ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Mitigating the anthropogenic spread of bee parasites to protect wild pollinators. Dave Goulson and William O.H Hughes. 2015
Résumé de la review :
L'introduction explique l'importance des abeilles dans la pollinisation des cultures. Il en découle un grand intérêt économique, qui favorise la production commerciale puis l'introduction de pollinisateurs plus efficaces.
Suite aux exemples impliquant des effets négatifs consécutifs à des introductions, on peut comprendre que l'importation d'abeilles étrangères affaiblit le service écosystémique fournit par les différents pollinisateurs.
Cette entrée massive cause la co-introduction de parasites. Cela, lié à la faible résistance des espèces locales, entraîne des effets dévastateurs sur les espèces d'abeilles et les bourdon sauvages.
Le manque de connaissances sur la répartition géographique et la biologie des abeilles et de leurs hôtes, rend difficile la prédiction des impacts.
La création de “routes d'expositions” aux parasites par les abeilles élevées, ou la facilitation de la transmission horizontale du fait du rapprochement des nids, compliquent l'élevage de colonies saines.
L'importation d'abeilles provoque l'augmentation de l'abondance des parasites locaux, et la possibilité de refuges pour ces derniers.
Les effets conjoints des pesticides, pouvant nuire aux capacités immunitaires des abeilles, et des parasites, peuvent être particulièrement dangereux.
La meilleure méthode pour empêcher la propagation consiste à s'assurer que les espèces d'abeilles commerciales sont saines. Il faut empêcher les parasites d'entrer en contact avec les zones de production d'abeilles. Il existe trois “routes principales” qui facilitent ce contact, et qui peuvent être contrôlées.
1) Limiter l'entrée des parasites dans les ruches.
Il faut surveiller les nouvelles abeilles une fois qu'elle sont reçues, et mettre en quarantaine lorsque le doute existe. On peut limiter à un éloignement en ce qui concerne l'introduction de nouvelles ruches.
On doit aussi contrôler l'alimentation des bourdons: le sirop sucré dont on peut éviter la contamination, et le pollen avec une amélioration des radiations assainissantes par ondes gamma. On peut aussi trouver un substitut pour les bourdons.
2) Briser le “cycle de l'infection”
Il faut mettre en place des protocoles de prévention.
Concernant l'hygiène, la séparation des colonies ainsi que des procédures strictes permettraient de limiter la propagation.
Le “dépistage destructif” serait la seule méthode de reconnaissance exhaustive si l'on prend en compte la difficulté de détection des parasites et des virus et la variabilité dans l'intensité de l'infection des colonies.
Il est décrit comme plus important d'essayer de guérir les colonies, avec des antibiotiques, fongicides etc... Un développement de stratégies, afin d'inclure la protection des bourdons et une couverture plus large des parasites, est maintenant nécessaire.
3) Contrôle des conditions de transport et d’installation des abeilles.
Il faut réduire les temps de transport et de stockage des colonies afin de limiter la sensibilité aux parasites rencontrés avant ou après le voyage. Il est suggéré de contrôler la nutrition et les conditions de transport.
Les analyses d'infection parasitaire se confinent sur un nombre restreint d’hôtes et sont effectuées par des “spécialistes” inaptes. On peut effectuer des analyses indépendantes, par des méthodes plus sures.
Il faut diminuer les “fuites” d'abeilles (notamment des reines), en jouant sur la position des colonies, le vent ainsi que l'utilisation de mailles.
On peut ajouter une série de mesures politiques, dont l'objectif est de réduire la propagation des parasites par l'homme.
Limiter l'importation d'espèces non natives en favorisant le développement des abeilles locales (avec un développement de technique de marquage génétique pour vérifier les espèces)
Réduire l'utilisation d'abeilles commerciales aux endroits ou sont présentes les espèces rares d'abeilles sauvages.
Former un programme de suivi à long terme des abeilles, complété par des données parasitaires.
Rigueur de la review :
Beaucoup de chose à faire, indissociables les unes des autres. On ne peut par parler de plusieurs "routes principales", mais d'une seule, immense. Séparément les élément proposés n'apportent que quelque chose de mineur (voir rien). L'article ne parle pas de la compréhension de l'écologie des parasites, mais d'une prise en compte plus exhaustive dans les techniques d'élimination. Cette écologie est pourtant nécessaire, car l'élimination du parasite pourrait avoir d'autres conséquences (libérer une niche écologique pour un parasite aux effets plus radicaux? Empêcher une interaction avec autre chose qui provoque un bien inconnu pour un mal? etc...).
L'article encourage l'utilisation de fongicides , acaricides, antibiotiques etc.... Il est possible que cela nuise à autre chose. Une mise en quarantaine préventive des nouvelles abeilles, pendant une période d'analyses sur le long terme, parait assez restrictif... Et contradictoire avec le fait de limiter l'isolement.
Ce que cette review apporte au débat :
Cette review apporte au débat des solutions plus ou moins réalistes qui permettraient une réduction des pertes d' abeilles dues aux parasites. L'Homme pourrait donc théoriquement agir et limiter le phénomène de mortalité observé actuellement lié à la co-introduction. Celle-ci étant présentée comme jouant un rôle majeur, on peut imaginer que respecter les conseils prodigués pourrait significativement réduire l'impact anthropique sur la diminution des populations.
Remarques sur la review :
L'article ne présente que de la théorie, sans réels chiffres pour appuyer. Des prédictions auraient été bienvenues, par exemple "si je réduis le temps de transport de 50%, la mortalité des abeilles diminue de 20%" . Je pense que cela aurait permis une portée plus importante, voir une application directe par les apiculteurs/ commerçants.
Publiée il y a plus de 10 ans
par
Louis Nerriere.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.
Mitigating the anthropogenic spread of bee parasites to protect wild pollinators. Dave Goulson and William O.H Hughes. 2015
Résumé de la review :
L'introduction explique l'importance des abeilles dans la pollinisation des cultures. Il en découle un grand intérêt économique, qui favorise la production commerciale puis l'introduction de pollinisateurs plus efficaces.
Suite aux exemples impliquant des effets négatifs consécutifs à des introductions, on peut comprendre que l'importation d'abeilles étrangères affaiblit le service écosystémique fournit par les différents pollinisateurs.
Cette entrée massive cause la co-introduction de parasites. Cela, lié à la faible résistance des espèces locales, entraîne des effets dévastateurs sur les espèces d'abeilles et les bourdon sauvages.
Le manque de connaissances sur la répartition géographique et la biologie des abeilles et de leurs hôtes, rend difficile la prédiction des impacts.
La création de “routes d'expositions” aux parasites par les abeilles élevées, ou la facilitation de la transmission horizontale du fait du rapprochement des nids, compliquent l'élevage de colonies saines.
L'importation d'abeilles provoque l'augmentation de l'abondance des parasites locaux, et la possibilité de refuges pour ces derniers.
Les effets conjoints des pesticides, pouvant nuire aux capacités immunitaires des abeilles, et des parasites, peuvent être particulièrement dangereux.
La meilleure méthode pour empêcher la propagation consiste à s'assurer que les espèces d'abeilles commerciales sont saines. Il faut empêcher les parasites d'entrer en contact avec les zones de production d'abeilles. Il existe trois “routes principales” qui facilitent ce contact, et qui peuvent être contrôlées.
1) Limiter l'entrée des parasites dans les ruches.
Il faut surveiller les nouvelles abeilles une fois qu'elle sont reçues, et mettre en quarantaine lorsque le doute existe. On peut limiter à un éloignement en ce qui concerne l'introduction de nouvelles ruches.
On doit aussi contrôler l'alimentation des bourdons: le sirop sucré dont on peut éviter la contamination, et le pollen avec une amélioration des radiations assainissantes par ondes gamma. On peut aussi trouver un substitut pour les bourdons.
2) Briser le “cycle de l'infection”
Il faut mettre en place des protocoles de prévention.
Concernant l'hygiène, la séparation des colonies ainsi que des procédures strictes permettraient de limiter la propagation.
Le “dépistage destructif” serait la seule méthode de reconnaissance exhaustive si l'on prend en compte la difficulté de détection des parasites et des virus et la variabilité dans l'intensité de l'infection des colonies.
Il est décrit comme plus important d'essayer de guérir les colonies, avec des antibiotiques, fongicides etc... Un développement de stratégies, afin d'inclure la protection des bourdons et une couverture plus large des parasites, est maintenant nécessaire.
3) Contrôle des conditions de transport et d’installation des abeilles.
Il faut réduire les temps de transport et de stockage des colonies afin de limiter la sensibilité aux parasites rencontrés avant ou après le voyage. Il est suggéré de contrôler la nutrition et les conditions de transport.
Les analyses d'infection parasitaire se confinent sur un nombre restreint d’hôtes et sont effectuées par des “spécialistes” inaptes. On peut effectuer des analyses indépendantes, par des méthodes plus sures.
Il faut diminuer les “fuites” d'abeilles (notamment des reines), en jouant sur la position des colonies, le vent ainsi que l'utilisation de mailles.
On peut ajouter une série de mesures politiques, dont l'objectif est de réduire la propagation des parasites par l'homme.
Beaucoup de chose à faire, indissociables les unes des autres. On ne peut par parler de plusieurs "routes principales", mais d'une seule, immense. Séparément les élément proposés n'apportent que quelque chose de mineur (voir rien). L'article ne parle pas de la compréhension de l'écologie des parasites, mais d'une prise en compte plus exhaustive dans les techniques d'élimination. Cette écologie est pourtant nécessaire, car l'élimination du parasite pourrait avoir d'autres conséquences (libérer une niche écologique pour un parasite aux effets plus radicaux? Empêcher une interaction avec autre chose qui provoque un bien inconnu pour un mal? etc...).
L'article encourage l'utilisation de fongicides , acaricides, antibiotiques etc.... Il est possible que cela nuise à autre chose. Une mise en quarantaine préventive des nouvelles abeilles, pendant une période d'analyses sur le long terme, parait assez restrictif... Et contradictoire avec le fait de limiter l'isolement.
Cette review apporte au débat des solutions plus ou moins réalistes qui permettraient une réduction des pertes d' abeilles dues aux parasites. L'Homme pourrait donc théoriquement agir et limiter le phénomène de mortalité observé actuellement lié à la co-introduction. Celle-ci étant présentée comme jouant un rôle majeur, on peut imaginer que respecter les conseils prodigués pourrait significativement réduire l'impact anthropique sur la diminution des populations.
L'article ne présente que de la théorie, sans réels chiffres pour appuyer. Des prédictions auraient été bienvenues, par exemple "si je réduis le temps de transport de 50%, la mortalité des abeilles diminue de 20%" . Je pense que cela aurait permis une portée plus importante, voir une application directe par les apiculteurs/ commerçants.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.