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Titre de l'article :

La lumière artificielle la nuit peut modifier le fonctionnement de l'écosystème au-delà de la zone éclairée


Introduction à l'article :

Les recherches sur les conséquences de l'éclairage artificiel de nuit (ALAN) se sont principalement concentrées sur les interactions et le fonctionnement des écosystèmes dans des zones éclairées directement, ignorant ce qui ce passe dans les zones aux alentours. Pourtant les papillons de nuit pourraient être attirés de loin vers une zone éclairée, entrainant une diminution de la densité des lépidoptères dans les zones sombres. Et alternativement, ils pourraient cherchait à éviter les zones directement éclairées et se concentrer dans les zones adjacentes aux zones éclairées. Dans cette réflexion, l'objectif est de tester si l'effet de l'ALAN sur l'efficacité de pollinisation peut se propager au - delà de la zone directement éclairée. Hypothèses :
(1) le rendement reproductif est réduit par la lumière directe
(2) l'effet de l'éclairage artificiel direct se propage aux zones sombre adjacentes
(c) l'effet sur la prédation des graines est le même dans les zones éclairées et adjacentes.

Expériences de l'article :

Sur terrain : installation lampadaires à LED sur 4 prairies non aménagées jamais éclairées (4 non exposées : témoins). 97 plantes en pot exposées (Silene latifolia /Epilobium angustifolium) à 3 traitements lumineux (direct, adjacent (pas d'éclairage direct mais adjacent aux sites éclairés directement) , sombre) et mesure du rendement reproductif (2 indicateurs = probabilité que les capsules produisent des graines et nombre de graines par capsules). Pour S.latifolia _ : mesure de la prédation sur les graines (_Hadena sp pond ses œufs dans les fleurs femelles, les larves consommant les fleurs) : estimation de taux d'infection des fruits par H.bicruris et calcul du taux de reproduction relatif (quantité capsules attaquées/non attaquées). En laboratoire : test impact ALAN sur l'interaction papillon/pante (prédation/pollinisation) et sur le comportement de ponte: couloirs avec un gradient d'intensité lumineuse (correspond à celles sur terrain) et dépôt de S.latifiola à plusieurs reprise.

Résultats de l'article :

Pour S.latifolia _il n'y a pas d'effet du traitement d'éclairage sur la probabilité de production de graines par les capsules. Pour _E.angustifolium _il y à une tendance à une probabilité réduite chez les plants sous lumière directe par rapport aux sombres (pas de différences entre adjacent/sombre). Pour les deux espèces pas d'effet sur le nombre de graines des différents traitements.
Taux d'infection des fruits sur _S.latifiola
plus élevé dans les zones adjacentes. Cela à conduit à un taux d'infection le plus bas dans ses zones. Les résultats en laboratoire ont permis de souligner que les papillons pondent dans les plantes les moins exposées que possible à la lumière. Les zones adjacentes subissent donc l'ALAN. En laboratoire contrairement au terrain le nombre de visite aux fleurs S.latifiola était similaire en éclairé et sombre; pouvant être expliqué par le fait que sur le terrain les lampadaire sont visibles de loin ce qui attire beaucoup de papillon.

Rigueur de l'article :

L'utilisation de terrain non aménagés jamais éclairés est pertinent pour mettre en évidence l'impact de l'ALAN lors de la comparaison avec les témoins et la mise en place d'une expérience de laboratoire pour appuyer les résultats sur terrain permet de données de la pertinence aux observations.
Le choix des espèces est également pertinent car elles sont présentent dans la zone d'étude naturellement et elles nécessitent un pollinisateur animal pour un rendement reproductif maximal. Les auteurs prennent des précautions pour éviter les biais par exemple pour éviter les échanges entre les plants dioïque de S.atifiola une distance entre les plants de 20m est appliquée sur le terrain permettant d'évaluer le rôle des pollinisateurs. La significativité des observations est obtenue par des test statistiques.

Ce que cet article apporte au débat :

Permet de souligner que l'effet de l'ALAN est variable en fonction des espèces. L'effet de l'éclairage peut se propager aux zones adjacentes de l'éclairage direct : ainsi l'ALAN pourrait affecter la biodiversité, les interactions entre les espèces et le fonctionnement des écosystèmes à une échelle spatiale beaucoup plus grande qu'on le pensait auparavant.

Publiée il y a plus de 5 ans par L. Estabes.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.