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L'interaction entre la lumière artificielle nocturne (ALAN), l'humidité du sol et la densité en plantes affecte la croissance d'une fleur sauvage pérenne_: Asclépias syriaca._
Introduction à l'article :
Le but de cet article est de comparer les effets seuls et combinés de la présence ou non d'éclairage ALAN, l'humidité du sol ainsi que la densité de population sur la croissance, la capacité racinaire et la capacité de défense contre l'herbivorie chez l'Asclépiade commune (Asclépias syriaca) dans un milieu naturel. Cette espèce à la particularité de produire du latex en quantité variable afin de lutter contre la prédation. L'hypothèse étant que, en mesurant la quantité de latex produit, il est possible d'approcher une estimation la capacité défensive de l'individu.
Expériences de l'article :
Durant 4 semaines, des pots sont placés dans 10 parcelles de 1 m de diamètre en faisant varier l'ALAN, l'humidité du sol et la densité des plantes dans une parcelle. La lumière artificielle la nuit (du crépuscule à l'aube) a été ajoutée à la moitié des 10 parcelles de terrain (choisies au hasard). Puis 4 pots, deux de chaque densité végétale, 1 (faible densité) ou 3 plantes (haute densité) par pot, ont été assignés au hasard à chacune des dix parcelles de terrain. Dans les parcelles ALAN, la lumière était émise par une LED à large spectre de même intensité que les éclairages publics classiques, suspendue à 3 m.
Enfin, l'humidité du sol a été modifiée avec l'ajout hebdomadaire de 3,8 L d'eau dans l'un des deux pots par traitement de densité, dans chaque parcelle. Les autres pots n'ont reçu aucune eau supplémentaire.
Les mesures suivantes sont prises sur chaque plante, 1 fois par semaine 4 semaines : hauteur, diamètre de la tige basale, surface des feuilles, biomasse et la quantité de latex
Résultats de l'article :
Les effets positifs de l'augmentation de l'humidité du sol sur la croissance des plantes (en particulier le diamètre de la tige basale et la hauteur de la plante) étaient plus faibles sous ALAN que sous lumière ambiante. L'ALAN semble inhiber le bon fonctionnement stomatique de la plante.
La production de latex des plantes exposées à ALAN était 40% plus élevée que celui des plantes exposées à la lumière ambiante, mais l'exsudation du latex était très variable et pas significativement affectée par ALAN ou n'importe qu'autre facteur. Cet écart serait donc plutôt dû à des variations dans le passé d'herbivorie des plantes qui reste inconnu et non à l'éclairage artificiel.
L'exposition à l'ALAN stimule la croissance végétative. En effet, certaines espèces comme l'asclépiade commune voit leur hauteur augmenter sous ALAN. En revanche, certaines espèce sont moins tolérantes à la forte densité populationnelle sous ALAN que sous lumière naturelle.
Rigueur de l'article :
Un suivie de la pression d'herbivorie sur le long terme aurait pu permettre une meilleure analyse des données obtenue sur l'impact des ALAN sur les procédés anti-herbivore tel que la production de latex. Malgré cela, le protocole est rigoureux et pertinent. Le journal dans lequel il est publié est fiable et aucun conflit d'intérêts ne semble apparaitre.
Ce que cet article apporte au débat :
Une efficacité réduite de l'assimilation du carbone sous ALAN pourrait expliquer la baisse du fonctionnement stomatique et donc de la capacité racinaire. bien qu'aucune différence de biomasse végétale totale n'a été observée, ce qui peut mettre en doute cette hypothèse. Néanmoins, ces conclusions suggèrent qu'il est nécessaire d'étudier les effets de l'ALAN sur la capacité d'absorption racinaire de l'eau.
Un mécanisme par lequel ALAN peut affecter la compétition chez les plantes est la promotion de la croissance végétative. En effet, les plantes plus avec une tige plus grande sous l'ALAN peuvent obtenir un avantage concurrentiel par rapport aux autres, celles-ci seraient moins susceptibles d'être ombragées par les plantes voisines. Ou bien les plantes les plus tolérantes à ALAN finiraient par envahir ces zones au détriment des autres. La compétition sous ALAN serait intéressante à approfondir ainsi que la potentielle modification structurale des communautés végétales.
Publiée il y a plus de 5 ans
par
C. Sanchez.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
L'interaction entre la lumière artificielle nocturne (ALAN), l'humidité du sol et la densité en plantes affecte la croissance d'une fleur sauvage pérenne_: Asclépias syriaca._
Introduction à l'article :
Le but de cet article est de comparer les effets seuls et combinés de la présence ou non d'éclairage ALAN, l'humidité du sol ainsi que la densité de population sur la croissance, la capacité racinaire et la capacité de défense contre l'herbivorie chez l'Asclépiade commune (Asclépias syriaca) dans un milieu naturel. Cette espèce à la particularité de produire du latex en quantité variable afin de lutter contre la prédation. L'hypothèse étant que, en mesurant la quantité de latex produit, il est possible d'approcher une estimation la capacité défensive de l'individu.
Durant 4 semaines, des pots sont placés dans 10 parcelles de 1 m de diamètre en faisant varier l'ALAN, l'humidité du sol et la densité des plantes dans une parcelle. La lumière artificielle la nuit (du crépuscule à l'aube) a été ajoutée à la moitié des 10 parcelles de terrain (choisies au hasard). Puis 4 pots, deux de chaque densité végétale, 1 (faible densité) ou 3 plantes (haute densité) par pot, ont été assignés au hasard à chacune des dix parcelles de terrain. Dans les parcelles ALAN, la lumière était émise par une LED à large spectre de même intensité que les éclairages publics classiques, suspendue à 3 m.
Enfin, l'humidité du sol a été modifiée avec l'ajout hebdomadaire de 3,8 L d'eau dans l'un des deux pots par traitement de densité, dans chaque parcelle. Les autres pots n'ont reçu aucune eau supplémentaire.
Les mesures suivantes sont prises sur chaque plante, 1 fois par semaine 4 semaines : hauteur, diamètre de la tige basale, surface des feuilles, biomasse et la quantité de latex
Les effets positifs de l'augmentation de l'humidité du sol sur la croissance des plantes (en particulier le diamètre de la tige basale et la hauteur de la plante) étaient plus faibles sous ALAN que sous lumière ambiante. L'ALAN semble inhiber le bon fonctionnement stomatique de la plante.
La production de latex des plantes exposées à ALAN était 40% plus élevée que celui des plantes exposées à la lumière ambiante, mais l'exsudation du latex était très variable et pas significativement affectée par ALAN ou n'importe qu'autre facteur. Cet écart serait donc plutôt dû à des variations dans le passé d'herbivorie des plantes qui reste inconnu et non à l'éclairage artificiel.
L'exposition à l'ALAN stimule la croissance végétative. En effet, certaines espèces comme l'asclépiade commune voit leur hauteur augmenter sous ALAN. En revanche, certaines espèce sont moins tolérantes à la forte densité populationnelle sous ALAN que sous lumière naturelle.
Un suivie de la pression d'herbivorie sur le long terme aurait pu permettre une meilleure analyse des données obtenue sur l'impact des ALAN sur les procédés anti-herbivore tel que la production de latex. Malgré cela, le protocole est rigoureux et pertinent. Le journal dans lequel il est publié est fiable et aucun conflit d'intérêts ne semble apparaitre.
Une efficacité réduite de l'assimilation du carbone sous ALAN pourrait expliquer la baisse du fonctionnement stomatique et donc de la capacité racinaire. bien qu'aucune différence de biomasse végétale totale n'a été observée, ce qui peut mettre en doute cette hypothèse. Néanmoins, ces conclusions suggèrent qu'il est nécessaire d'étudier les effets de l'ALAN sur la capacité d'absorption racinaire de l'eau.
Un mécanisme par lequel ALAN peut affecter la compétition chez les plantes est la promotion de la croissance végétative. En effet, les plantes plus avec une tige plus grande sous l'ALAN peuvent obtenir un avantage concurrentiel par rapport aux autres, celles-ci seraient moins susceptibles d'être ombragées par les plantes voisines. Ou bien les plantes les plus tolérantes à ALAN finiraient par envahir ces zones au détriment des autres. La compétition sous ALAN serait intéressante à approfondir ainsi que la potentielle modification structurale des communautés végétales.
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