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Titre de l'article :

Changement climatique, extermination par l'Homme, et l'extinction de la mégafaune: une approche macro-écologique basée sur des approches de modélisation sur des patrons.


Introduction à l'article :

Le débat sur les extinctions de la fin du Quaternaire a pendant longtemps été centré sur le contraste entre l'effet climatique et celui de l'Homme.
Les études précédentes sur le sujet se sont souvent contenté de mettre en avant l'importance de chaque effet, souvent grâce à des modèles statistiques ou écologiques, au lieu de chercher à exclure une cause potentielle.
Les auteurs cherchent à mettre en avant les mécanismes écologiques impliqués dans ces extinction en intégrant des modèles de niche (ENM) et des modèles démographiques afin de simuler l'impact du climat et de l'Homme sur l'extinction d'une espèce.
Ils proposent que la combinaison des paramètres du modèle, parmi plusieurs modèles, permettant d'estimer au mieux l'extinction d'une espèce représenteraient les conditions et les processus à l’œuvre à la fin du Pléistocène.
Afin d'illustrer cette méthode, ils l'appliquent au paresseux géant (Megatherium sp.)

Expériences de l'article :

Les auteurs se sont servis de la littérature pour obtenir les dates et occurrences de fossiles de Megatherium, ainsi que des estimations de leur date de dernière apparition.
Pour les modèles de niche écologique, ils se sont servi d'un total de 44 fossiles, 34 pour construire le modèle et 10 pour le tester.
Les ENM ont été construits autours de deux périodes, le dernier maximum glaciaire et le milieu de l'Holocène, représentatives d'une période glaciaire et interglaciaire.
Les modèles démographiques furent basés sur des dynamiques de type prédateur-proie avec un modèle de Lotka-Volterra. Les paramètres de densité de population et de taux de croissance pour Megatherium ont été estimés à partir de relations allométrique et sa capacité biotique a été estimée grâce aux ENM. Le taux de croissance et la capacité biotique de l'Homme ont été inférés d'après la littérature. Des paramètres de dépendance de l'Homme par rapport à Megatherium et de consommation de viande font aussi parti du modèle.

Résultats de l'article :

Les ENM prédisent une réduction et une fragmentation en deux zones principales de l'aire de distribution potentielle de Megatherium pendant l'Holocène.
L'analyse des résultats des modèles démographiques montre que les paramètres démographiques de l'Homme et la réduction d'aire de distribution étaient les plus importants pour estimer la date d'extinction par rapport à ceux de Megatherium. Généralement, l'extinction était retardé par une dépendance plus importante de l'Homme vis-à-vis de Megatherium ou par une consommation de plus faible.
Les auteurs ont aussi testé l'hypothèse de l'Overkill. De tels scénario n'étaient possibles sous les modèles utilisés que pour des valeurs de paramètres démographiques irréalistes pour les populations de l'époque, par exemple un taux de croissance similaire à celui des sociétés humaines industrielle de la moitié du 20ème siècle.

Rigueur de l'article :

Le principal point de rigueur sur l'article vient des datations utilisées qui sont réalisés au Carbone 14, alors que d'autres méthodes de datations plus précises ont vu le jours récemment.
Le nombre d'individu utilisé semble aussi assez faible pour estimer l'aire de distribution de l'espèce, quand bien même des paramètres climatiques sont aussi pris en compte.

Ce que cet article apporte au débat :

Cet article apporte une approche théorique au débat. Il remet de plus en question l'hypothèse de l'Overkill et permet de mieux cerner les paramètres permettant d'estimer l'impact de l'Homme.
Il permet aussi d'estimer l'importance des paramètres climatiques et démographiques dans le cadre de l'extinction de Megatherium, sous les hypothèses des modèles utilisés.

Publiée il y a plus de 5 ans par J. Fraisse et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.