandre autonome, 1er février 2012-26 février 2014. Les câbles A et B ont été mis sous tension et ont été utilisés dans cette étude. La section littorale du câble C a été enlevée. Le câble C 1 n'était pas sous tension et n'a pas été utilisé dans cette étude car il était principalement enfoui dans le fond marin. La distance entre les câbles, les tuyaux et l'habitat naturel n'est pas à l'échelle.The Organisms Living Around Energized Submarine Power Cables, Pipe, and Natural Sea Floor in the Inshore Waters of Southern California
Introduction à l'article :
Contexte : Il est prévisible que dans un avenir proche les sources d'énergie côtières se concentrent sur la génération d'électricité renouvelable. L'énergie produite est transportée dans des câbles jusqu'à la côte, en passant dans ces câbles l'énergie va produire un champ électromagnétique (EMF) composé d'un champ magnétique (MF) et d'un champ électrique (EF).
Or il est connu que certains animaux sont sensibles à ces EMF, tels que les poissons cartilagineux, quelques poissons osseux et certains invertébrés. Cependant peu d'étude ont été réalisées sur les communautés in situ.
Problématique : 1) Un câble sous tension engendre-t-il des différences de composition parmi les communautés de poissons, invertébrés et plantes par rapport à des habitat sans ces câbles ?
2) Est-ce-que les espèces électrosensibles ont des comportements de répulsion / attraction envers les câbles ?
3) Enfouir les câbles est-il vraiment efficace ?
Expériences de l'article :
L'expérience a été menée par plongée le long de la côte de Las Flores Canyon sur 2 ans et a consisté en l'observation de communautés de poissons, d'invertébrés et macrophytes marins vivant autour de deux câbles sous-tensions, d'une canalisation et d'une localisation proche d'un habitat naturel (S. Californie) (Fig. 1). Les 2 câbles génèraient un MF de 73 µT et 91.4 µT. Les chercheurs ont d'abord travaillé sur le câble A (Fig. 1) jusqu'à ce que celui-ci ne soit plus sous-tension (15 Mai 2013), moment à partir duquel les auteurs ont décidé de continuer les observations sur le câble B.
L'observation des habitats a été menée dans chaque cas par 2 plongeurs. Le 1er enregistrait les poissons observés 2m au-dessus du substrat par leur espèce et en les mesurant à l’œil, l'autre plongeur était chargé de compter les macrophytes et d'enregistrer les macroinvertébrés d'au moins 10cm. Les observations ont ensuite été analysées à l'aide d'outils statistiques pour déterminer l'impact des EMF sur ces communautés.
Résultats de l'article :
1) Il n'y a pas de différences entre les communautés de poissons et d'invertébrés de surface et ceux de profondeurs. Les chercheurs ne voient pas de comportement de répulsion ou d'attraction par les EMF chez ces deux communautés. Les seules différences observées dans la densité des poissons et des invertébrés dans leurs habitats sont dues à d'autres caractéristiques physiques propres aux différents habitats. On observe la même chose pour les macrophytes dont la différence entre les communautés de plantes semble plus contrôlée par la profondeur des sites et le type d'habitat.
2) Seulement deux élasmobranches ont été vu au cours des observations, dont un près des câble. Les chercheurs en concluent que le EMF des câbles ne sont sans doute pas assez importants pour les déranger, ou qu'au moins d'autres facteurs environnementaux prennent le dessus
3) Au vu du peu d'effet sur les communautés des câbles, les enfouir ne semble pas une nécessitée.
Rigueur de l'article :
Le type de courant, continu ou alternatif, passant dans les câbles n'est pas précisé. Je pense qu'ils ne le précisent pas car pour les auteurs le courant continu (DC) ne produit pas d'EMF, alors que la littérature que nous avons trouvé sur le sujet ne le dit jamais(e.g. 1 ,2 ).
Ils organisent leur présentation des résultats en fonction des différents types de communautés étudiés plutôt qu'en fonction de leur problématique ce qui fait que les informations qui sous tendent leurs conclusions sont difficiles à trouver.
Les auteurs ne détaillent pas non plus assez leur protocole d'observation dans le temps (combien de fois se rendaient-ils sur le site dans le mois par exemple).
Les conclusions qu'ils donnent pour les questions 2 et 3 de leur problématique ne sont pas ou très faiblement soutenues par leurs expérimentations.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article apporte au débat une étude à l'échelle des communautés in situ ce qui dans le domaine est assez rare, avec des mesures de l'intensité du champ magnétique relevées a toutes les sorties. Ces études étant plutôt rares la méthode et les résultats de cet article peuvent servir de base pour d'autres expériences et entamer une réflexion sur les effets de EMF en-dehors d'environnements contrôlés.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
J.M. Breton et K. Gernelle.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Les organismes vivant autour des câbles électriques sous-marins alimentés en énergie, des tuyaux et des fonds marins naturels dans les eaux côtières du sud de la Californie
Fig. 1. Illustration schématique des câbles, de la canalisation et de l'habitat naturel étudiés par scaphandre autonome, 1er février 2012-26 février 2014. Les câbles A et B ont été mis sous tension et ont été utilisés dans cette étude. La section littorale du câble C a été enlevée. Le câble C 1 n'était pas sous tension et n'a pas été utilisé dans cette étude car il était principalement enfoui dans le fond marin. La distance entre les câbles, les tuyaux et l'habitat naturel n'est pas à l'échelle.The Organisms Living Around Energized Submarine Power Cables, Pipe, and Natural Sea Floor in the Inshore Waters of Southern California
Contexte : Il est prévisible que dans un avenir proche les sources d'énergie côtières se concentrent sur la génération d'électricité renouvelable. L'énergie produite est transportée dans des câbles jusqu'à la côte, en passant dans ces câbles l'énergie va produire un champ électromagnétique (EMF) composé d'un champ magnétique (MF) et d'un champ électrique (EF).
Or il est connu que certains animaux sont sensibles à ces EMF, tels que les poissons cartilagineux, quelques poissons osseux et certains invertébrés. Cependant peu d'étude ont été réalisées sur les communautés in situ.
Problématique : 1) Un câble sous tension engendre-t-il des différences de composition parmi les communautés de poissons, invertébrés et plantes par rapport à des habitat sans ces câbles ?
2) Est-ce-que les espèces électrosensibles ont des comportements de répulsion / attraction envers les câbles ?
3) Enfouir les câbles est-il vraiment efficace ?
L'expérience a été menée par plongée le long de la côte de Las Flores Canyon sur 2 ans et a consisté en l'observation de communautés de poissons, d'invertébrés et macrophytes marins vivant autour de deux câbles sous-tensions, d'une canalisation et d'une localisation proche d'un habitat naturel (S. Californie) (Fig. 1). Les 2 câbles génèraient un MF de 73 µT et 91.4 µT. Les chercheurs ont d'abord travaillé sur le câble A (Fig. 1) jusqu'à ce que celui-ci ne soit plus sous-tension (15 Mai 2013), moment à partir duquel les auteurs ont décidé de continuer les observations sur le câble B.
L'observation des habitats a été menée dans chaque cas par 2 plongeurs. Le 1er enregistrait les poissons observés 2m au-dessus du substrat par leur espèce et en les mesurant à l’œil, l'autre plongeur était chargé de compter les macrophytes et d'enregistrer les macroinvertébrés d'au moins 10cm. Les observations ont ensuite été analysées à l'aide d'outils statistiques pour déterminer l'impact des EMF sur ces communautés.
1) Il n'y a pas de différences entre les communautés de poissons et d'invertébrés de surface et ceux de profondeurs. Les chercheurs ne voient pas de comportement de répulsion ou d'attraction par les EMF chez ces deux communautés. Les seules différences observées dans la densité des poissons et des invertébrés dans leurs habitats sont dues à d'autres caractéristiques physiques propres aux différents habitats. On observe la même chose pour les macrophytes dont la différence entre les communautés de plantes semble plus contrôlée par la profondeur des sites et le type d'habitat.
2) Seulement deux élasmobranches ont été vu au cours des observations, dont un près des câble. Les chercheurs en concluent que le EMF des câbles ne sont sans doute pas assez importants pour les déranger, ou qu'au moins d'autres facteurs environnementaux prennent le dessus
3) Au vu du peu d'effet sur les communautés des câbles, les enfouir ne semble pas une nécessitée.
Le type de courant, continu ou alternatif, passant dans les câbles n'est pas précisé. Je pense qu'ils ne le précisent pas car pour les auteurs le courant continu (DC) ne produit pas d'EMF, alors que la littérature que nous avons trouvé sur le sujet ne le dit jamais(e.g. 1 ,2 ).
Ils organisent leur présentation des résultats en fonction des différents types de communautés étudiés plutôt qu'en fonction de leur problématique ce qui fait que les informations qui sous tendent leurs conclusions sont difficiles à trouver.
Les auteurs ne détaillent pas non plus assez leur protocole d'observation dans le temps (combien de fois se rendaient-ils sur le site dans le mois par exemple).
Les conclusions qu'ils donnent pour les questions 2 et 3 de leur problématique ne sont pas ou très faiblement soutenues par leurs expérimentations.
Cet article apporte au débat une étude à l'échelle des communautés in situ ce qui dans le domaine est assez rare, avec des mesures de l'intensité du champ magnétique relevées a toutes les sorties. Ces études étant plutôt rares la méthode et les résultats de cet article peuvent servir de base pour d'autres expériences et entamer une réflexion sur les effets de EMF en-dehors d'environnements contrôlés.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.