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Dynamiques des communautés de nématodes dans les cultures de tomates en systèmes conventionnels et biologiques et leurs impacts sur la fertilité du sol
Figure :
Relations entre la disponibilité en nitrate, la biomasse microbienne et l'abondance des nématodes bactérivores en fonction du système de culture (conventionnel et biologique). En A. nitrate du sol (en ppm); en B, biomasse microbienne (MBC); en C, temps phénologique et en D, abondance des nématodes bactérivores.
Le système conventionnel est représenté par les ronds noirs et biologique par les ronds blancs.
On note globalement une MBC et une abondance en nématodes bactérivores plus importantes dans le système biologique par rapport au conventionnel et inversement pour les teneurs en nitrates du sol.
(Ferris _et al._1996)
Introduction à l'article :
Les nématodes jouent un rôle important dans la décomposition de la matière organique du sol, la minéralisation des nutriments des plantes et dans le cycle des nutriments. En consommant les bactéries, ils assimilent de l'azote parfois en excès et l'excrète en tant qu'ammoniaque. La diversité, la composition en espèces et le niveau d'activité des populations de nématodes sont de bons indicateurs de qualité environnementale (pollution, toxicologie). De plus l'indice de maturité (composition et abondance des espèces) est un indicateur de perturbations écologiques.
L'objectif de cette étude est de surveiller la présence et l'abondance des différentes espèces de nématodes (bactérivores, fongivores, omnivores et prédateurs) et d'évaluer les relations temporelles entre la fertilité des sols, la biomasse microbienne et les niveaux de population de nématodes en fonction des systèmes agricoles (biologique ou conventionnel).
Expériences de l'article :
Des échantillons de tomates ont été prélevés dans des systèmes d'agriculture conventionnel et biologique à une profondeur de 15 centimètres. Afin de se repérer, ils utilisent trois échelles de temps (nombre de jours entre événements, date du calendrier et temps physiologiques qui équivaut à la température du sol). Les échantillons sont soumis à une étude du nitrate, microbes et nématodes.
Tous les nématodes ont été comptés et les 200 premiers de chaque échantillon ont été identifiés (genres/espèces). Leur abondance a été calculée en terme de proportions par rapport aux autres nématodes (taxon par unité de sol). Trois indices de diversité des espèces ont été déterminés: nombre total d'espèces N0, nombre d'espèce abondante N1 et nombre d'espèce vraiment importante N2. Ensuite la biomasse de nématodes bactérivores a été calculée comme indice du potentiel de prédation sur les communautés bactériennes et comme indicateur de ressources bactériennes.
Résultats de l'article :
La disponibilité en nitrate dans les sols diffère durant la saison de croissance dans les plants de tomates biologiques et conventionnels. Dans le systèmes conventionnel, le nitrate est en excès mais est disponible pour les plantes tout au long de la saison de croissance. Dans le système biologique, les faibles teneurs en nitrate entraînent un stress durant la période de croissance. La biomasse microbienne du carbone est plus grande dans le système biologique par rapport au conventionnel durant la saison de croissance. Ils existent différents types de nématodes et leurs abondances varient suivant le moment de la saison et les systèmes. La matière organique incorporée dans les sols dans le système conventionnel à un rapport C:N plus élevé par rapport au fumier incorporé dans le système biologique. Dans le système conventionnel, on observe une décomposition fongique plutôt que bactérienne et inversement pour le système biologique. Les autres espèces de nématodes ont peu d'impacts.
Ce que cet article apporte au débat :
Cet article montre qu'il existe des différences au sein des communautés de nématodes entre les deux systèmes et que cela a un impact sur les décompositions. Dans le système biologique, les tomates montrent des symptômes de déficience en azote à des moments clés tels que la croissance des plantes et la maturation des fruits. Il faudrait donc remédier à cela en alternant les structures des communautés en introduisant activement des nématodes par le bais de la MO et en changeant les opérations de cultures pour influencer la biomasse, l'abondance et l'activité des nématodes bactérivores durant la saison de croissance.
Publiée il y a plus de 10 ans
par
B.Ecalle.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Dynamiques des communautés de nématodes dans les cultures de tomates en systèmes conventionnels et biologiques et leurs impacts sur la fertilité du sol
Relations entre la disponibilité en nitrate, la biomasse microbienne et l'abondance des nématodes bactérivores en fonction du système de culture (conventionnel et biologique). En A. nitrate du sol (en ppm); en B, biomasse microbienne (MBC); en C, temps phénologique et en D, abondance des nématodes bactérivores.
Le système conventionnel est représenté par les ronds noirs et biologique par les ronds blancs.
On note globalement une MBC et une abondance en nématodes bactérivores plus importantes dans le système biologique par rapport au conventionnel et inversement pour les teneurs en nitrates du sol.
(Ferris _et al._1996)
Les nématodes jouent un rôle important dans la décomposition de la matière organique du sol, la minéralisation des nutriments des plantes et dans le cycle des nutriments. En consommant les bactéries, ils assimilent de l'azote parfois en excès et l'excrète en tant qu'ammoniaque. La diversité, la composition en espèces et le niveau d'activité des populations de nématodes sont de bons indicateurs de qualité environnementale (pollution, toxicologie). De plus l'indice de maturité (composition et abondance des espèces) est un indicateur de perturbations écologiques.
L'objectif de cette étude est de surveiller la présence et l'abondance des différentes espèces de nématodes (bactérivores, fongivores, omnivores et prédateurs) et d'évaluer les relations temporelles entre la fertilité des sols, la biomasse microbienne et les niveaux de population de nématodes en fonction des systèmes agricoles (biologique ou conventionnel).
Des échantillons de tomates ont été prélevés dans des systèmes d'agriculture conventionnel et biologique à une profondeur de 15 centimètres. Afin de se repérer, ils utilisent trois échelles de temps (nombre de jours entre événements, date du calendrier et temps physiologiques qui équivaut à la température du sol). Les échantillons sont soumis à une étude du nitrate, microbes et nématodes.
Tous les nématodes ont été comptés et les 200 premiers de chaque échantillon ont été identifiés (genres/espèces). Leur abondance a été calculée en terme de proportions par rapport aux autres nématodes (taxon par unité de sol). Trois indices de diversité des espèces ont été déterminés: nombre total d'espèces N0, nombre d'espèce abondante N1 et nombre d'espèce vraiment importante N2. Ensuite la biomasse de nématodes bactérivores a été calculée comme indice du potentiel de prédation sur les communautés bactériennes et comme indicateur de ressources bactériennes.
La disponibilité en nitrate dans les sols diffère durant la saison de croissance dans les plants de tomates biologiques et conventionnels. Dans le systèmes conventionnel, le nitrate est en excès mais est disponible pour les plantes tout au long de la saison de croissance. Dans le système biologique, les faibles teneurs en nitrate entraînent un stress durant la période de croissance. La biomasse microbienne du carbone est plus grande dans le système biologique par rapport au conventionnel durant la saison de croissance. Ils existent différents types de nématodes et leurs abondances varient suivant le moment de la saison et les systèmes. La matière organique incorporée dans les sols dans le système conventionnel à un rapport C:N plus élevé par rapport au fumier incorporé dans le système biologique. Dans le système conventionnel, on observe une décomposition fongique plutôt que bactérienne et inversement pour le système biologique. Les autres espèces de nématodes ont peu d'impacts.
Cet article montre qu'il existe des différences au sein des communautés de nématodes entre les deux systèmes et que cela a un impact sur les décompositions. Dans le système biologique, les tomates montrent des symptômes de déficience en azote à des moments clés tels que la croissance des plantes et la maturation des fruits. Il faudrait donc remédier à cela en alternant les structures des communautés en introduisant activement des nématodes par le bais de la MO et en changeant les opérations de cultures pour influencer la biomasse, l'abondance et l'activité des nématodes bactérivores durant la saison de croissance.
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