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La fragmentation de l’habitat et son impact durable sur les écosystèmes de la Terre
Introduction à l'article :
Les auteurs mettent en avant dans cet article l’existence d’un consensus sur les effets néfastes de la fragmentation des habitats sur la diversité biologique. Il souligne cependant des débats fréquents concernant les modalités d’effet de la fragmentation : il n’y a pas de consensus sur la manière dont la fragmentation des habitats affecte la biodiversité. De plus ils présentent des biais liés au expériences classique de fragmentation : manquent de contrôles rigoureux, de réplications, …. C’est ce qui les a conduits à réaliser cette étude.
Expériences de l'article :
Les auteurs ont ici repris une expérience de fragmentation démarrée il y a 35 ans. Les données historiques concernent la fragmentation dans deux régions forestières du Brésil : l’Amazonie brésilienne et la forêt atlantique brésilienne ont été compulsées.
Les zones étudiées (non fragmentées au départ) ont subi différents traitements de fragmentation et des quantités précises d’habitat ont été créées et détruites, permettant de tester les effets de la fragmentation indépendamment de la perte d’habitat.
Ces expériences répondent à plusieurs problématiques écologiques liées à la conservation :
• Effets de la fragmentation sur les espèces et modèlent de migrations
• Atténuation des effets négatifs de la fragmentation par la mise en place de corridors ?
• Synergie entre fragmentation et changements globaux du climat
Trois catégories de traitements ont été proposées : Zones de fragments réduite ; Augmentation de l’isolement des fragments ; Augmentation de la proportion de bords.
Résultats de l'article :
Les auteurs ont ainsi pu mettre en évidence plusieurs mécanismes impliqués dans les effets délétère de la fragmentation sur la biodiversité :
• L’isolement accru réduit les mouvements entre les fragments, donc la recolonisation de zones vacantes.
• L’augmentation des surfaces de lisières réduit la prédation des graines et l’herbivorie mais augmente la prédation des jeunes pousses, ce qui réduit la fécondité des oiseaux.
• Capacité des espèces à persister est affaiblie dans de petits fragments.
• La lumière impact les relations interspécifiques : La disparition d’arbres centenaires permet le développement d’espèces pionnières, ce qui altère les communautés d’insectes
• Effets indirects : Pénétration de la lumière plus forte dans les lisières (plus nombreuses), dégradation des fonctions des forêts (rétention de carbone et d’azote, la productivité …).
• Phénomène de dette d’extinction : les effets néfastes de la fragmentation peuvent survenir jusqu’à 12 ans après celle-ci (= biais temporel).
Rigueur de l'article :
Les auteurs semblent ici avoir fait un important travail bibliographique. En effet, en plus du nombre important de références, on peut constater qu’ils mettent très régulièrement à profit les travaux d’autres chercheurs, présentant régulièrement des références dans leurs différentes parties.
Ce que cet article apporte au débat :
Cette étude montre ainsi que la fragmentation semble avoir des effets néfastes à long terme. Les auteurs soulignent grâce à cette étude l’importance de réaliser des études sur le long terme, mettant en avant le biais causé notamment par le phénomène de dette d’extinction et montrant qu’une absence d’effet observer dans certaines études peut très bien être la conséquence d’un décalage dans la réponse de la biodiversité et de l’environnement. Ils soulignent également la complexité des mécanismes se cachant derrière les effets de la fragmentation, mécanismes qui nécessiteraient selon eux de nouvelles études. Pour finir les auteurs montrent qu’il est nécessaire aujourd’hui lorsque l’on étudie la fragmentation des habitats de prendre en compte les effets d’autres perturbations telles que la pollution, la chasse, le changement climatique qui affecte aussi la biodiversité.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
A. Dalmasso.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
La fragmentation de l’habitat et son impact durable sur les écosystèmes de la Terre
Introduction à l'article :
Les auteurs mettent en avant dans cet article l’existence d’un consensus sur les effets néfastes de la fragmentation des habitats sur la diversité biologique. Il souligne cependant des débats fréquents concernant les modalités d’effet de la fragmentation : il n’y a pas de consensus sur la manière dont la fragmentation des habitats affecte la biodiversité. De plus ils présentent des biais liés au expériences classique de fragmentation : manquent de contrôles rigoureux, de réplications, …. C’est ce qui les a conduits à réaliser cette étude.
Les auteurs ont ici repris une expérience de fragmentation démarrée il y a 35 ans. Les données historiques concernent la fragmentation dans deux régions forestières du Brésil : l’Amazonie brésilienne et la forêt atlantique brésilienne ont été compulsées.
Les zones étudiées (non fragmentées au départ) ont subi différents traitements de fragmentation et des quantités précises d’habitat ont été créées et détruites, permettant de tester les effets de la fragmentation indépendamment de la perte d’habitat.
Ces expériences répondent à plusieurs problématiques écologiques liées à la conservation :
• Effets de la fragmentation sur les espèces et modèlent de migrations
• Atténuation des effets négatifs de la fragmentation par la mise en place de corridors ?
• Synergie entre fragmentation et changements globaux du climat
Trois catégories de traitements ont été proposées : Zones de fragments réduite ; Augmentation de l’isolement des fragments ; Augmentation de la proportion de bords.
Les auteurs ont ainsi pu mettre en évidence plusieurs mécanismes impliqués dans les effets délétère de la fragmentation sur la biodiversité :
• L’isolement accru réduit les mouvements entre les fragments, donc la recolonisation de zones vacantes.
• L’augmentation des surfaces de lisières réduit la prédation des graines et l’herbivorie mais augmente la prédation des jeunes pousses, ce qui réduit la fécondité des oiseaux.
• Capacité des espèces à persister est affaiblie dans de petits fragments.
• La lumière impact les relations interspécifiques : La disparition d’arbres centenaires permet le développement d’espèces pionnières, ce qui altère les communautés d’insectes
• Effets indirects : Pénétration de la lumière plus forte dans les lisières (plus nombreuses), dégradation des fonctions des forêts (rétention de carbone et d’azote, la productivité …).
• Phénomène de dette d’extinction : les effets néfastes de la fragmentation peuvent survenir jusqu’à 12 ans après celle-ci (= biais temporel).
Les auteurs semblent ici avoir fait un important travail bibliographique. En effet, en plus du nombre important de références, on peut constater qu’ils mettent très régulièrement à profit les travaux d’autres chercheurs, présentant régulièrement des références dans leurs différentes parties.
Cette étude montre ainsi que la fragmentation semble avoir des effets néfastes à long terme. Les auteurs soulignent grâce à cette étude l’importance de réaliser des études sur le long terme, mettant en avant le biais causé notamment par le phénomène de dette d’extinction et montrant qu’une absence d’effet observer dans certaines études peut très bien être la conséquence d’un décalage dans la réponse de la biodiversité et de l’environnement. Ils soulignent également la complexité des mécanismes se cachant derrière les effets de la fragmentation, mécanismes qui nécessiteraient selon eux de nouvelles études. Pour finir les auteurs montrent qu’il est nécessaire aujourd’hui lorsque l’on étudie la fragmentation des habitats de prendre en compte les effets d’autres perturbations telles que la pollution, la chasse, le changement climatique qui affecte aussi la biodiversité.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.