ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
La pollution lumineuse modifie les effets toxicologiques du cadmium sur la structure des communautés microbiennes et leurs fonctions de décomposition de la litière du sol.
Introduction à l'article :
Le cadmium est un métal toxique et écotoxique fréquent dans les engrais phosphatés. Ces engrais se retrouvent fréquemment dans les cours d'eau et polluent de plus en plus les écosystèmes d'eau douce. En effet, même a faible concentration, il peut être très toxique y compris pour la flore. L'éclairage artificiel nocturne (ALAN) s'intensifie autour de ces écosystèmes. L'article a pour but d'étudier les effets combinés de l'ALAN et du cadmium sur la composition et l'activité fongique dans le sol. L'hypothèse principale est que la pollution lumineuse affecte les communautés fongiques en charge de la décomposition et interfère dans leur capacité à dégrader la litière du sol.
Expériences de l'article :
Pour tester leur hypothèse, la litière de Pterocarya stenoptera, un arbre vivant près des cours d'eau est étudiée dans un microcosme (écosystème représentatif miniature, dans un erlenmeyer). Au bout de 0, 5 et 25 jours, les taux de décomposition de la litière de feuilles la biomasse microbienne ( déterminée par l'activité déshydrogénase (DHA)) et les activités enzymatiques extracellulaires (concentration en composés tels que la lignine ou le phosphate dans le sol par colorimétrie) ont été mesurés pour 12 microcosmes (trois répétitions par traitement). Ces traitements étaient : lumière naturelle seule (N), ALAN seul (A/ALAN), ALAN et Cadmium (A-Cd), Cadmium et lumière naturelle (N-Cd). La composition des communautés fongiques associées a été analyser via séquençage ADN du sol.
Résultats de l'article :
L'éclairage artificiel nocturne pourrait aider la décomposition et la dépollution aux métaux lourds du sol. Ainsi, la pollution lumineuse limiterait l'impact de la pollution chimique causé par les engrais phosphaté dans les milieux aquatiques d'eau douce.
En effet la décomposition de la litière est 71% plus élevée dans le traitement A-Cd que dans le traitement N-Cd, indiquant que la présence d'ALAN affaiblit l'impact négatif du Cd. Une raison possible est que ALAN augmente la photodégradation de la lignine (baisse de sa concentration observée), libère du carbone et augmente l'accessibilité de nombreux autres composés pour les champignons. L'exposition à l'ALAN diminue également toujours le nombre d'unités taxonomiques opérationnelles (OTU) fongiques et modifie la fréquence des six genres les plus abondants. Par exemple, l'ALAN a toujours augmenté l'abondance d'Ascomycota, plus tolèrent aux métaux lourds, mais a diminué l'abondance d'Ochrophyta, avec ou non, la présence de cadmium.
Rigueur de l'article :
Le journal de publication est fiable et le protocole mis en place semble rigoureux. Il répond bien à sa problématique, cependant il serait intéressant de collecter les mêmes données mais dans le milieu naturel, et non en intérieur dans des microcosmes. Aucun conflit d'intérêts ne semble compromettre la fiabilité de ces résultats.
Ce que cet article apporte au débat :
L'éclairage artificiel nocturne modifie la composition des communautés fongiques vers des espèces tolérantes au métaux, une potentielle adaptation du système a cette pression apparait alors. De plus, la photodégradation de la lignine est favorisée ce qui stimule l'activité des décomposeurs et donc la concentration en métaux lourd. Les éclairages artificiels pourraient compenser la pollution aux métaux lourds issus des engrais phosphatés bien qu'elle semble également faire perdre une partie de la biodiversité fongique. Il serait donc intéressant d'observer ces données et l'impact sur la santé des plantes semi-aquatiques et aquatiques en milieu naturel avec potentiellement un approfondissement de l'impact des ALAN sur la turbidité de l'eau et donc l'accès à la lumière sur les plantes aquatiques.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
C. Sanchez.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
La pollution lumineuse modifie les effets toxicologiques du cadmium sur la structure des communautés microbiennes et leurs fonctions de décomposition de la litière du sol.
Introduction à l'article :
Le cadmium est un métal toxique et écotoxique fréquent dans les engrais phosphatés. Ces engrais se retrouvent fréquemment dans les cours d'eau et polluent de plus en plus les écosystèmes d'eau douce. En effet, même a faible concentration, il peut être très toxique y compris pour la flore. L'éclairage artificiel nocturne (ALAN) s'intensifie autour de ces écosystèmes. L'article a pour but d'étudier les effets combinés de l'ALAN et du cadmium sur la composition et l'activité fongique dans le sol. L'hypothèse principale est que la pollution lumineuse affecte les communautés fongiques en charge de la décomposition et interfère dans leur capacité à dégrader la litière du sol.
Pour tester leur hypothèse, la litière de Pterocarya stenoptera, un arbre vivant près des cours d'eau est étudiée dans un microcosme (écosystème représentatif miniature, dans un erlenmeyer). Au bout de 0, 5 et 25 jours, les taux de décomposition de la litière de feuilles la biomasse microbienne ( déterminée par l'activité déshydrogénase (DHA)) et les activités enzymatiques extracellulaires (concentration en composés tels que la lignine ou le phosphate dans le sol par colorimétrie) ont été mesurés pour 12 microcosmes (trois répétitions par traitement). Ces traitements étaient : lumière naturelle seule (N), ALAN seul (A/ALAN), ALAN et Cadmium (A-Cd), Cadmium et lumière naturelle (N-Cd). La composition des communautés fongiques associées a été analyser via séquençage ADN du sol.
L'éclairage artificiel nocturne pourrait aider la décomposition et la dépollution aux métaux lourds du sol. Ainsi, la pollution lumineuse limiterait l'impact de la pollution chimique causé par les engrais phosphaté dans les milieux aquatiques d'eau douce.
En effet la décomposition de la litière est 71% plus élevée dans le traitement A-Cd que dans le traitement N-Cd, indiquant que la présence d'ALAN affaiblit l'impact négatif du Cd. Une raison possible est que ALAN augmente la photodégradation de la lignine (baisse de sa concentration observée), libère du carbone et augmente l'accessibilité de nombreux autres composés pour les champignons. L'exposition à l'ALAN diminue également toujours le nombre d'unités taxonomiques opérationnelles (OTU) fongiques et modifie la fréquence des six genres les plus abondants. Par exemple, l'ALAN a toujours augmenté l'abondance d'Ascomycota, plus tolèrent aux métaux lourds, mais a diminué l'abondance d'Ochrophyta, avec ou non, la présence de cadmium.
Le journal de publication est fiable et le protocole mis en place semble rigoureux. Il répond bien à sa problématique, cependant il serait intéressant de collecter les mêmes données mais dans le milieu naturel, et non en intérieur dans des microcosmes. Aucun conflit d'intérêts ne semble compromettre la fiabilité de ces résultats.
L'éclairage artificiel nocturne modifie la composition des communautés fongiques vers des espèces tolérantes au métaux, une potentielle adaptation du système a cette pression apparait alors. De plus, la photodégradation de la lignine est favorisée ce qui stimule l'activité des décomposeurs et donc la concentration en métaux lourd. Les éclairages artificiels pourraient compenser la pollution aux métaux lourds issus des engrais phosphatés bien qu'elle semble également faire perdre une partie de la biodiversité fongique. Il serait donc intéressant d'observer ces données et l'impact sur la santé des plantes semi-aquatiques et aquatiques en milieu naturel avec potentiellement un approfondissement de l'impact des ALAN sur la turbidité de l'eau et donc l'accès à la lumière sur les plantes aquatiques.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.