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Titre de l'article :

Etude comparative de quelques impacts environnementaux de l'agriculture conventionnelle et biologique en Australie


Figure :

Intensité d'énergie employée dans les deux systèmes, biologique et conventionnel. On note une plus faible intensité d'énergie pour le système biologique par rapport au conventionnel.
(Wood_et al._2006)

Introduction à l'article :

L'agriculture entraîne des pressions environnementales significatives à l'échelle nationale en terme de dégradation des sols, utilisation de l'eau et émissions de gaz à effet de serre. L'agriculture correspond à la première étape du système d'approvisionnement alimentaire et elle cause également des pressions indirectes par l'usage de biens et services. Cet approvisionnement entraîne une utilisation des ressources et des émissions polluantes dans les industries localisés en amont de l'agriculture (économies, usines de fabrication de l'acier). Il faut prendre en compte le fait que les fermes aient besoin d'assurances, de vétérinaires, de maintenances et d'autres services financiers. Dans cette étude ils utilisent les facteurs directes (utilisation des terres, eau, carburant et labour) et les exigences indirectes (électricité, produits et services utilisés pour la ferme) afin de réaliser une étude complète.

Expériences de l'article :

Une enquête a été obtenue grâce à des informations quantitatives sur les entrées directes et indirectes de fermes biologiques. L'étude consistait à demander des informations sur les caractéristiques physiques de la ferme, les produits et la force de labour. Ensuite ils ont essayé de jauger si les fermiers attachent une relative importance aux différentes issues environnementales. Une ferme conventionnelle hypothétique a été utilisé afin de comparer avec les systèmes biologiques.
Ils ont employé une LCA hybride où les facteurs directes sont étudiés grâce à l'enquête et où les facteurs indirectes sont étudiés par une analyse "entrées-sorties" afin d'assurer une couverture complète des exigences situées en amont de la production. Une analyse structurale de trajet est employée et appliquée au cycle de vie afin de décrire les processus environnementaux en terme de facteur énergie, perturbation des terres, utilisation de l'eau et émissions de gaz.

Résultats de l'article :

Les énergies utilisées "sur site" sont légèrement plus élevées dans les systèmes organiques due à l'utilisation de diesel et pétrole. Les fermes conventionnelles requièrent plus d'énergie indirecte par rapport aux biologiques et requièrent également une utilisation de l'eau plus importante. L'analyse structurale détaillée montre un impact énergétique plus important dans le cas du système conventionnel du à la dépendance aux fertilisants et produits chimiques. En ce qui concerne la perturbation des terres, elles sont moins importantes dans le cas de fermes biologiques pour le bétail mais l'inverse est observé pour la production de végétaux (utilisation de plus de terre). La production biologique utilise plus d'énergie "sur site" mais moins d'énergie "hors site". La moyenne de l'intensité d'énergie utilisé dans le système organique est plus faible que celle du conventionnelle (du à l'auto-suffisance du système biologique)

Rigueur de l'article :

Cette étude se base sur des systèmes agricoles présents en Australie. Il faudrait réaliser ce même type d'étude dans d'autres pays où les ressources en eaux ne sont pas aussi limitées par exemple.
De plus les résultats se basent sur l'enquête réalisée et ne dépendent pas de mesures mais seulement de la bonne foi des agriculteurs et leurs points de vue. Ils ont également réalisés des extrapolations en ce qui concerne le système conventionnel.
En ce qui concerne la méthode, l'échantillonnage utilisé dans cette étude est faible, il faudrait donc étudier plus de fermes afin de réaliser une étude plus significative. Il existe également des incertitudes sur les données "d'entrée-sorties" utilisées dans cette étude.

Ce que cet article apporte au débat :

Il ne faut pas seulement prendre en compte la phase agricole mais également tous les processus antérieurs qui permettent cette phase (acier pour les machines, assurances) et qui correspondent aux énergies extérieurs au site.
L'agriculture biologique est donc meilleure car elle nécessite l'utilisation de moins d'énergie si l'on prend en compte les énergies "sur site" et "hors site". La production biologique a donc moins d'impacts que la conventionnelle et les fertilisants et les produits chimiques ont un rôle majeur dans ces impacts.

Publiée il y a plus de 10 ans par B.Ecalle.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.